SCÈNE XI
Les MÊMES, JACQUELINE, puis DAVILLIER
JACQUELINE. — Eh bien, c’est fait !
SOLANGE. — Elle est partie ?
JACQUELINE. — Bien sûr... non seulement
elle part, mais elle va envoyer den autres chapeaux à choisir.
SOLANGE, à sa mère. — Elle n est pas extraordinaire ?
MmE JEANNEROT. — Oh ! si... (4 part.) Cette enfant naturelle ne me paraît pas: natujéles x $
La FEMME DE CHAMBRE, annonçant, — M. Davillier. | |
MmME JEANNEROT, à Solange. — Ah! oui,
Davillier, c'était ton flirt….
que je vois. sa | |
SOLANGE. — C'est-à-dire. . (L'entrée de Davillier Lu de la suite de s@ phrase.)
DAVILLIER. Que d’excuses j'ai à VOUS faire !... ADR Mme 7] eannerot.) Ah !
madame, je n'ai pas eu le plaisir de vous rencontrer depuis cet accident d’auto si imprévu. |
MME JEANNEROT. — Ah | monsieur, j'ai vu depuis des choses bien plus imprévues.
SOLANGE. — Tu ne vas pas nous quitter tout de suite, maman ?
Mur JEANNEROT. — Non, je veux voir ton mari. x 5
SOLANGE. — Alors, viens enlever ton chapeau.
(A Davillier.) Vous m'excusez, je vois si peu maman ; je vous abandonne à Jacqueline.
DaAViiLiER. — C'est trop naturel...
MME JEANNEROT, en sortant, après un salui à Davillier, bas à Solange. — Ah çà, tu tiens
Ça continue, à ce
donc à les laisser seuls ?
SOLANGE. — Oui.
MME JEANNEROT. — Ab ! elle te ee tes flirts aussi... ah ça alors, qu'est-ce qui te reste ?
(Elles sortent. }
SCÈNE XII DAVILLIER, JACQOUELINE Davirrier. — Mme Jeannerot est vraiment :
charmante. :
TACQUELINE. — Parce qu’elle s’en va ?
DAVILLIER, riant. — Vous l’avez deviné... et
‘qu’elle me pernet enfin pour la première fois
d’être seul avec vous, sans un tiers gênant.
JACQUELINE. — C'est Solange, le tiers ?
DAVILLIER. — Bien sûr. :
JACQUELINE. — Une tierce alors. Il me
semblait pourtant que vous aviez chanté à la
tierèe, jadis...
DaAVILLIER. — Mais je me suis rendu compte que je n'avais pas de voix dans ce ton-là.
JACQUELINE. — Vous êtes devenu basse ?
DAVILLIER. — Ou baryton seulement.
JACQUELINE. — Et vous allez me sortir une romance bien banale.
DAVILLIER. — Pardon !
JaAcQUELINE. —- Comme si je ne la sentais pas venir... Ah! vous l'avez, la bouche du chanteur qui se prépare...
DAVILLIER, — Je ne vois pas.
JACQUELINE. — Ne faites pas l'étonné...
Quand nous dansions ensemble, vous m'avez serré un peu plus étroitement qu'il ne convenait. Mais vous ne gouviez pas parler à ce moment-là, vous comptiez... Auiourü’hui que vous n'avez pas à vous occuper de vos pieds, vous allez
en profiter pour ouvrir Votre cœur.
DAVILLIER. — Mais
JACQUELINE. — Eh bien, fermez ça |
DAVILLIER. — Oh!
JACQUELINE. Jé parle de votre cœur.
épargnez-moi la déclaration. je ne suis pas IéSASC.::
DAVILLIER. — Comme vous êtes désagréable
"avec moi. plus... presque brutale... je Suis très étonné.
JACQUELINE, -— Vraiment !
DAVILLIER. — Quand nous dansions‘le tango, vous vous abandonniez tellement.
JACQUELINE. — Au tango, pas à vous...
DAVILLIER. — Et s’il m'arrivait de vous
frôler dé très près, comme vous le disiez à l'instant, ça n'avait pas l'air de vous déplaire.….
JACQUELINE. — C’est que vous êtes meilleur dans la pantemime.
DAVILLIER, 5 us — Ïh bien, il ne tient qu’à vous.
JACQUELINE.. — OK non, ici, il n'y a pas d'orchestre.
DAVILLIER. -— Quelle jeune fille étrange vous faites |!
JACQUELINE. — Défnissez….
DAVILLIER. — Fleur d'oranger et cantharide….
JACQUELINE Gentil comme mélange !
DAVILTIER. --— Pas mélangé, justement...
alternatif...
on tombe...
Alors, on ne sait jamais sur quoi un érotomaniaque.
JACQUELINE. — - En ce moment, c'est sur un
Dec de gaz 0. : DAviLLtER. -- Hé non ! car d. becs de gaz,
ça s'allume. -
JACQUELINE. -— Allumez- moi !
DavicLrEer. — C'est tout ce que je hot 15
JACQUELINE. — Seulement, vous n'avez pas 'derteu. 5
LY'AVILEIER. = (est ce on vous trompe,
Ah! si, je brûle ; seulement, je y prendre
Jacqueline.
suis maladrdit, 1e ne sais comment Im
avec un petit être délicieux, qui ne à ‘tour
s’oftre et 5e refuse.
JACQUELINE. — Je ne me suis jamais es dites tout de suite que je suis une grue.
. DaviLLier. — Oh non, bien sûr... mais vous êtes pire. ur TACQUELINE. — Ça signifie. ca DaviriiEr. — Ça signifie qu'avec un Corps
très pur, j'en suis ‘certain, vous avez un esprit très averti et que vous vous en Servez. d une façon diabolique. +
JACQUELINE. — Et c'est ce qui vous excite, à l'impur dans le pur ? | , DAVILLIER. — Dame !
JACQUELINE. — C'est propre QU vous au juste de mot ?
DAVILLIER. — Que vous êtes Ja filleule de
Fressenoy, élevée en province et depuis peu.
initiée à la vie de Paris. | JACQUELINE. — Et ça vous séduit d'être l'initiateur.… Vous rêvez avec moi du flirt à l'anglaise, où tout est permis, tout, mais pas ca. :
DaAviLiiEr. — Ah! on est bien mstruit en.
province. \
JACQUELINE. —— Eh bien, non, mon cher, ca ne me plaît pas, ce flirt-là.
DaAviLLiEr. — Il vous faut moins... ou ue ? |
JACOUELINE. — Cherchez. mais pas dé gaftes, hein ! ou vous risquez la “brouille à à mort.
DaviLiiEr. — Eh bien, c'est tout trouvé.
(TI Jui prend la main.) Au fond, Jacqueline,
vous jouez à la pervertie et vous y jouez précisément parce que vous ne l’êtes pas... Aussi, je. vous respecte, vous entendez... je vous FSC
infiniment... (17 l’emnbrasse dans COUP JACOUELINE. — Pas mal, pas mal | 4 Daviriier: == Oui: Vous êtes une vite,
jeune fille et voilà pourquoi j'ai tellement le’ désir de votre bouche et de votre baiser... le: premier peut-être... (11 l’embrasse sur la bouche. ). JACQUELINE, fait ne — Oh ! Re À Voyons |! ‘ (Mais elle se laisse faire. Entre Fressenoy.)