EN VAT
: lui, au moins.
HAMON, descendant de T'oftomane,
ou | Vous n’avez pas le droït de l’encourager. | Lisa. — Toutes les jeunes filles ont le
| droit d’être aimées. Mais ce n’est pas de ce
filles comme moi, de faire descendre des
hommes comme il faut jusqu’à leur faire la
cour. vous, si je devais vous faire descen-
dre jusque-lè, vous soubhaïiteriez me voir
morte l'instant d’après.
HAMON. — Certainement Mais fichtre,
pourquoi nous querellons-nous?
Lisa, très émue. — Je veux un peu de bonté. Je suis une fille vulgaire et ignorante, et vous, un monsieur instruit, je le sais,
mais enfin, je ne suis pas de la boue qu’on piétine! Ce que je fais. (se corrigeant ellemême) pardon, ce que j’ai fait, ce n’est pas
© Hamon, ii Ectiemant pre — - que ee | le diable Jemporte, ce petit sauteur! at se .
He ça lui plaît, le pauvre garçonl.… ll saine, 5 a 1 A peut oo j 4
genre de sentiment-là que je veux de vous.
Ce n’est pas difficile, allez, pour des jeunes
pour les robes et les taxis. Je l’ai fait parce
que nous nous entendions bien ensemble et
que je me suis mise à m’attacher à vous; oh! pas parce que je voulais que vous me fassiez la cour, en oubliant la différence qu’il y a entre nous. Non, je voulais que
. nous soyons plus amis ensemble
HAMoN. — Naturellement. Et c’est bien ainsi que je sentais et que Latour sentait.
Elisa, vous êtes une imbécile.
Lisa. — Ce n’est pas une réponse convenable à
d'autre, tant que vous ne cesserez pas d’être imbécile...
vous sentir négligée, parce que les hommes de votre connaissance ne passent pas une
moitié de leur temps à pleurnicher sur vous
et l’autre moitié à vous pocher les yeux!
Si vous ne pouvez pas supporter la froideur de men genre de vie et sa tendance, alors
retournez sur le trottoir. Travaillez jusqu’à ressembler plus à une bête brute qu’à un
être humain, puis dorlotez-vous, chamaillez-
vous et buvez jusqu’à tomber endormie. Oh!
c’est une belle vie, la vie du trottoir! Elle est réelle, elle est chaude, elle est violente,
La peau la plus épaisse n’empêche point de
la sentir. On peut la goûter et la sentir sans
aucune éducation, sans aucun travail Ce
n’est pas comme la science, la littérature, la musique classique, la philosophie et Part... Vous me trouverez toujours froid, insensible, égoïste, n’est-ce pas? Fort bien, alors
retournez avec l’espèce de gens que vous aimez. Épousez quelque pourceau sentimen-
5 à me faire. (Elle se laisse tomber pue en larmes sur le canapé.) ‘ HAMON. — Vous n’en aurez pourtant pas
Voulez-vous être une femme comme il faut, alors, cessez de
vousl… Je ne peux pas:
Nos retournez tout contr
n êtes qu ’un tyran. Vous
que je ne peux pas ret u comme VOUS dites, et que .
dance.
Lisa — Vous. n'êtes
aucun vrai ani sauf ne
que vous me tenez sous pu au silence, et que vous pue
en situation de me he ; HAMON, s’asseyant à côté | bêtise. Vous er in un.
pas être. in comme si j' ou un petit chien. Si je ne de la bonté, eh pen 15 i de
me ferai Ar n Re En
Hamon. — Et renssin
Dieu! LEA Lisa. — Ce que vous m
phonétique. Mo
: HAMoN. — Ha! pal bal.
Lisa — J'irai m'offrir «+
au professeur Nipian. ;
posteur! à ce tartes. à ice:
rant! Lui Me mes méth
tm ane | F £ mme il faut être avee vous! Quelle imbé:j'ai été de ne pas y avoir persé plus 4 t! Vous ne pouvez pas m'’enlever les con- | lissances que vous m'avez données. Vous f'ez dit que j'avais l’oreille plus fine que la “ trel Moi, je peux être polie et aimable frec les gens, ce que vous, vous ne pouvez être! Ahal!l Vous êtes refait, Henry Hafon! Maintenant, je ne me soucie pas plus Mie Ça. (elle fait claquer ses doigts) de of) tre brutalité et de vos belles paroles! Je dettrai une annonce dans les journaux pur dire que votre duchesse n’est qu’une larchande de fleurs que vous avez ins- { ite et qu'elle enseignera à qui veut, en h : mois, le moyen d’être une duchesse, ‘fur mille louis. Oh! Et dire que jai “lfimpé à vos pieds, que j'ai été piétinée, indriée, quand tout le temps, je n’avais qu’un “Mot à dire pour être comme vous! Oh! à Lite pensée, je me flanquerais bien des ups!
4 HAMON. — Impudente chienne... Mais enn, ça vaut mieux que de pleurnicher, que @= chercher des pantoufles et que de troufr des lunettes n'est-ce pas? Sacristi, lisa! J'avais dit que je ferais une femme e vous, eh bien, je j’ai fait. Je vous aime flieux ainsi.
Lisa. — Oui, oui, vous retournez votre sste et vous faites la paix parce que je n’ai lus peur de vous et que je peux me passer e vous maintenant.
| HAMON. — Certainement, petite imbécile!
à y a cinq minutes, qu’étiez-vous pour moi?
“Sn carcan qui m'immobilisait. Et maintedant, vous êtes une tour puissante, un Mnorme cuirassé, comme nous. Nous som- - | es des confrères, Vous, Latour et moi,
FYGMALION 27
nous serons trois vieux célibataires enserble, au lieu d’être tout simplement deux hommes et une jeune fille.
(Mme Hamon revient, habillée pour aller au mariage. Instantanément Elisa redevient froide et élégante.)
Mme Hamon. — La voiture attend, Elisa, êtes-vous prête?
Lisa. — Oui, madame. Et M. Hamon, vient-il aussi?
Mme Hamon. — Certes non. Il se conduit trop mal à l’église. Il fait tout le temps des remarques sur la prononciation du prêtre.
LisA, — En ce cas, je ne vous reverrai
pas aujourd’hui. Au revoir, monsieur. (Elle
se dirige vers la porte.)
Mme Hamon, s’approchant de Hamon. — Au revoir, mon chéri.
HAMON. — Au revoir, maman. (/l est sur le point de lPembrasser, lorsqu'il se souvient de quelque chose.) Ah! A propos, Elisa, commandez donc un jambon et un fromage de gruyère. Puis achetez-moi une paire de gants en peaux de daim vous savez, du 8, et une cravate assortie à mon nouveau Costume. Vous choisirez la couleur.
LisA, avec dédain. — Achetez-les vous-
même. (Eile sort majestueusement.)
Mme Hamon. — Je crains bien que tu n’aies gâté cette jeune fille. Mais cela ne fait rien. J’achèterai ta cravate et tes gants.
HaAMoN, avec bonne humeur. — Ne te tracasse pas pour ça Ælle les achètera, tu verras. Au revoir.
(Ils s’embrassent. Mme Hamon sort en se pressant. Hamon, resté seul, fait sonner son argent dans sa poche et rit silencieusement.)