s te i ‘es ch (ae
thie, y a rien de fait... mais s’il 4 a sympathie... | s'il y à sym-
ARMANDE, souriani. —- Dame, . pathie.. {Un petit temps.)
POoUCcHE. — Vous êtes mariée ?
ARMANDE. — Je l'ai été.
PoucBe. — Ah !.. divorcée ?
ARMANDE, ent dans un mouvement de
protestation. — Non ! PoucHE. — Vous êtes ?.
ARMANDE. — Veuve.
POouUCcHE. — Ah! zut, alors!
ARMANDE. — Depuis un an.
POUCHE, d’un ton de commisération. — Qu'estce que vous voulez, c'est des choses qui arrivent... faut pas se biler l.… Pauvre petite madame...
manquer | ie ARMANDE, — 4 Ça + quoi, mademoiselle ?
POUCHE. — « Ça », l'amour! A votre âge,
avec ces yeux-là, on sent que vous devez l’aimer, l'amour... Heïn, c’est pas vrai ?
ARMANDE. — Je ne sais pas.
Pouce. — Comment, vous ne savez pas ?
- ARMANDE, confuse. — Je vous en prie, mademoiselle… PouCuE. — Non, sans be. Il ne s’est rien passé ?
ARMANDE, — Si... mais Ce qui s’est pass ce n’était même pas passable….
POUCHE. — Ça ne collait pas ?
ARMANDE. — Je ne peux pas dire. Peut-
être qu'à Ja longue... Mais c'était un timide. Moi aussi, je suis timide... enfin, assez. pas trop !.. Et puis, on se voyait peu. C'était un sportif, un grand chasseur. matin, à l'aube, il partait pour la chasse.
PoucHe. — Maïs après ?
ARMANDE. — Après ?.. Il se reposait des fatigues de la chasse. :
‘PoucuE. — Mais après ?
ARMANDE. — Après ?... Il repartait pour la -chasse.
PôoucHE. — La chasse! Quel baïllot !..
Enfin, quoi, vous n'allez pas rester toute la vie comme ça, enfant de Marie. ou tout comme |
ARMANDE. — Mon Dieu... je ne dis pas que si l’occasion se présentait... de. de me refaire une existence auprès d’un homme qui corresponde à mon idéal... d’un Parisien élégant, connaissant la vie et me la faisant connaître...
POUCHE. — Qui vous ferait voir du pays, quoi !
ARMANDE, — Si on appelle ça « faire voir du
pays », pourquoi pas ? Quand on vient de sa province, on aime assez voir du pays! J'ai tant besoin de vivre, de m’amuser |... Mon rêve, ce serait le mariage imprévu, üun peu roma:nesque, avec un homme que j'aurais étudié, qui m'aurait plu sans qu'il le sache...
PoucHE. — Eh ben, mais faut tâcher de dégoter ca!
ARMANDE, souriant. — J'Y songe. Vous
connaissez beaucoup M. de La Fajolle ?
POUCHE
Depuis un an! Ce que ça doit vous
voir nous acheter nous die un salon de coif.|
pour me charger d’une mission délicate. |
POUCHE. — Moi ? Non, te J'ai jamais vu | ARMANDE. — Comment ! AO a
PoucHEe. — Je suis de par Na Gamir. are | ARMANDE. — Nelly Carin PRES Pouce. — C est une grue. he
ARMANDE. — Ah c’est 7... x Pouce. —— Oh! mais une de ee Hautes
Avec un manteau de léopard et deux affreux] bouledogues.… splendides... pour se promener au Bois... et des chapeaux, ma chère!
C'est une cliente à. moi... enfin, de ma maison... On est copines. RE | ARMANDE. — Vraiment. ?
- PoucHE. — Oui; elle m'a, comme elle dit, trouvé une frimousse, et elle m'a PrOHS de m'aider dans la vie. “| ARMANDE. — C’est très gentil. 132] PoucHE. — Dame, vous savez, ce qu’on gagne dans la mode. avec les frais qu'on a... (Elle regarde ses bas.) Quand on veut se faire une dot... .
ARMANDE, — Une dot ? Lee | Poucne. — Bien sûr. pour m'établir) avec Alfred... mon fiancé, madame {:.. -vir+ tuose capillaire | | ARMANDE, — Ab | POUCHE, vec extase. — Ua une main ado rablei.. ee.
ARMANDE. — Mes Conplinente POuCHE. — Mon rêve, à moi, c'est de pou:]
fure et de beauté du visage. Je n’en demandée pas plus pour être heureuse... J'ai l'honnêteté] dans le sang, madame!
ARMANDE. — Je vous en félicite.
PoucHE. — Alors, comme, de ce moment | mon Alfred travaille en saison à Deauville:} j'en profite pour voir des messieurs. 1
ARMANDE, suffoquée. — Des ???
PoucH£. — Ben oui. rapport à ma doti.
ARMANDE. — Ah!... ah! ouil!.
PouCHE. — Quoi, c'est pour le bon motif !..
Tout justernent que mam'zelle Gamin es!
débordée... avec son prince, et puis les étran K gers, le casuel... y en a. Yen a... qu elle ne sai} plus où les mettre ! Alors, ele m'envoie de temp} en temps à sa place, par- ci par-là... en extra | Ë ARMANDE. — Oui, je comprends E k M. de La F Fajolle faisant partie, sans doute | | des amis de Mile Gamin, vous venez ici | pour ?.… enfin, pour. …. én EXTTA ?
PoucEE: — Ça, jen sais rien, ARMANDE, — Comment de PouücHE. — Non, ma parole! Tout ce quil le sais, c’est qu'on me donne trois mille franc
ARMANDE, très iniyiguée. — Une missioi délicate !... Qu'estce que sa peut bien être |
PoucHE, — D'abord, j'ai cru qu'on allai me demander des machins et des trucs ext ordinaires, avec des aiguilles et des {ourchettes! comme c'est que Ça se fait au. Grand- Gui :Y a des types si bizarres, vous savez
ee | 9 4 ne faiblissant. — An ! si vous me sprenez par Alfred! ue :
. ARMANDE. — Vs n’y perdrez rien, Au.con. 4 Cour ! Je n'ai pas sur moi la somme que l'on EAN en: ne one -VOuS.a promise... (Otant une bague de son doigt je us. —+Eh ben... (S'inéer- . et la lui tendani) mais je crois aie ce abechor Entre mous, Her 2 7 là vaut bien. ie DE. — Mais. oui !.. Allez! in Pouce. — Oh! madame.. -on est entre $ E. — Eh ben, paraît : qu'il s'agit de amies! Non, je vous en prie... NA SO il e espèce de tourte... une dinde du... ARMANDE. — Si, j'y tiens. Prenez. pour Re nt qu'on «m'a dit, déjà ?.… ‘une dinde la dot! a A une dinde du ‘Léngnedoc ! | . Pouces, acceptant. — Alors !.. . C'est. PASSOUS NDE, sn Hein 2: . Ab! vent qu il vous tombe trois. till e balles Tien Tnt que,pour.…. ne Le . Merci, madame. de
< ARMANDE. Merci, mademoiselle !... Et surtout, pas un. ns à qui que ce soit. pat :
Poucxe. —,Tu parles ! FU TE, e ARMANDE. — Même pas À D eo PoucHE. — Même pas à Alfred | ÆARMANDE, da poussant. — Allez. Allez | NDE, avec exallation. — Caen, PoucHE. — Oui...-oui.. (Voix au dehors de : 1e ga peut me faire 2... Ça peut me faire ARMANDE. — Oh! quelqu'un Î... | c'est moi, la dinde! oct PouCHE. — Chopées | ee PoucHE, stupéfaite. — Vous ?... ARMANDE, — Non! Tenez, voilà mon petit 2 fANDE, — Oui, vous.ne pouvez pas com- livre. C'est vous la dame quêteuse…. l'œuvre je: comprends, moi, ça-suffit l.. Ce de Sainte Gertrude... es en de: chanaine n'a pas pu tenir sa à langue, Pouces, prenant le livre. — Compris ! bleu ! L'autre a tout su... | ro :
UCHE. — (L'autre ?.. Le SCÉÈNE VIII- ë s ; IMANDE. — Ce La. Fajolle | Et il veut me 7 IS re ne - (Reven ant sur Pouche.) Mais, qu'est-ce - Les MÊêmess, BRIDIER, WILLIAM ur veut dire, #4 me: rouler ? RE is BRiDIER, entrant, à William. — Comment, il est sorti! C’est bien le moment ! Je lui avais ANDE. — ie m'en doute ; mais comment? dit. (A la vue d’'Armande ei de Pouche. Tiens, Ras | CHE. —- Ça, on ne m'a pas dit. il y à deux dames ? : ee . ARMANDE. — Oh! il faut que je. de . WILLIAM. — Ves. Mais c'est pas le HRÉMES Le +! vue coup.) Mademoiselle Pouche ? l'un que l’autre. > Se POUCHE, — Madame ? BriprEr. — Bon. Ça va. Laissez-nous. ia RI LANDE, | hésitant, à elle-même. — Non, WäzzraM. — Right, sir. (Ii sort.) | . (Avec exaltatior.) Ah! tant pis! BRIDIER, salue respectivement les deux femmes, ” Voulez-vous me rendre un grand puis, allani à Pouche. — C'est vous, sans doute, mademoiselle; qui venez de la part de Mlle Nelly | HE. —— Je veux bien... mais qu'est-ce Gamin ? | € jepeux bien. faire pour vous ? POUCHE, vivement. — Non, monsieur, non, INDE. — Allez-vcus-en | Fe monsieur | SR Re ea Rois HE — Quoi? < BRIDIER, étonné. — Ahl Mo MANDE. — Oui, cédez-moi votre er , ARMANDE. — C'est moi, monsieur ! Au us voulez me rouler, monsieur de La BRIDIER, . comme . précédemment. —. Ah ?... Vores C'est ce que nous allons voir! (4 Pouce. — Moi, 1e viens de la part de Sainte ne Alors, c’est dit. Vous voulez bien? Gertrude! ne E. — Mais... | BRiDIER. — Plaît-il ? ë ie Dot MANDE, — Je vous en supplie... Sivous , Pouce, rectifiant. — De l'œuvre.des Purie 16 combien cette affaire me tient pilles de Sainte Gertrude... (Rapide. see QUES ES He au livre) à quia-pour,but... de... de.» :
CHE. — Je ne Lu. pas ; mais-enfin, c’est BRIDIER, l'inlerrompani, lout en. D SOA. US de même un peu raide, ce que vous me portefeuille. — N'eût-elie d'autre but que de à nous envoyer des quêteuses à votre image, il “nue Soyez tranquille, je n'abuserai faudrait la soutenir, cette œuvre, elle le mérite. +4 tre mom... D'ailleurs, je ne le garderai Voici cent francs, madame, pour vos jolies pu- Fe MODS, pilles.. car je n’ose dire pour vos beaux Heure Tr — Oh | je. pense. bien ; mas. = (Il lui remet un billet de, banque.) - ne ss ie tie ee a: pour moi ? Poucxe, de. prenant, sur un signe d'Armande. RSS
ou Oh! 1 monsieur |.. te SE
10 ci nie ne a
BRIDIER, lui vemetiant un second billet, — Et
en voici cent autres au nom de mon ami La Fas’il était ici, se ferait certainement
jolle, qui,
un plaisir.
PoucHE. — Comment, vous n'êtes donc pas M. La Fajolle ? ;
BRiDiEr. — Non. (Se présentant.) Bridier.… Jacques Bridier.
PoUCHE, inscrivant. — Ah! Bien. Vous
n'avez pas d'autre ami ?
BRIDIER. — Pas sur moi. Je regrette.
Pouce, — Moi de même! (Gliesant dans le livre les deux billets.) Croyez, monsieur, à toute ma reconnaissance. + BRIDIER. — Ne parlons pas de ça. (17 va sonner. Pendant ce temps, Pouche passe vivement à Aymande le livre que celle-ci fourre dans son
sac. Renitre William. Bridier, lui montrani Pouche.) Reconduisez madame.
POUCHE, saluani, femme du monde. — Monsieur !... (À Armande.) Madame.
ARMANDE, @uec une révérence exprès un peu gauche, à la manière de Pouche. — Madame !.….
PoucHE, à Bridier. — Merci pour Sainte Gertrude ! {Elle sori, suivie de William et accomee jusqu'à la borie bar Bridier.)