‹ PépéChapitre 5 sur 167 · scène de jalousie parce que · texte numérisé non relu

scène de jalousie parce que

SOLANGE. — Oh ! pas toi, j ’ai en toi la plus grande confiance.

FRESSENOY. — httee ÈS :

SOLANGE. — Tu jures ?

FRESSENOY. — Je jure !

SOLANGE. — Mon chéri... (Baïsers.) …

__ PAILLOUX, toussant légèrement. — Y a du monde !

SOLANGE. — Encore ! :

ParzLoux. — Moi ! nr. É HMPFRESSENOY. —— Toi, tu : ne comptes pas,

Pailloux |!

SOLANGE. — Vous avez OUR été le témoin, Vous.

PAILLOUX. — Appelez- -moi voyeur, tout de suite... C’est charmant, comme s'il était besoin dé souligner mon rôle de chandelier éternel.

FRESSENOY. — Tout le monde sait que tu es une lumière, Pailloux !

ParizLoux. — Comme si ça avait l'air intel-

ligent, un homme qui est aimé... Regarde-toi, tu ronronnes, tu fais l’œil blanc, th es srotesqhe tout simplement.

SOLANGE, indignée. — Oh ! Pailloux !

FRESSENOY. — C’est un envieux, il pense :

Pourquoi pas moi, après tout ?

PAïLLoUx. — Oui, je le pense, j’aiune révolte contre cette injustice du sort, je ne suis pas épatant, mais toi non plus, tu n'es pas beau !

FRESSENOY. — Question d'électricité. Sa n'as pas le courant ! ;

SoLANGE. — Vous avez dû tout de même profiter des laissés pour compte.

= ParzLoux. — Même pas. Si, une seule fois, c’est quand il venait de quitter la petite Yette Lambert, du Vaudeville.

SOLANGE. — re Je ne Ja connaissais pas ‘celle-là.

FRESSENOY. — Come tu ne la connais-

sais pas ?.. Tu connais donc les autres ?

4 | PÉPÉ } À + ÿ

SOLANGE. — Toutes, c’est Pailloux qui me F: RESSENOY. — Passons, je te . cen est pas] raconte. et avec les détails. à toi à m'interroger là-dessus.

FRESSENOY. — C’est charmant ! SOLANGE. — Maïs si.

SOLANGE. — Je l’adore pour ça; c’est tou- FRESSENOY. —- Ça ne se fait pas. | jours un peu de toi, tu comprends. : SOLANGE. — Je m'en moque. Oh! mon chéri, | FRESSENOY, — Et ta jalousie; - tu aurais un enfant ! | F:

SOLANGE. — Oh |! je ne suis pas jalouse du FRESSENOY. — Et pourquoi pas ? passé, au contraire. Et alozs, la petite Yette PAILLOUX, à part. — Qu'est-ce qu'il raconte À Lambert ? SOLANGE, — Fille CAT ON

ParLLOUx. — Oh ! rien ! FRESSENOY. — Fille É :

SOLANGE. — Oh ! si, vous avez commencé |! SOLANGE. — Quel âge aurait-elle ?

ParrLoux. — Eh bien ! c'était dans sa loge, FRESSENOY. — Je ne sais pas. He à il m'avait chargé de négocier la rupture. vingt ans à peu près...

FRESSENOY. — Tu faisais ca très bien. SOLANGE, — Et la mère ?

PaArILLOUX. — Fureur, cris, larmes, invectives, FRESSENOY. — Oh ! morte, il ya longtemps... etc... Soudain, elle s'écriè : «Oh je veux le SOLANGE. — Et tu ne fais rien pour. | rendre ridicule, je vais coucher avec vous et FRESSENOY, la coupant. — Dis donc, mor] devant tout le monde... » : chéri, tu n'as que le temps de mettre ton man- :

(Entre le maître d'hôtel apportant le courrier.) teau.. Davillier va venir te chercher... el

Lx MAITRE D HOTEL, —— Voila le courrier ! SOLANGE. — C’est vrai... Eh bien ! ça me fai

SOLANGE. — Enfin |! plaisir. : |

LE MAITRE D’'HOTEL, distyibuant. — Mon- FRESSENOY. — D'aller se la + RES sieur Fressenoy... Madame Fressenoy. + trense: 7... <

PAILLOUX. — Et pour moi, rien ? SOLANGE. — Non, que tu aies eu un enfan! L

LE MAITRE L’HOTEL. — Non, Monsieur. (77 et surtout une fille... Elle doit être jolie. (| sort ; chacun lit ses lettres.) Est-ce que tu la vois souvent ? |,

PAILLOUX, continuant son récit. — À ce mo- : FRESSENOY. — Va t’habiller.. Va t'habiller | ment, nous étions seuls. 1} y avait un divan... SOLANGE. — Oui... Ça me fait tout drôle.

préparatifs. C'était très intéressant... Soudain, elle s'arrête, elle me regarde et elle s’écrie: : — Oh !

FRESSENOY, qur a ouvert une lettre.

comme elle a baissé !

PaAILLOUX. — Hein ?

FRESSENOY. — La livre. Et moi qui avais pris position à la hausse, il faut que je téléphone à Paris.

SOLANGE, — C’ de Ia petite Martinais, elle a un gros bébé, c’est un garçon.

FRESSENCY, ind (fées. — Àh !

SOLANGE. — Et nous ?.. pour quand ?

FRESSENOY. —— Tu y tiens ?

SOLANGE. — Oh ! oui {

FRESSENOY. — Ne sommes-nous pas heureux ainsi ?

: SOLANGE. — Sans doute, mais de toutes nos

relations, nous sommes le seul ménage qui n'ait

pas d’ enfant.

FRESSENOY. — Ça nous distingue !

. SOLANGE. — Un enfant de toi, pense, j'en serais folle, et ca fait trois ans que nous sommes

mariés... Maman m'a dit qu'il n'y a plus d’espoir. ;

FRESSENOY. — Oh ! ta mère !

SOLANGE, — Elle prétend que j'étais constituée pour en avoir quinze |!

FRESSENOY. — C'est-à-dire...

SOLANGE, — Eh bien !...

FRESSENOY. — Oui, elle à l'air d’insinuer

que c’est moi qui ne vaux rien. Heureusement, j'ai fait mes preuves.

SOLANGE. — Tu as.

FRESSENOY. — Hein, Pailloux | Etcomment !

Enfin, ça va, passons !..

SOLANGE. — Tu aurais un enfant ?

Alors, nous, peut-être un jour, N'OSE CC pas ?.… (Elle sort sur un nouveau geste de “EVENE

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