I. Souvenirs d'enfance, p
DuGAS. — Penseurs libres. q
l3o PENSEURS LIBRES ET LIBERTÉ DE PENSEE
les plus précis, formés par la juxtaposition d'idées vagues et hétérogènes. L'explication des religions positives apparaît comme tout le contraire de leur justification : faire leur histoire, c'est faire leur critique » ' .
L'histoire a donc une portée philosophique. Mais l'intérêt philosophique de l'histoire n'est pas oii l'on a coutume de le chercher. Cette science est d'autant plus rigoureuse qu'elle se tient systématiquement à l'écart de ce qu'on a coutume d'appeler la philosophie de l'histoire, qu'elle s'interdit d expliquer les événements humains par une théorie fataliste ou providentielle, et de les faire rentrer tous dans une même loi d'évolution ou de progrès posée a priori. L'histoire est philosophique sans sortir de son domaine et en restant fidèle à sa méthode propre. L historien qui vit directement au contact des faits et saisit la physionomie originale des époques diverses, se pose naturellement et résout à sa manière le problème métaphysique de la connaissance. Le relativisme est le résumé de son expérience et devient la forme de son esprit. L'historien, en tant que tel, est donc philosophe, et a une philosophie arrêtée et précise.