PREFACE
Les Goncourt, que nous avons quelque part nommés des cliniciens ès-lettres, — et jamais épithète fut-elle mieux justifiée ? — ont écrit cette phrase qui, sous couleur de paradoxe, renferme sa bonne part de vérité :
« Il serait intéressant qu'un littérateur intelligent fît plusieurs livres d'imagination : l'un au régime du café, l'autre au régime du thé, l'autre au régime du vin et de l-alcool ; qu^il étudiât sur lui les influences de ces excitants sur la littérature, et qu'il en fit part au public. »
C'est, pour tout dire, la physiologie de la pensée, que ces littérateurs modem-style, avant la création du néologisme, réclamaient, comme si la sécrétion cérébrale était analogue aux autres sécrétions du corps humain et fût dosable au même titre que la salive ou la sueur, dont nos modernes chimistes sont arrivés à dissocier les éléments constitutifs.
Le problème est d'importance et on se prend à regretter, après avoir parcouru le recueil, si. laborieusement édifié, que nous devons à la patiente et ingénieuse érudition de notre vénéré confrère Gélineau, que l'auteur, si sûrement documenté par ailleurs, ne nous ait pas fait connaître son sentiment à cet égard .
Essayer de suppléer à cette lacune est une tâche qui ne saurait s'improviser ; tout au moins nous sera-t-il permis d'indiquer, à qui voudrait l'entreprendre, les sources où il devrait