‹ PépéChapitre 22 sur 167 · MALE · texte numérisé non relu

MALE

(11 cs en + à

. Est-ce que tu alternes

| PAILLOUX. — Alors ?. Tu n'es jamais in content. “Tu as 1s deux femmes, il t'en faudrait

une troisième.

FRESSENOY. — Mais, die sûr. ie

PAILLOUxX. — Ça, alors | |

FRESSENOY. eue Parce que la deuxième He:

compte past te

PaizLoux. — Bah |

FRESSENOY. — Je ne te l’avais pas dit, parce

que c’est un peu vexant. Depuis que Jauee est ici, elle n’a rien voulu savoir.

Parccoux. — Tiens, tiens !

FRESSENOY. — Par égard pour Solange !

* «PArELOUX, —— Eh ben, c'est très chie, ça ! FRESSENOY. — Tu trouves ?

PaILLoux. — Elle remonte dans mon estime...

Je la prenais pour une grue... Il y a des femmes honnêtes qui n’en auraient pas fait autant !

FRESSENOY. —- Tu la défends ?

Parzcoux. — C'est un petit être droit... je n'ai pas de raison de la regarder de travers ! FRESSENOY. — Une femme pour qui j'étais tout à Grenoble, c’est incompréhensible !

aa — Nous ne sommes plus à Grenoble | FRESSENO. — Et puis, il y a autre chose...

J'ai l'impression qu'ici je ne compte plus... PaILLoux, — Comment ça ?

FRESSENOY. Jacqueline et Solange se sont prises dune belle passion l’une pour l’autre et elles s'occupent tellement d'elles qu ’on ne s'occupe plus de moi. :

PAILLOUX. — Égoiste ! e . FRESSENOY. — Jacqueline a sur Solange une influence terrible et néfaste. :

PAILLOUX. — Bah!

FRESSENOY. — Cette petite, elle n’a pas été

bien élevée, naturellement ; eh bien, au lieu. de prendre près de ma femme de bons principes,

des exemples salutaires, c'est elle qui déteint sur Solange.

ParzLoux. — C’est dans l’ordre, c est jamais le propre qui déteint. à FRESSENOY. — Tu l'as constaté, Solange

maintenant fume, va au dancing, se maquille, parle argot !

PAILLOUX. — Tout ça n’est pas bien dangereux |! - : + FRESsSENOY, — C'est dangereux comme une pente ; la pente, c’est l'inconnu, et l'inconnu... Parzcoux. — C'est Davillier !

FRESSENOY. — J'en ai peur. Et le pluscurieux c’est que, comme ils sortent tous les trois, je

- ne suis pas fichu de savoir laquelle sert de ÉUne

delier à l’autre.

PaïrLLoUx. — Situation once. Etre cocu de la main droite ou de la main gauche, laquelle préfères-tu ? « :

FRESSENOY. — Aucune | PaizLoux. — Bien sûr... Enfin, qui aimes- -tu mieux ?. Jacqueline ou Solange ?

: DRÉSSENOY. — Les deux... les deux me sont nécessaires. z

PaïzLoux, — Tu es trop gourmand.

FRESSENOY. — J'avais épousé une femme paisible pour me reposer de ma vie agitée, et maintenant on se couche tous les jours à quatre heures du matin, boîtes de nuit tous les soirs ; c’est la ribouldingue effrénée. Je suis claqué, je suis sur les boulets.

PAILLOUX. — Kepose-toi !

FRESSENOY. — Je ne peux pas, il faut que je suive le train, sous peine de montrer mon

infériorité ; elles, elles supportent Ça très bien, parbleu… | , “ PAILLOUX. —— Mon vieux, c’est toi qui l'as voulu !

. FRESSENOY. — C’est comme cette Hispano, tu l’as entendue : « N'oublie pas l'Hispano… »

PAILLOUX. — Je croyais que tu venais d’acheter une Citroën.

FRESSENOY. — Oui, sur les instances de Jacqueline, qui trouvait ridicule de ne pas avoir son auto.

ParrrLoux. — Eh bien ?

FRESSENOY. — Elle n’en veut déjà plus...

ce n’est plus assez chic ; il faut une Hispano maintenant... et j'ai fait paraître depuis hier

une note dans les journaux pour me débarrasser de:ma Citroën. :

PAILLOUX. — Tu ferais peut-être mieux de faire passer une note pour te débarrasser de Jacqueline! (Fressenoy hausse les épaules.) Avec cette petite, tu as introduit le poison dans, ta" maison, . UR DPOISONn que tu ne consommes même plus et qui t’intoxique tout de même... Un bon conseil... fais-la voyager, les chemins de fer nous débarrassent très rapidement des gens en ce moment-ci.. Je te mets sur la voie.

FRESSENOY. — Je n'ai pas le cœur à plaisanter, et puis je le voudrais que je ne le pourrais pas.

PAILLOUX. — Et puis, tu y tiens, tu y tiens d'autant plus qu’elle se refuse. Ah ! mon vieux, je te prédis que, même sans chemin de fer, tout ça finira par une catastrophe.

FRESSENOY. — Et tu te tords.….

(Entrent Solange ét Jacqueline habillées.)

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