‹ PépéChapitre 161 sur 167 · LATOUR · texte numérisé non relu

LATOUR

Lisa, Lison, c’est un beau nom

Sur le vert tin-tin! MU

Sur ie vert tin-tin!

HAaMoON, en même temps:

Sur le vert tin-tin! } Sur le vert tin-tin! qe (Ils rient de tout cœur de leur esprit.)

Lisa, modestement. — Dites donc, faites an

pas les imbéciles.

Mme Porre. — Vous ne devriez pas parler ainsi à un monsieur comme il faut.

Lisa. — Ben..! Mais pourquoi qu’alors Ye

. parle pas sensément?

HAMON. — Revenez aux affaires... enr.

bien DE Ton me. de mes leçons?

—— divone

HAMON, d’un ton péremptoire. Le Asseyez- |

LA MARCHANDE DE FLEURS. — Si que vous

Halbal

(Ha

“in M. prises mn avez grandement eu |

Esa, — J'sais ee au rest ben, na Bne \ tre de res amies prend des leçons dan- À his avec un vrai mossieu ‘anglais, et elle paye quarante sous l'heure. Pour Jorss, vous auriez pas le eulot de m’demander la même

hose pour m’apprendre ma langue à moi, ‘que ce que vous demanderiez pour l'anglais.

pourquoi que j'veux pas donner plus

de trent’ sous, € ’est à prend’ ou à laisser.

Hamon, se promenant dans la chambre en

pont sonner dans ses poches ses clefs et sa monnaie. — Dites donc, Latour, si VOUS | censidérez um frane, non comme un simple |

france, mais par rapport au gain de cette file, vous voyez qu’il est l'équivalent de 12 à 1.500 francs d’un millionnaire.

LATOUR. — Comment ça?

Hamon. — C'est très simple. Prenons

des chiffres. Un millionnaire a environ 3.000 francs à manger par jour. Et elle, elle gagne environ 4 francs par jour.

Lisa, avec hauteur.

: vous a dit.

:HAMoN, continuant. — File m'offre deux

| cinquièmes de som gain quotidien par legon. Or, les deux einquièmes du revenu quotidien d’un millionnaire sont environ 12 à 1.500 franes…. e’est beau! Pardieu, c’est

énorme! C’est même l’offre la plus forte que

Jaie jamais eue.

Lisa, se levant, terrifiée. — Douze éent

balles! Mais d'quoi Que vous parliez? Jamais j'vous ai offert 1.200 balles. ousque Firais.…

Hamon. — Taisez-vous, vous!

Lisa, pleurant. — Mais j'ai pas douze

cents balles. Oh! oï-oï...! \

Mme Porres. —- Allons, ne pleurez pas, pe-

tite sottel. Asseyez-vous. Personne me veut | toucher à votre argent.

HAMON. — Mais om vous touchera, vous,

avec un manche à balai, si vous ne cessez

pas de pleurnieher… Asseyez-vous, sacré Rom d’un chien!

Lisa, obéissant avec Delon — Oiï-ei-oi- LS On dirait-y pas qu'vous êtes papal

HAMON, — Si je me décide à vous donner des leçons, je serai pire que deux papas, vbus verrez. Temez! (71 lui s[fre sen MOU- @hoïr de soie.)

Lasa. — Qué qu'e’est ga?

HAmMON. — Un mouchoir pour essuyer

vos yeux. Pour essuyer votre visage mouillé.

Ne l’eubliez pas c’est votre mouchoir de poehe, et ça c’est vetre châle. Et ne prenez pas l’un pour l’autre, si vous voulez devenir ume demoiselle de magasin.

” (Lisa est tout à fait effarée, elle le regarde | fiement, irnpuissante.)

Mme Poire. — Veyons, monsieur, ne lui | porlez pas ainsi, elle me vous comprend

Fo :

— Qui qu ve qui.

ner et la RUE Ta Récarerlat F

j'sais d'auoi. sont np les vous, moi, v’s entendez!

ear elle » a rien fait | Latour, — L Fe ce tout !

ad vous y ‘arrivez vous êtes le De PÉOIPRPE

que vous n'y arriverez pas. C ke paierai les leçons.

HAMON, fortement tenté et jeune hé — C'est presque 1FTÈ

avant que dsenie c’est moi qui vou

Larour, riant. — Ma nd H

la flattant bitite ee Mme PorRE, mal d Pabe

ste no Let que vous ne gerez pas à faire des folies.

Hamon. — Mais qu'est-ce que si ce n’est pas une série de folies La DAC e’est d'en trouver à

le ait je férn une ‘duchesse d ‘casse de ruisseau. k Lisa, protestant avee foree Ù appréciation de sa Pere — 0 ei- “oi t Fe So Le

carbonate et du savon minéral, \ pas partir autrement... + # 1 ke cuisine? KDE

n'inporte où, dore Fa trousseau complet et un tas

qu ils arrivent, envelopper-la | pier d'emballage.

Lisa. — Oh! vous

hi n

HaAMoN. — Fichez-moi la ] pudibonderie de la rue . avons Lord besoin id

pprendre à vous conduire en duchesse, mmenez-la, madame Poire. Et si elle vous Mmbête, fichez-lui des coups.

T Lisa. — Et j’appellerai la police, moi.

| Mme Poire. — Mais je n’ai pas de place l Jour elle, monsieur.

HAMON. — Mettez-la dans une poubelle.

l Lisa. — Oiï-oï-oi-oï-of!

Larour. — Voyons, Hamon. Soyez raiù bnnable.

Mme Porre, avec résolution, — Il faut que 1 bus soyez raisonnable monsieur, oui, vrai- Ment. Vous ne devez pas écraser tout :

| ainsi.

D Hamon, aimablement surpris. — Moi, écrase tout le monde! Mais voyons, maame Poire, mon cher Latour, jamais de la he, je n'ai eu l’idée d'écraser qui que ce moi, c’est ïl An soit bon envers cette pauvre fille, et wlr'on ait pour elle ces petites attentions si phécessaires pour la préparer et l’adapter à JA nouvelle situation dans la vie.) Si je ne ui 2 suis pas exprimé ciairement, c’est parce f je ne voulais pas blesser sa délicatesse

1 la vôtre.

fume Poire, à Latour. — Eh bien! Avez-

ous riant de pre cœur. — Jamais,

yfadame Poire, jamais!

el ue avec patience. — Enfin, Au a- ?

‘Mme Poire. — Il y a, monsieur, que vous d | pouvez pas prendre une jeune fille fmme si vous ramassiez une pierre sur la iève.

MHAMON. — Et pourquoi pas?

Mme Poire. — Pourquoi pas? Mais vous A | savez rien sur elle! Sur ses parents. Et lis, elle est peut-être mariée! | "| Lisa, — Oh! C’te blague!

HAMON. — Làl… Cette jeune fille le dit s justement, c’te blaguel... Vous ne voyez nc pas qu’elle est toute jeune — qu’elle raîtra tout à fait fraiche quand vous l’au- , nettecyée.. Vous ne savez pas qu’une mme de cette classe a l’air d’avoir cinlante ans une année après son mariage ?

LisA. — Mas qui qui voudrait se marier ec moi?

TJAMON. — Sacristil Mais Lisa, les rues ront jonchées des corps des hommes qui | tueront Dr amour pour vous, avant me que j'aie fini de vous perfectionner.

Ame Poire. — Quelles bêtises racontezus là, monsieur! Vous ne devriez pas par- | ainsi.

ISA, se levant et serrant son châle sur sa itrine. — J’fous le camp? Y n’a pas de Mboche à lui J'veux pas de l’çons avec s loufoques!

D: “ne d’un ton bref. — Ah vraiment!.… | , je suis loufoque? Très bien! Ma-

jh |

| il

js LR là

ji

on

(Aer

PYGMALION

dame Poire vous n’aurez pas besoin de commander des vêtements pour elle, Fichezla dehors.

LisA, pleurnichant. — Oï-oil… Vous avez pas l’droit de m’toucher.

Mme Poire. — Vous le voyez maintenant ce que c’est que d’être impertinente... (Elle indique la porte.) Par ici, s’il vous plaît.

LisA, se levant, en larmes. — J'avais pas b’soin d’vos nippes, moi. J’les aurais pas pris. J’peux m'en payer moi-même, si je veux, des nippes.

HaAMoN. — Vous êtes une vilaine, une ingrate!.. C’est comme ça que vous me payez pour vous avoir proposé de vous tirer du ruisseau et de vous habiller avec élégance, afin de faire de vous une demoiselle distinguéef

Mme PoïRE. — Assez, assez, monsieur. Je ne le permettrai pas. Le vilain, c’est vous.

Retournez chez vos parents, ma fille, et dites-leur de s’oceuper de vous.

Lisa. — J’ai pas de parents! Y m'ont dit qu’i’étais ben assez grande pour gagner ma croûte et y m'ont fichue dehors.

Mme Porre. — Où est votre mère?

Lisa. — J'ai pas de mère. C’est ma sixième belle-mère qui m’a fichue dehiors!.… Oh! j’m’en tire ben sans elle. Et j’sis une honnête fille, que j'vous dis,

HAMow. — Très bien. Alors, pourquoi tout ce chichi? Cette jeune fille n’appartient à personne et n’est utile à personne. Pourquoi ne l’adoptez-vous pas, madame Poire?

Je suis sûr qu’une fille vous amuserait beaucoup. En tout cas, maïntenant, plus de chichi. Emmenez-la en bas et.

Mme Poire. — Mais que faire d’elle?..

Faut-il lui donner queique chose? Vraiment, monsieur, soyez un peu raisonnable,

HAMON. — Mais, achetez-lui ce qui lui est nécessaire, bien entendu, et inscrivez-leaux dépenses du ménage. Mais à quoi bon lui donner de l'argent? Elle n’en aura pas besoin, puisqu’elle aura sa nourriture et ses vêtements... Son argent ne lui servirait qu’à boire, voilà tout.

Lisa, — Brute, val C’est pas vrail Jamais personne m’a vu boire.

LATOUR, sur un ton de bienveillante remontrance. — Dites-moi, Hamon, est-ce qu’il ne vous vient pas à l'esprit que cette jeune fille peut-être douée de sensibilité?

HamoN, examinant Elisa d’un œil critique. — Ma foi, non, je ne la crois pas.

Non. aucune sensibilité dont nous ayons à nous inquiéter. (Avec bonne humeur.) N'est-ce pas Elisa?

Lisa. — J’ai de la sensibilité teut comme les aut’.

Hamon. — La difficulté sera de la faire parier conformément aux règles de grazxæmaire. La proenonciatien ira facilement.

Mme Poire. — Voulez-vous avoir l’obligeance, monsieur, de rester sur la question qui nous occupe. Je désire savoir dans quelles conditions cette jeune fille sera ici.

Aura-t-elle des gages? Et que deviendrat-elle quand vous aurez fini les leçons? D faut envisager un peu l'avenir.

HAMON. — Dites-moi donc, madame Poire, que deviendra-t-elle si je la laisse sur

le trottoir? Ni Mme Poire. — C’est son affaire à cite, € ça,

et pas la vôtre, monsieur.

Hamon. — Eh bien, chère madame Poire,

quänd j'aurai fini mes leçons nous pourrons la rejeter sur le trottoir, et alors ce sera son affaire. Ainsi, tout va bien.

Lisa. — V’s avez pas d’cœur, vous! Vous

pensez à personne qu’à vous-même! J’en ai

mon sac, bon Dieu! J’fous mon camp! Vous deverriez avoir hontel

HAMOoN, saisissant la boîte de chocolat qui est sur le piano. — Tenez, prenez un chogolat, Lisa.

LisA, regardant les chocolats d’un œil

d'envie. — Y a p’têtre quéque saleté là de-

dans? J’ai entendu dire que des jeunes filles ont été droguées par des ceuss comme vous.

(Vivement Hamon tire son canif, coupe un chocolat en deux, en met une moitié dans sa bouche et l’avale, tandis qu’il offre l'autre moitié à Lisa.)

HaAMoN. — Un gage de ma bonne foi, Elisa. J’en mange une moitié et vous vous mangez l’autre. (Lisa ouvre la bouche pour répliquer. Il lance le demi-chocolat dedans.) Vous en aurez des boîtes, des barils, tous les jours, Elisa. Vous vous en nourrirez. Ho que dites-vous de ça?

LisA, qui a avalé le chocolat, après avoir

été presque étrangiée par lui. — J'laurais

pas bouffé seulement, j’sis trop comme y

faut pour le tirer d’ma bouche.

Hamon. — Ecoutez, Lisa. Vous avez dit, je crois, que vous êtes arrivée en taxi?

Lisa. — Eh ben quoi! Et après? J'ai aussi ben l'droit d’prend’ un taxi que n’importe qui, j’pense?

Hamon. — C’est tout à fait vrai. Eh bien, Elisa, à l'avenir, vous prendrez autant de taxis que vous voudrez. Tous les jours, vous irez, vous viendrez en taxi. Vous ferez le four de la ville en taxi... Pensez-y, Elisa!

Mme Poire. — Monsieur, monsieur, vous voulez la tenter, cette fille! Ce n’est pas honnête. Il faut qu’elle pense à l’avenir.

HAMoN. — A son âgel… Quelle bêtise? H est bien assez temns de penser à l’avenir quand il n’y a plus d’avenir.… Ecoutez-moi, Elisa. Faites comme cette dame qui est là,

pensez à l’avenir des autres, mais ne pensez jamais au vôtre. Pensez à des chocolats, à des taxis, à l’or, à des diamants!

re

il Ré

vous refusez cette offre, vous nn

HAMON. — Oui, Eusa, OU co à l'être, grâce aux soins de Mme vous épouserez un officier de avec une belle monte le ul

qu elle fait.

Hamon. — Mais comment le.

elle? Elle est incapable de compr quoi que ce soit. D’ailleurs, mon cher personne ne comprend ce qu’il fait.

le NN one est-ce qui nous on Î jamais ? on

Mademoiselle... RER Lisa, accablée. — OibLo on Hamon. — Vous le voyez! Tout €

vous tirerez d’elle, c’est oï-oï-oï-oï!

tile de rien lui expliquer. En votre

Elisa, vous allez rester fe Lo si pour a rie à bien Se Min

à manger et “E one pour in chocolats, et prendre des taxis Si.

nantes de us Drésomp neuses.

vous n’êtes pas den vous

laine ingrate, et les anges pleurerc vous... (4 pr Eh pen PRIME

pliquer la chose plu simpleme se et exactement ? “ie

Mme Poire, avec donceur. — Age je crois, monsieur,

| rai comme es gens, vous oubliez “en à ce qui peut

1e que vous en êtes une brute!

i pas ici si que j'veux pas, na!...

A par personne, nal J'ai ty

Se

mais eu 1 d'histoire avec la police, à une honnête fille, moi.

; nu ent dlaute pour Elisa.) ‘es en sortant. — Eh ben, si qu’i’-

e devant de la niuse et vient se à che:

LATOUR — Nous Poute une question, 10 oo excuserez ma franchise ?...

e btions avec 1e femmes?

- Oui, très fréquemment, même.

Eh bien, moi pas. J’ai Mine

Le diable seul le sait. Peuttr vivre sa es et

al sur la chaise, ses bras posés k

Mais jamais je ne jure! J’zbhorre cette habi-

que je veux dire, monsieur, que vous jurez

su d'entraîner l'autre. sur une tausse voie. L'un us veut aller au Nord, l’autre au Sud, et le ré- Ka

sultat est que tous deux s’en vont à l'Est, tout en détestant cordialement le vent

d’Est… c’est pourquoi, mon cher, je suis un

célibataire endurci, et il y a des chances

pour que je le reste toujours.

Latour. — Allons, Hamon, vous savez bien ce que parler veut dire. Si je dois in tervenir en cette affaire, je me sentirai responsable vis-à-vis de cette jeune fille, Alors,

il est bien entendu, n’est-ce pas, que on n an :

sera pas de sa situation.

HAMON. — Ah. c’est ça ce que vous voulez direl… Ah! mais elle sera sacrée, mon cher, je vous le jure. Ce sera mon élève, n'est-ce pas? Eh bien, l’enseignement serait impossible si les élèves n'étaient pas sa crées. J’ai enseigné à des vingtaines de mil lionnaires américaines à bien parler le français : c’étaient les plus jolies femmes du \ monde. Je suis blindé, voyez-vousi Elles

pourraient tout aussi bien être des morceaux

de bois, moi aussi, d’ailleurs, c’est comme di si j'étais un morceau de bois. C’est. (Mme à Poire ouvre la porte. Elle a le He A d’Elisa à la main.) Ponte Hamon. — Eh bien! Tout va bien?

Mme Poire, de la porte. — Je voudrais a vous dire un petit mot. monsieur, si vous le D permettez.

Hamon. — Mais oui, mais oui. Entre. 0 (Elle s’avance entre les deux messieurs.) Ne brûlez pas ça. Je veux le garder comme curiosité. (11 prend le chapeau.) Ur Mme Poire. — Maniez-le avec précaution, con monsieur! J’ai dû lui promettre qu'on ne le brûlerait pas, mais il fant que je 1 pue RAD un peu à l’étuve. NL HAMON, le posant Dé DIAMnenE sur le k piano. — Diablel!.… Merci... Eh bien, qu’ avez- due vous à me dire?

LaTouR. — Suis-je de trop? (ae es Mme Poire. — Pas du tout, monsieur.

Monsieur Hamon, voulez-vous avoir l’obligeance, je vous prie, de veiller avec grand soin à votre langage devant cette jeune fille. l HAMON, d’un ton sévère. — Bien entendu...

mais je veille toujours à mon lAneA Bee Pour- “ quoi me dites-vous ça? | que Mme Poire, impassible. — Non. mon- Wa

sieur, vous n’y veillez pas toujours, quand

vous avez égaré quelque chose ou quand ï vous êtes un peu impatient, Devant moi, ça n’a pas d'importance, j'y suis habituée. Mais devant cette jeune fille, vous ne devriez Lei | | jurer. ST RUS HAMON, tout indigné. — Moi! jai jurél.. + je

tude. Mais sacré nom d’un chien! qu ‘est-ce /

que vous voulez dire?

Mme PorrE, avec entêtement. — Voilà ce

| senneeup ie, Je ne veux De ratée , vos.

de vos € tonnerre de nom de Dieu ee

; gage sortir de vos lèvres. Vraiment!

Ha monter. — Mais il y a un certain mot que PA À je dois vous prier de ne pas employer. Cette

jeune fille vient justement de l’employer 3 | ue que son bain était trop chaud. Cela commence par la même lettre que Marie.

ee

Elle ne sait pas mieux, Elle, elle l'a appris

| sieur! Il ne faut pas qu ’elle l’entende sortir A de vos lèvres, vous entendez, monsieur, A HAMON, avee hauteur. — Mais madame Poire, jamais je n’ai prononcé ce mot, sauf peut-être en cas d’extrême mpOr nent | d’ailleurs tout à fait justifié.

: Mme POIRE. — Mais monsieur, pas plus tard que ce matin vous l’avez dit à propos de votre mouchoir, de vos manchettes et de votre miel.

APE Hamox. — Oh! Mais c’est une simple ND allitération, ça, toute naturelle à un poète. Mme Poire. — Très bien, monsieur, mais

l'appeler, je vous en supplie, que cette jeune

fille ne vous l’entende pas prononcer.

| À Hawox. — Bon, bon! C’est tout?

Mme Poire. — Non, monsieur. Il faudra | que nous veillons attentivement sur cette

jeune fille, sous le rapport de sa propreté

, personnelle.

Hamon. — Certainement. Vous avez raison. C’est extrêmement important.

ne Mme Porre. -— Il ne faudrait pas qu’elle

HU ROtt négligée dans sa mise, qu’elle n’ait pas

d'ordre ct laisse traîner ses affaires.

HAmoN, avec solennité. — C’est tout à fait | vrai. Justement, je voulais attirer votre at- | tention sur ce point... Oui, Latour, il ne faut Nirrepas négliger les petites choses. Prenez soin des sous et les louis prendront soin d’eux- | mêmes, est ün proverbe aussi vrai pour Îles habitudes personnelles que pour largent.

.. Mme Poire. — C’est bien vrai, monsieur.

Aussi pourrais-je vous prier de ne pas des- . cendre déjeuner en robe de chambre, ou au

moins, de ne pas vous en servir comme ser-

. viette?.… Et si vous vouliez avoir la bonté de ne pas tout manger dans la même assiette et de vous souvenir qu’on ne doit pas poser une casserole toute noire sur une nappe blanche, ce serait un très bon exemple pour cette jeune fille. Vous vous rappelez, la se- | maine dernière, vous avez failli être étran- SR dé par une arête de poisson que vous avez trouvée dans votre confiture.

__ HAMoN. — Oh, il se peut que j'aie fait cela | par hasard, sans y penser, mais il est cer- taim que je ne le fais pas habituellement... A

Hamon. — Madame Poire! Pareil lan- LE

Mme Poire, qui ne veut pas se laisser dé- À

Cest tout ?

sur les genoux de sa mère... Mais vous, mon-

ou quel que soit le nom dont il vous plaît de

sommes sûrs d’en tirer cuaose ho e

€ sacré nom d’un chien », de vos « diable >, f à É

Mme POIRE.

| japonaises que vous avez Aie lées | nn Il est vraiment os ib

Mme Dés. sir ou monsieur, il sort.) D

arrogants et pb à propos de de rien... Un me demande vr fe.

LATOUR, se levant. — Aïe... Q vous? (Il se relire devant la che HAMON, avec vivacité. — - Fait mes

quin.… Me HAMON. — C’est idiott Crest

un coquin? HE LATIN DER A RE LarouR. — Coquin ou non, je

ne nous cause de l'ennui HaMoN. — Moi pas, sacré :

chien! S'il y a quelque ennui lui qui. Jaura, mais pas moi.

téressant, 2!

LATOUR. — Au sujet de la jeune HaAMoN. — Mais non, mais non, de son dialecte. 1 0t OS AIRE LATOUR. — Ah!l ci 15 Tee FOIRE de la pre ed

(Alfred Colombe ai | tain âge mais encore vigoureu du costume de sa professio:

bien dessinés et assez int

| PAÈUE à ma fillel.. va c’ ’que |

us send,

. de remontrance. —

due quèque je sis, moi?

fille a eu le toupet de vedemander de lui appren-

ss | 2 de Lun ont été ici

Le rudoyant.) Et vous osez

a y €! 1e me ? soutirer de ? argent!

FA

ourquoi êtes- -vous ici?

Po dus un homme

ic Latot a un don brel pour la rhétorique. Obser vez le rythme de son rustique chant sau-

| vage. J’ demande pas mieux aus

tends pous vous Pdire.. Cest de la ue sentimentale! Le UE le châi

était ici, si ce n’est pas vous qui 1

envoyée?

CoLomex. — Voilà, patron. La fillé a

avec elle, dans son taxi, un gosse eu J faire faire une balade. C’est le gosse de proprio. Il est resté aux alentours, espéran qu’elle le ramènait chez lui, en taxi. Quand done a su goes vous Copsentiez, à ce As el

Pourquoi qu’y n’en aur ait Apr . LATOUR. — Voyons, Hamon, donc raconter son RE ic

pas les chercher Ares | MONTRES — La proprio aurait pas \ Ÿ

| pour qu'y m'les donne, ee sale ne

j'les ai apportés, ren qu ‘pour vous |spLies pour être gentil... v’là tout. !

Hamon. — Combien de Paca ent + COLOMBE. — Un accordéon Pate ques images, un bout de bijoux et une cage à serin. Elle a dit qu’elle avait pas b’soin d'vêtements, du tout. Qué que j’devais pexser d’ça, patron? J’vous l'demande re

père. Qué que j’devais penser d’ça? Le

HAMoON. — Alors, vous êtes venu la sauvar

de ce qui est pire que la mort, hein?

CoLomuer, joyeux et soulagé d’être si bise d

. compris. — Juste, patron! C’est ben ga? vie

Latour. — Mais pourquoi Avez-vous aB-

porté ses bagages, si vous aviez are A

de l’e mmener ? ne alu CoLouss. — J'ai dy paré : à Fos nm

un moi. Dites?

Hub à sonnani, me - Vous allez l'emm id ‘ai et au galop. Ai COLOMBE, suppliant. ee -Ohr non, patronl.… …

! Dites pas ça!

(Mme Poire ouvre la porte et attend les. é

ordres.)

4 HAMON. — Voici le père d’Elisa, madame À 4 Poire. 1 vient la chercher. Donnez-la-lui.

COLOMBE. — Non, non, nonl.. Yaerrew!

Écoutez-moi...

Mme PoIRE. — Impossible de emmener maintenant, monsieur. Vous m'avez dit de brûler ses vêtements, CoLoMBE. — Très ben! J’peux pas em-

porter c’te fille par les rues nue comme une

guenon, s’pas?.… Voyons, j'vous l’demande?

HaAMoN. — Vous m'avez demandé votre fille. Eh bien, prenez-la, votre fille. Si elle m'a pas de vêtements, allez lui en acheter.

CoromBe. — Mais ousqu’y sont les vête-

ments avec quoi elle est venue? C’est-y moi qui les ont brülés, ou c’est-y vot” dame?

Mme PoIrE. — Pardon, je suis la femme |

de charge. J’ai envoyé chercher des vête-

ments pour votre fille. Quand ils seront ar-

rivés, vous pourrez l'emmener. Venez attendre dans la cuisine. Par ici, s’il vous plaît. . (Colombe, très ennuyé, se lève pour la suivre jusqu’à la porte, puis il hésite, et finale-

ment il se tourne vers Hamon, et d’un ton

confidentiel. )

. CoLcomee. — Dites done, patron, vous et moi, c’est des hommes du monde, pas vrai?

HAMON. — Ah! Nous sommes des hommes du mondel.…. Allons, madame Poire, je crois qu'il faut mieux que vous vous en alliez.

Mme Poire. — Je crois aussi, monsieur.

{Elle sort avec dignité.) Larour. — Vous avez du page, monsieur Colombe, ( CoLomeE, à Latour. — Merti, patron. (A k Hamon.) Eh ben. la vérité est que j'vous ai, comme qui dirait, pris en affection et, si vous voulez la fille, j’suis pas si ostiné que

j'veux la ramener chez nous, et j’peux très

ben prêter l’oreille à un arrangement. Re-

gardez-la : c’est comme femme, une fille su-

| perbe. Mais comme fille, elle vaut certes pas

son entretien. J’vous l’dis franchement. Ce

que j’'demande, moi, c’est tout bonnement mes droits d’père: et vous êtes certainement lPdernier homme au monde pour croire que ja laisserai partir comme ça, pour ren...

Vous êtes d’l’espèce honnête, patron, j'ai ben vu ça Et alorss, qué que c’est que cent francs pour vous? Et ee que c’est qu’Elisa pour moi? | . Latour. — Il faut que vous sachiez, Co- Jlombe, que les intentions &e M. Hamon sont tout à fait honorables.

COLOMBE. — J’}sais ben qu’elles je sont...

si Jpensais qu’elles l’étaient pas, j’'demanderais mille francs!

pule, que vous vendriez. 1 mille franes. hohoos 4

ce a

pas aussi ma part,

| pe la mort du même mari, L'reçol

une excuse pour ren m’éonner.

tant, et j’veux continuer à pas ét’.

Hamon rébolié 0 Ce

seulement, ‘pour ua un monsieur

comme Vous, d ferais pen PaRDee ui

vrail Fi LATOUR. — Vous n avez done pas

tan j'vois pas pourquoi que cui

HAMON. — . Que faire, Latour.

cet one Pourtant, je LE sens, il y sa réclamation une sorte de justes de sière justice. |

CoLoMBE. — Très Dion, ça, pai pas dit aut’ choses, comme qui cœur d’un père, quoi! a)

LaATOUR. — Je comprends votre at mon cher Hamon, mais vraiment, semble pas très honnête... sr É

Faut pas l’prend’ comme ça. oo ) in là, à tous ies deux, j'vous demande 1

pas d'éb secouru, v vlè c’que pis. Et Ê vous c'que Ça Re POUR un. bon 1e

rité d’six côtés différents. J'ai pa:

de b’soins qu’un pauv’ méritant; | j'ai pus d’hesoins que Jui. id

besoin de m’amuser un brin pace :

un homme qui pense. se b'soin

ralité d'la classe ne

l’demande, nice ju vous ê

Doi êt’ un pauvre canne à Jsis pas

J'aime ça! Et pis C’est la vérité.

allez vous ty profiter d'la na homme ne ycler du pris dsa

e a pas. J'ai entendu tous D. tous e ner car ÿ sis un

de aut’ te et j'vous V'dis,

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