LE SPECTATEUR SARCASTIQUE
vous dire d’où vous venez, vous.
nez de Charenton. Retournez-y.….
(Il part en se pressant, du côté LA MARCHANDE DE FLEURS. — — frousse comme CA au os Ai lui? |
ns en l'air pour ns | la ve a cessé. — ll fait ter
relève ses jupes ae M les ets La NOM DEP
La MARCHANDE DE ne me que j "sis! La vie est as assez z dure
aussi mon dada. K' peut vivre de son dada! Voi au parler, discerner un Prox
lomètres près. Même ici, je peux { 2 kilomètres, parfois même L près. d La MARCHANDE DE pes L z avoir honte, le lâche! ee
je oo que vous n avec une âme et le don
N DE Hiites tout à à fait ac- He sur ue dans. un mé-
po
R our PREND ne NOTES.
e la nôtre... Eh ie monsieur, en
. tes A indous Fi as E x. no nn Vraiment! Alors, est-ce que vous - ne connaitriez pas le colonel Latour, Pau Jonel Latour... Qui êtes-vous donc?
phabet universel de Hamon. si or
l'Inde pour vous voir.
demain. | LATOUR. — Moi, | jes suis au Majestic. Venez
avec moi, et nous taillerons une bavette | en
soupänt, Hi GR
1 sespérée. — Oh! vous, on d’vrait vous zi gouiller, pour sûr! (Lançant son panier aux
ment son chapeau et écoute. Latour jette
oï-oi-oi-oi-oï!
10 francs.) Oï-oï-oï-oï-oï-oi-oï-oi!
juste d’attraper un taxi. Tiens! À la Mar-
dames qui étaient ici?
flotte a fini de tomber.
taxi sur le dos! Sacré nom d’un chien!
— T'en fais pas, mon p'tit! Je m’débine en 4 .
affaire pour mon gniasse. Adieu bébé! (Ma- Ha jestueusement, elle se dirige vers le taxi)
LE. MONSIEUR QUI PREND DES NOTES, vive-
teur du sanscrit écrit? un LE COLONEL LATOUR. . — . C'est moi le HamoN. — Henry Hamon, auteur de Va
LarTour, avec enthousiasme.
de l'Inde pour vous voir. | Len Hamon. — Et moi, j'allais pas pou
LATOUR. — Où demeurez-vous?. LT HAMoN. — 27, rue Cassini. Venez 1 me voit
HAMON. — Entendu.
LA MARCHANDE DE FLEURS à os tan dis qu’ils se disposent à partir ensemble, — Vous m’achetez une fleur, mon bon monsieur... J’ai pas d’quoi payer ma tôle, "5 ue HaAMoN. — Menteusel… Vous avez dit que vous pouviez changer quarante sous.
LA MARCHANDE DE FLEURS, se levant dé-
pieds de Hamon.) Tenez v’là toute ma ca “a
melote pour dix ronds. PAM (La cloche de l’église sonne le Honrloe
quart. Hamon s'arrête, soulève ne à
quarante sous dans le panier et secte du côté gauche.) LUN HaAMoN. — Un souvenir? at jette une . He poignée de monnaie dans le panier et suit Latour.) | no de La MARCHANDE DE rues ramassant Fu quarante sous. — Oï-oï-oï-oï! (Ramassant un billet de cent sous.) Oï-oï-oï-oï-oil (Ra. massant plusieurs pièces de monnaie.) Oi-.
(Ramassant un dia de
FRED, arrivant en courant. —- Je : viens chande de fleurs.) Où sont donc les (Jos
LA MARCHANDE DE FLEURS. — di one débinées à pattes jusqu’à l’autobus, Le a
FRED. — Et elles m'ont laissé avec mon
LA MARCHANDE DE FLEURS, avec pire
taxi, moi! quarante ronds, c’est pas une
Fran. — Eh bien, elle est raide, celleà, ï . “
Rorau
Le jour suivant, à 11 heures du matin. Le laboratoire de Hamon, rue | a chambre au premier étage. La porte à deux battonts est au milieu ni mu:
‘une ut table-bureau, sur laquelle il y a un phonographe, un Fate rangée de tout petit tuyaux d'orgue dans un coffre médiéval avec un soufflet, s: bles à ceux sur lesquels jouent les anges, dans les peintures du XIV° siècle; un« Niue légère, qui sont rattachés pe un tub a
de verres de lampes sur des becs à
boîte avec des ie d'adresses.
Pius loin dans la chambre, maïs du même côté, il y a une cherie avec
bac à charbon et un fauteuil de cuir, confortable, du côté le plus proche de la p Le feu est allumé. Sur la cheminée, *une pendule. Entre la cheminée et ee tabie au Pi nographe, un pupitre à journaux,
De l’autre côté de la porte centrale, à
support, de façon que son tube arrive commodément au niveau des élèves dont Ha désire mesurer la capacité pulmonaire. Le coin le plus éloigné et presque tout
| PYGMALION
AOTE) 1 nn
1 gauche du visiteur, un Homes su
éloigné de la porte. Devant est une banquette pour celui qui joue; cie est de el 4
gueur du clavier.
et de deux ho devant la table au phonograpke, il n ‘y a qu'une me placée près de la cheminée. Sur les murs, des gravures : pour la piupars des Pir el des portraits en demi- teintes. Point de pooune |
vient de se servir. RE debout près de lui, ferme deux ou trois tiroirs
cartonniers.
HAMON, fermant le dernier tiroir. — Je
crois que je vous aï tout montré.
LATOUR. — Tout cela est absolument sur-
prenant! Vraiment! Mais je vous avoue
que je n’en ai pas saisi la moitié.
Hamon. — Voulez-vous que nous recom-
mencions, en partie?
LATOUR, se levant et venant devant la che-
minée où il se plante, le dos au feu. — Non,
merci, non pas maintenant. J’en ai assez
pour ce matin.
HAMON, le suivant, debout à sa gauche. —
Æreintant, n’est-ce pas, d'écouter des sons?
Larour. — Cui, c’est une tension terrible. J’étais assez content de moi, car je
pouvais prononcer vingt-quatre sons dis-
tincts de voyelles, mais vos cent trente me dépassent. Je n’entends pas la moindre différence entre la plupart d’entre eux.
HAMON, réant, tout en allant au piano. — Ça viendra avec la pratique, allez... D’abord, on n’entend pas de différence, puis peu à peu, en continuant à écouter, on trouve qu’ils sont aussi différents qu’un la l’est
d’un si. (Mme Poire apparaît à la porte.
£'esi la femme de charge de Hamon.) } Que voulez-vous ?
Mme Porre, hésitante et perplexe. :
a là une jeune femme qui désire” vous Monsieur. |
HAMON. — Une jeune femme... + Qu'e qu’elle veut? < il
Mme Poire, — Mon Dion. monsie:
dit que vous serez enchanté de 1 quand vous saurez PODFAAQES le ï
ler dune vos machines... Je mai fait, n ’est-ce pas, HORS Vous ï
pe
Poire. Mais dites-moi, Un un :
téressant?
Mme PoIRE. —
Oh ER Quela
pouvez vous intéresser à ri HAMON,
en do ones
un cu avec trois Se
du Est-ce ques vous y avez | venue en taxi?
Are En voilà une Détse le
me due ji Ta Ïry ai + Mais moi Yous savez, j'sis
n vous. dons l'savez “ main voue pour prend des leçons, pour les raquer, pas d’erreur!
He — Aaahl!.. Hors
un. mossieu comme y faut, d’abord d’m'assir, v’là c ’que ai t'y pas dit que je. v’nais
au ae visi-
que vous. puissiez ons qe VOUS le voudrez,
une do: l'autre bleu Lo A
| se Chante) ua pas ‘être appelée une roulure, na! J’aiz offert de ni comme une dame comme y faut! de
LATOUR, d’un ton gracieux.
ma fille, dites-nous ce que vous voulez.
LA MARCHANDE DE FLEURS. — J'veux êt une d’moiselle qui vend des fleurs dans un
magasin, au lieu d’en vend’ au coin de la
rue Richelieu! Mais on veut pas m’prendre si que j'parle pas pus comme y faut. Et il a dit qu'y pourrait m’apprend”. Et jsis
prête à payer — j demande pas d'faveur —
et y m’traite comme si qu’i’étais d'la boue!
Mme Poire, s’avançant entre Hamon et
la postulante. — Voyons, comment pouvez- 4
vous être assez sotte et ignorante pour croire que vous pouvez payer M. Hamon?
LA MARCHANDE DE FLEURS. — Eh ben!...
Pourquoi pas? Jsais aussi ben qu’'vous LS ‘que des leçons coûtent, Pis prête L payer c'aui faut.
HAMoN. — Combien? |