SCÈNE XVI oo
SÉVÈRE, — Vous l’ordonnez ?
. Mme Source. — Je vous en prie... (Coup de gong. Bambou survient.) Bambou, du thé. \ MS (Bambou sort.) ai À
SÉVÈRE. — Vous entendez cet oiseau ?
Mme Source. — Je lentends. | ou SÉVÈRE, — Cet oiseau avec sa petite chan-
AA
Mme Source. — Il n'y a rien là que de
Fe vu toutes les demoiselles du club ?
SÉVÈRE. —- Toutes.
Mme Source. — Cependant lune d'elles.
SÉVÈRE. — C'est cela...
Mme SOURCE. — Laquelle ? | SÉVÈRE. — Aucune, madame, aucune, si
ce n’est.
Mme Source. — Si ce n’est 2... /
SÉVÈRE. — Si ce n’est mademoiselle Reïne.
Mme Source. — Eh! là ! Mademoiselle Reine ! Savez-vous que c’est mal se comporter que de ne pas mesurer ses propos avant de parler.
__ SÉVÈRE. — Je crois le savoir, mais ne m’avez- vous pas dit qe je suis un homme loyal?
Mme Source. — eine ! La plus splendide.. La plus rare. Une courge !
SÉVÈRE. — Pardon ?
Mme Source. — Une courge est une
vierge dans le langage des clubs de Canards Mandarins ! Mademoiselle Reine ! Mademoiselle Reine! D’abord, il faudrait qu’elle fût consentante. Et même dans ce cas.
Mon garçon, si vous donnez ce soir un coup de pied dans votre négoce de marchand d'huile, si vous mettez sous le marteau tout l'argent que vous avez pu ramasser sur les routes en promenant vos deux seaux, croyez-vous que vous pourrez seulement réunir le quart de la somme qu’il faudrait pour passer la nuit à côté de cette perte ?
Cherchez-en une autre, mon pauvre ami.
SÉVÈRE. — Combien ?
Mme Source. — C’est de la folie !
SÉVÊRE. — Madame aurait-elle la bonté
de me faire savoir combien il faudrait de milliers d’onces pour obtenir la faveur que je sollicite ?
Mme Source. — Seule une grosse tête est
capable d'approcher Reine à trois pas. Les petites gens n’ont pas le droit d’entrer au jardin. Pour respirer la rose, il faut dix onces, oui, dix onces strictement comptées, dix onces d’argent pur, d’un beau grain.
Une fortune ! Si vous avez dix onces… et que Reïne veuille de vous.
SÉVÈRE. NET C’est bien...
Mme Source. — Il dit c’est bien, comme si... À
SÉVÈRE. — J'ai des économies. Je vis de
peu. Je ne mange que du riz de seconde qualité. Je ne bois que de l’eau pure. Dans Six mois, je vous apporterai la somme.
Mme Source — Que de peine pour Famasser !.… Et vous la gaspilleriez en une nuit! Est-ce bien raisonnable, monsieur Sévère 2... Je vous parle en amie et non en sommerçante.….
dt nant LE CLUB DES CANARDS à
très naturel, à votre âge. Ainsi, vous avez
ee) homme d’humble négoce. Pardon à
pas.
dant ces six mois, il ne faudra pas me ve
Les Maus, PLUS CIGOGNE DE L’OUE,
1 #É VÈRE, — C’est peu de ehose. Je désire
Je T7
SÉVÈRE. — J’ai confiance, TU Mme SOURCE. —- Contre toute raison.
SÉVÈRE. — J’ai confiance. ;
Mme Source. — Eh bien soit. Mais pe
dre l’huile plus cher. | er SÉVÈRE. — Ce sera toujours le même pri On me cède l’huile au-dessus du niveau € la sonde à jauger et j'en fais M a clients, ï
Mme Source. — Tout est pour le mieu Mais voyez encore mon petit. Voyez ‘m demoiselles qui reviennent... Quel charme Cigogne de l'Ouest. Combien Brillant-N nuphar est aimable. Orchidée est la te dresse même. Et Bambou, tenez... elle 1e spirituelle, Bambou...
({ls remontent, Sévère salue ses seaux.)
Mme SOURCE. — Que faites-vous ? 4
SÉVÈRE. — Je salue mes seaux. Cest gr à eux que dans six mois.
Mme Source. — Ah! si ne to:
les riches étaient comme a mon chéri!