scène de jalousie parce que
SOLANGE. — Oh ! pas toi, j ’ai en toi la plus grande confiance.
FRESSENOY. — httee ÈS :
SOLANGE. — Tu jures ?
FRESSENOY. — Je jure !
SOLANGE. — Mon chéri... (Baïsers.) …
__ PAILLOUX, toussant légèrement. — Y a du monde !
SOLANGE. — Encore ! :
ParzLoux. — Moi ! nr. É HMPFRESSENOY. —— Toi, tu : ne comptes pas,
Pailloux |!
SOLANGE. — Vous avez OUR été le témoin, Vous.
PAILLOUX. — Appelez- -moi voyeur, tout de suite... C’est charmant, comme s'il était besoin dé souligner mon rôle de chandelier éternel.
FRESSENOY. — Tout le monde sait que tu es une lumière, Pailloux !
ParizLoux. — Comme si ça avait l'air intel-
ligent, un homme qui est aimé... Regarde-toi, tu ronronnes, tu fais l’œil blanc, th es srotesqhe tout simplement.
SOLANGE, indignée. — Oh ! Pailloux !
FRESSENOY. — C’est un envieux, il pense :
Pourquoi pas moi, après tout ?
PAïLLoUx. — Oui, je le pense, j’aiune révolte contre cette injustice du sort, je ne suis pas épatant, mais toi non plus, tu n'es pas beau !
FRESSENOY. — Question d'électricité. Sa n'as pas le courant ! ;
SoLANGE. — Vous avez dû tout de même profiter des laissés pour compte.
= ParzLoux. — Même pas. Si, une seule fois, c’est quand il venait de quitter la petite Yette Lambert, du Vaudeville.
SOLANGE. — re Je ne Ja connaissais pas ‘celle-là.
FRESSENOY. — Come tu ne la connais-
sais pas ?.. Tu connais donc les autres ?
4 | PÉPÉ } À + ÿ
SOLANGE. — Toutes, c’est Pailloux qui me F: RESSENOY. — Passons, je te . cen est pas] raconte. et avec les détails. à toi à m'interroger là-dessus.
FRESSENOY. — C’est charmant ! SOLANGE. — Maïs si.
SOLANGE. — Je l’adore pour ça; c’est tou- FRESSENOY. —- Ça ne se fait pas. | jours un peu de toi, tu comprends. : SOLANGE. — Je m'en moque. Oh! mon chéri, | FRESSENOY, — Et ta jalousie; - tu aurais un enfant ! | F:
SOLANGE. — Oh |! je ne suis pas jalouse du FRESSENOY. — Et pourquoi pas ? passé, au contraire. Et alozs, la petite Yette PAILLOUX, à part. — Qu'est-ce qu'il raconte À Lambert ? SOLANGE, — Fille CAT ON
ParLLOUx. — Oh ! rien ! FRESSENOY. — Fille É :
SOLANGE. — Oh ! si, vous avez commencé |! SOLANGE. — Quel âge aurait-elle ?
ParrLoux. — Eh bien ! c'était dans sa loge, FRESSENOY. — Je ne sais pas. He à il m'avait chargé de négocier la rupture. vingt ans à peu près...
FRESSENOY. — Tu faisais ca très bien. SOLANGE, — Et la mère ?
PaArILLOUX. — Fureur, cris, larmes, invectives, FRESSENOY. — Oh ! morte, il ya longtemps... etc... Soudain, elle s'écriè : «Oh je veux le SOLANGE. — Et tu ne fais rien pour. | rendre ridicule, je vais coucher avec vous et FRESSENOY, la coupant. — Dis donc, mor] devant tout le monde... » : chéri, tu n'as que le temps de mettre ton man- :
(Entre le maître d'hôtel apportant le courrier.) teau.. Davillier va venir te chercher... el
Lx MAITRE D HOTEL, —— Voila le courrier ! SOLANGE. — C’est vrai... Eh bien ! ça me fai
SOLANGE. — Enfin |! plaisir. : |
LE MAITRE D’'HOTEL, distyibuant. — Mon- FRESSENOY. — D'aller se la + RES sieur Fressenoy... Madame Fressenoy. + trense: 7... <
PAILLOUX. — Et pour moi, rien ? SOLANGE. — Non, que tu aies eu un enfan! L
LE MAITRE L’HOTEL. — Non, Monsieur. (77 et surtout une fille... Elle doit être jolie. (| sort ; chacun lit ses lettres.) Est-ce que tu la vois souvent ? |,
PAILLOUX, continuant son récit. — À ce mo- : FRESSENOY. — Va t’habiller.. Va t'habiller | ment, nous étions seuls. 1} y avait un divan... SOLANGE. — Oui... Ça me fait tout drôle.
préparatifs. C'était très intéressant... Soudain, elle s'arrête, elle me regarde et elle s’écrie: : — Oh !
FRESSENOY, qur a ouvert une lettre.
comme elle a baissé !
PaAILLOUX. — Hein ?
FRESSENOY. — La livre. Et moi qui avais pris position à la hausse, il faut que je téléphone à Paris.
SOLANGE, — C’ de Ia petite Martinais, elle a un gros bébé, c’est un garçon.
FRESSENCY, ind (fées. — Àh !
SOLANGE. — Et nous ?.. pour quand ?
FRESSENOY. —— Tu y tiens ?
SOLANGE. — Oh ! oui {
FRESSENOY. — Ne sommes-nous pas heureux ainsi ?
: SOLANGE. — Sans doute, mais de toutes nos
relations, nous sommes le seul ménage qui n'ait
pas d’ enfant.
FRESSENOY. — Ça nous distingue !
. SOLANGE. — Un enfant de toi, pense, j'en serais folle, et ca fait trois ans que nous sommes
mariés... Maman m'a dit qu'il n'y a plus d’espoir. ;
FRESSENOY. — Oh ! ta mère !
SOLANGE, — Elle prétend que j'étais constituée pour en avoir quinze |!
FRESSENOY. — C'est-à-dire...
SOLANGE, — Eh bien !...
FRESSENOY. — Oui, elle à l'air d’insinuer
que c’est moi qui ne vaux rien. Heureusement, j'ai fait mes preuves.
SOLANGE. — Tu as.
FRESSENOY. — Hein, Pailloux | Etcomment !
Enfin, ça va, passons !..
SOLANGE. — Tu aurais un enfant ?
Alors, nous, peut-être un jour, N'OSE CC pas ?.… (Elle sort sur un nouveau geste de “EVENE