SCÈNE V REINE, WOU-PA, BAMBOU
Wou-Pa. — A nous deux. (A ATEN, Toi, reste.
REINE. — Je n’ai pas peur de mourir.
Wou-Pa. — Il ne s’agit pas de mourir!
Pourquoi te caches-tu quand j'arrive?
REINE. — Parce que vous êtes brutal et que vous m'’effrayez.
Wou-PA. — Ce ne sont pas là des maniéres de fille fardée dans un club de Canards
Mandarins. Penses-tu m’en imposer?
REINE. — Que voulez-vous de moi?
Wou-Pa. — T’imagines-tu que je te ferais l'honneur de te désirer? Rien à craindre de ce côté! Seulement j’ai les manières en hor-
reur. Et je donne des lecons à celles qui
font des difficultés. Retire ta robe.
REINE. — Non.
Wou-P4. — Prends garde! On me connaît ici. On sait que je n’aime pas répéter mes ordres. Il me plaît que tu retires ta robe.
REINE. — Je ne la retirerai pas.
Wou-Pa. — Attends! (11 porte la main sur elle et la retire vivement.) Aïe! La drôlesse m’a mordu. Hola! |
(Les deux valets entrent.)
Wou-Pa. — La truie m’a mordu la main.
Enlevez-lui ses aiguilles de tête. Tenez-la bien. (Un valet la maintient pendant que l'autre enlève les aiguilles de tête.) Les boucles d'oreilles, maintenant.
REINE. — Lâchez-moi!
: Wou-Pa. — Allons! Allons! Et pour qu’elle ne puisse plus courir, déliez-lui ses bandelettes. R BAMBOU — Par pitié. A
LE CLUB DES CANARDS MANDARINS ie . . .
Tenez-la-bien, vous. Et toi, Bambou, tu
comme mademoiselle.
Ki \
Wou-Pa. — Romde tot N'est-elle amusante ?.. Lu rage l'étouffe. Ah! tu griffé! Ah! tu m’as mordu! Humilie-t demande pardon. res Hire :
BaAmBou. — Demandez pardon à M visiteur, mademoiselle. ACTE ÿ REINE. — Jamais! HA Wou-Pa. — Quelle peste! 1e: Bam
Toi, tu es servante ici? è BAmBou. — Oui, monsieur le visiteur.
Wou-PA. — Bien. (Aux valets.) Enleve
robe de cette fille. J’entends que Baml
la mette et que la princesse prenne 14 r
de la servante. ï:
REINE. — C’est. Eee Wou-PA, hurlant. — C’est ma fantaisie!
m ‘amuse,
BAMBOU. — Si monsieur le visiteur le
(Aux valets.) Dése daaen 1200 (Les valets déshabillent Reine et pa sa robe à Bambou.)
qui lui HSE "RS Le REINE. — Je suis brisée. rie Wou-Pa. — Elle va faire semblant s’évanouir, vous allez voir! . é REINE, se roidissant. — Non, je ne m nouirai pas... :
Wou-PA, aidant Bambou. — Cest par Bambou vous êtes ravissante ainsi. À BamBou, alarmée. — Ce n’est qu’un mademoiselle. M. Wou-Pa se plaît à An déguiser. | Wou-Pa. — Du tout. Je sais mettre gens à leur place. Cette robe te sied et .
épingles de tête te vont à ravir. Con mt t’a-t-on laissé simple servante, ici?
BAMBOU. — Je reprendrais bien ma vi robe. J’y suis habituée... | ART A Wou-PA. — Tu t’habitueras vite à l’au
plais. Prends un air languissant.
REINE. — Laissez-moi partir, Wou-Pa (4 Bambou) — ‘De ce pi
trace sur le papier des mots sans su
BAMBOU. — PERDRE ENS je sais si ip écrire... des Wou-Pa. — Fais semblant.
hommes. ti Wou-PA. — [ls ont te lÂchéti Tu ï devant les fourneaux et quand je frapp le gong, tu nous serviras le thé, à Mile B bou et à moi! 7 REINE. — Vous êtes un méchant!
Wou-Pa. — Tu as besoin d'être du REINE. — Je vous hais‘ | Wou-Pa, — Tu dis?
ï: | SCÈNE vi à Les ou SEVÈRE
re) parler à monsieur.
J-PA. — Toi! à moi?.… RE. — Oui... Tranquillisez- vous, maselle. Je n’aurai qu’un mot à dire.
-PA. — Je serais assez curieux de le tre ce mot-là.
ÉVÈRE. — Daignez m’écouter.
| de — Parle.
VÈRE. — Par ici, s’il vous plaît. (Jl l’ensur 1e devant de la scène.)
ur PT binae sa nr et saut âton.) Je t’'engage à être bref.
RE. — Je serai bref. Ame Mile
Poe csia Et prés
RE. C’est tout. Comprenez- moi à Je ini Vous ne me comprenez Vous n’avez peut-être jamais aimé?
A. — Non.
RE, — Je l’aime.
Pa, — Et c’est dans ton amour que uisé le courage de m’affronter?
RE. — Oui. ; PA, après réflexion. —— C’est bien.
se tomber son bâton, et d'une voix ce à ses valets.) Laissez cette femme.
valets lâchent Reine.) :
jet Viens, toi, Bambou... Ah! tu rendre sa robe...
Ÿ : Non. :