SCÈNE Vil
REINE, SEVERE SÉVÈRE, — [Il ne vous a sé battue, mademoiselle ?
REINE. — Non.
SÉVÈRE. — Pouvez-vous avancer ? REINE. — Je ne puis avancer. Ils ont
dénouer mes bandelettes.. Comment faire un pas? Je suis morte.
SÉVÈRE. — Attendez, mademoiselle. Voilà
justement les bandelettes, me permettezvous de les ajuster?
REINE. — Oui.
(Il se met à genoux et remet les bandelettes.)
SÉVÈRE. — Ii ne faut pas pleurer, mademoiselle, REINE. — C’est si bon. C’est d’une telle
douceur! Je ne connaissais pas le goût de
ces larmes-là.
SÉVÈRE. — L’autre pied, mademoiselle.
REINE. — Quel courage vous avez eu, monsieur Sévère?.…
SÉVÈRE. — Pas tant que vous le croyez, mademoiselle. .
REINE. — Monsieur Sévère.… |
SÉVÈRE. — Voici vos petites bottes. Ce
sont vos petites bottes brodées.. Maintenant ne bougez pas, je vais aller vous chercher une robe convenable.
REINE. — Non.
SÉVÈRE. — Pourquoi? Vous ne pouvez de
rester ainsi,
REINE. — Non! N’allez pas me chercher une belle robe. Il me semble que tout ce qu’il y avait d’orgueilleux et de mauvais en moi est parti avec l’autre robe et que je suis maintenant vêtue de douceur et d’humilité.
SÉVÈRE. — Je sais bien que pour mon compte, j'étais rudement gêné hier de déguisé en seigneur...
REINE. — Mais vous, cela ne vous avait pas changé. |
SÉVÈRE. — Vos cheveux maintenant. (Il arrange ses cheveux.)
REINE. — Ainsi nous voilà tous deux habillés de même, maintenant.
SÉVÈRE. — Pour quelques instants.
REINE. — Nous sommes du même pays...
Monsieur Sévère. (Elle se lève.) |
SÉVÈRE, interdit. — Mademoiselle.
Us moi
Meteo — Vous seui êtes brave et Hiihéère et loyal parmi tous ceux dont j'ai HRAEAE js prunelles. Monsieur Sévère.
(Elle met un genou en terre.) | devant
REINE. — Je me prosterne devant vous...
Je n’ai pas tout dit. Je n’ai rien dit en-
core Il y a des paroles que vous devez entendre. J’étouffe de ne pas les prononcer. SÉVÈRE. — Mademoiselle. je me suis voué à votre service... humblement.. ce que vous voulez, je le veux... S’il faut me précipiter dans une cuve bouillante...
mes pieds sur un feu ardent, je suis prêt.
REINE. — Je ne réclame de vous que votre
bonheur. Emmenez-moi. Je suis à vous et si vous me voulez pour femme, prenez-moi...
SÉVÈRE. — Pourquoi vous moquer, made-
moiselle? Dix mille personnes se mettraient
sur les rangs que, bien sûr, je serais la dixmillième.
REINE. — Je me suis gardée pour vous.
SÉVÈRTZ. — (C’est impossible.
REINE. — Je vous aime. Je t’aime, entends-tu. Je serai heureuse et fière de hausser devant vous jusqu’à mes sourcils, jusqu’à mes yeux qui ont tant pleuré, le plateau du riz et du thé. (Elle lui apoprte le plateau.) Vous êtes mon seigneur ! Vous êtes mon maitre. Déjà mon âme vous appartient et si mon corps peut vous apporter une joie, mon corps est à vous. Tout ce ‘que j'ai je vous le donne. Je t'aime...
SÉVÈRE, chancelant. —. Mon métier est modeste. Mon toit est pauvre...
REINE. — J'aime ton métier. J’aime ton foyer. Je t’aime. Emmène-moi devant He à la lumière du jour...
SÉVÈRE. — Ma Reine!
(IL la prend dans ses bras et la baise sur
la bouche.) REINE, frappant sur le gong.
— Venez to utes! |