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I. Irréligion de l'avenir, p. i2li, Paris, F. Alcan

l'avènement a la libre pensée i3i

Pour comprendre que l'histoire est philosophique et fondée à faire le procès des religions, il faut savoir comment elle se constitue, et quel est son objet. L'histoire établit, par la critique des témoignages, la vérité, c'est-à-dire la réalité empirique, le sens et la portée des faits passés. Déterminer sa valeur comme science, c'est indiquer sur quelles bases la critique se fonde, et à quels résultats par là même elle conduit.

Or, le problème de la critique, posé en ses termes les plus généraux, est celui-ci : « Peut-on, par un examen minutieux des récits humains, à l'aide de la science moderne, physique et mentale, parvenir à déterminer les lois physiques et mentales, qui gouvernent la correspondance plus ou moins grande entre le témoignage humain et le fait qu'il rapporte ? » Précisons, c'est-à-dire particularisons la question. « L'histoire dépend du témoignage. Quelle est la valeur du témoignage en des temps donnés ? » Par exemple, (( l'homme du ni* siècle percevait-il, rapportait-il et interprétait-il les faits de la même manière que l'homme du xvi^ et du xi^^? Et si non, quelles sont les différences, et quelles déductions y a-t-il à tirer de là, s'il y en a » ? Là gît « le principal intérêt de l'histoire », et de là sortent les plus importantes conséquences. « Tout le christianisme

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orthodoxe est là », par exemple. « Une histoire du témoignage », conçue « du point de vue de l'évolution », répondrait « au plus grand besoin de l'érudition moderne ». On ne sait pas « quelle masse de lumière » cette histoire, « systématiquement conduite, jetterait sur l'histoire de l'esprit humain, c'est-à-dire sur l'histoire des idées » (Robert Elsmere).

La critique historique s'appuie sur la psychologie ; elle considère les témoignages à part des faits attestés, elle les considère comme étant euxmêmes des faits, explicables par la science mentale, et s'aide de cette science pour les interpréter. Mais la critique à son tour éclaire la psychologie. Les faits qu'établit la critique, et par exemple les formes diverses de l'esprit humain qu'elle révèle, sont autant de matériaux précieux, directement utilisables pour la science de l'esprit humain. Même, de ce point de vue, Renan a pu dire que la vraie psychologie, c'est cette science vaste et complexe, qu'il appelle la /)/u7o/o^fe. « La science des langues, c'est 1 histoire des langues ; la science des littératures et des religions, c'est l'histoire des littératures et des religions. La science de l'esprit humain, c'est l'histoire de l'esprit humaine,. » (( Sans doute il y a de l'universel et

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