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SCÈNE IX

ARMANDE, BRIDIER, puis LA FAJOLLE

BRiIDIER, vedescendant. — C'est une quéteuse pour messieurs seuls ! (Allant à Armande.) Eh bien, causons, maintenant, mademoiselle.

mademoiselle... comment donc, déjà ?

ARMANDE, — Poche, BRIDIER. — C'est ça, mademoiselle Pouche. ARMANDE. — De chez Suzanne frères, place Vendôme... Monsieur connaît bien la maison ?

BRIDIER. — Certainement, certainement. Je

vais vous mettre au courant de la situation et vous dire pourquoi je vous ai fait venir.

ARMANDE. —- Commenti Je croyais que c'était M. de La Faiolle ?

BRIDIER. — Ça revient au même. Je suis

son meilleur ami. Il ne fait jamais rien sans me consulter, surtout dans les moments critiques, comme celui-ci. Parce que La Fajolle, c’est un charmant garçon... mais, entre nous, pas tres, 2 |

ARMAND, #iunt, — Oui. ce n’est pas un as!

BRIDIER, l’observant. —- Gentiile |... Le nez, surtout, est amusant, avec ce petit rien de retroussé. Tournez-vous un peu.

ARMANDE, a étonnée. — Oui, monsieur.

BRIDIER, comme précédemment. — La ligne.

pas mal du tout, ia ligne... Vous devez avoir un joli petit corps, vous, hein ?

ARMANDE, inierdite. — Mais. je ne sais pas, monsieur | BRIDIER. — Comment, vous ne savez pas!

On a dû vous le dire... et souvent ! x ARMANDE, vivement. — Oui, oui, oui! Oh!

: je crois bien qu’on me l’a dit le et souvent \|

C’est... pour demander ” que vous mo ave fait venir ?

BRIDIER. — Non. C’est le peintre qui parle. | ARMANDE, s'envelobpani de ses ee — Ab] | vous êtes peintre ?

- BRIDIER. -— Mais ÿ n’est pas question c| peinture pour le moment.

ARMANDE, vassuvée. — Ah | bon!

BRIDIER. — Voyons. Vous êtes, je pens| mademoiselle Pouche.. malgré votre petit a comme il faut. peut-être un peu trop poil.

l'emploi.

ARMANDE. — Ah ?.. un peu trop Des BRIDIER. — Mais ce n’est pas plus mail, «

y réfléchissant... au contraire, ça donne «| sérieux à la chose. Vous êtes une petite femnik, à la coule ? |

ARMANDE. — A la coule ? SLR je BRiIDIER. — Enfin, dessalée ? S:226€ ARMANDE. — Dess ?.. (Vivement.) Oh!

crois bien, monsieur { Si je la suis, dessalée ![\ Ah ben! comme dessalée.. on ne fait PI mieux !

BRIDIER. — Discrète ?

ARMANDE. — Oh! ça, quand 1 faut.

Bouche cousue ! (S’asseyant 4 de lui dans ul j athiude très attentive.) Alors ?

BRIDIER. — Alors, il s’agit, en deux moll de faire couper mon ami La Fajolle à un Lu |

riage qui lui est imposé... | Me ARMANDE, avec une nuance d’ircnie. — Vr| è ment ?.….

BRIDIER. — et dont il ne veut entente] 4 parler à aucun prix. | fe:

ARMANDE. — Faut croire que la 4 futur L n’est pas son type ?

BRIDIER. — Il ne l’a jamais vue.

ARMANDE. — Alors. pourquoi ne veull pes entendre parler. à BRIDIER. — Mais... pour des raisons...

ARMANDE. — Des raisons ?... fix BRiIDIER, — Enfin, des raisons sur iesquey, vous me permettrez de ne pas appuyer... |}.

ARMANDE, involontairement. — Ah BRIDIER. —- Quoi, &h ? | Lin ARMANDE. —, Rien, monsieur. N° appuy % pas, monsieur | Alors ? We m BriDiEr. — Alors, que diriez-vous di, voyage à Cabourg ? lent ARMANDE, sursautant. — À Cabourg ?.… Pa) vi quoi faire, à Cabourg ? Mi BRiviERr, à La Fajolle, que entre en cout Mn vent. — Te voilà, toi, enfin ! We LA FAJOLLE. — Oui... figure-toi que ce vil

de Piédagne m'a fait faire le tour des lacsill dk, BRIDIER. — Il s’agit bien du tour des lac:}| | Bip

Je te présente Mile Pouche.…. nt; LA FAJOLLE. — Ah ! Mlle Pouche | | BRIDIER, continuant. — Ta HAE Mon.

LA FAJOLLE. — Hein ? ‘A BRIDIER, à Armande. — Le vicomte Ga

de La Fajolle, votre amant. js ARMAND — Mon... mon... vous dites ? HA |

— Mais tuesfou!

, remontant vers la porte. — Ah t ça, a mission délicate !.… la reienant. — Attendez,

as question de. enfin, tous les deux...

ee. connaîtrel Mon Dieu, qu'ils ont

it mal tourne, ces gens-Hà !..

. Votre a … de paille!

— Attendez} (4 La Fajolle.) que tu veux ? Rester garçon et ne

MANDE. — Non 2...

D — Comment, non. Sid üve, c’est qu’elle vient à Cabourg... pour rver, incognito | MANDE. — Ah!

: doit venir à Cabourg ?

ar

Parbleu !.… L'autre arrive ; trouve installés, cœur à CŒUT..

se Pie la face et elle fiche le camp sans ander son reste.

fANDE, ironiquement. — Ah ! la pôvre !.….

DIER. — Eh bien, qu'est-ce que vous dites on idée ?

M. NDE, jeignant l'enthousiasme. — Epa- Ah! on voit bien que vous êtes un . Mais si, pe basard, l’autre, 2 poire,

au monde... Ain Personne au ne doit être au courant de la combi-

> POuCHE à on

R sacreand je dis : « Amant, maîtresse », il

Ta mat-

païce que vous savez

nous ne pouvions pas mieux tomber.

il s’attendrit...

SAIT La FAJOLLE, vivement, — Et Cécile ?.

BRIDIER, (ar — On le préviendra, bien entendu. e ARMANDE, d part. — Cécile ei BRIDIER, bas à La Fajolle, Armande. — Chut!

en montrans

LA FAJOLLE, réfléchissant. — Oui, oh! évidemment, c'est pas bête. (Toul à coup.) C'est sthpide "2 #3

BRIDIER. — Pourquoi ça ?

La FAJOLLE. — Et papa ?.. Ça va faire du joli, avec papa! car tu penses bien que le

premier soin de... la jeune personne... va être.

de me dénoncer ià-bas comme un Sardana-

pale |

ARMANDE, souriant. — C'est possible, en effet.

LA FAJOLLE. — C’est sûr !

BRiprer. — Et so ?. Tu crois que je n'ai pas tout prévu ? Il est furieux, ton père,

L te maudit !...

LA FAJCLLE. — Alors ?.…..

BRIDIER. — Alcrs, tu cours te jeter à ses pieds, tu implores humblement ton pardon,

tu sacrifies noblement Pouche sur l'autel du respect filial.. Le sacrifice n’est pas “on dur.

ARMANDE. — Oh ! non !

BRIDIER, continuant, — Tu pleutes, il pleure, tu lui jures que la prochaïne fois tu te soumettras à sa volonté, il t'embrasse. et la prochaine fois, ton ami Bridier aura encore une autre idée | En attendant...

LA FAJOLLE, ravi, — En attendant, la Poulinguin s’est cavalée |

ARMANDE, furieuse. — La Poulinguin !.….

BRIDIER, à La Fañjolle. — Tit, ttt.….

LA FAJOLLE. —- Quoi ? (4 Armande.) Ça ne vous dit rien, la Poulinguin ! -

ARMANDE, souriante. — Ça me dit, probable.

ment, le nom de la dame en question.

LA FAJOLLE. — Eh bien, oui, là! Vous

l’auriez toujours su un jour ou l’autre, D’ ail-

leurs, ça doit rester entre nous, hein ?

ARMANDE. — Oh ! cela va sans dire!

LA FAJOLLE, avec imporiance. — C'est la marquise de Poulinguin !

ARMANDE. — La dinde !.…..

La FAJOLLE. — C'est ça. (Homme du monde.} Quand je dis : « c ’est ça »… dinde, le terme est peut-être un peu...

ARMANDE. — Enfin, ee qu'il s’agit de dindonner |

BRIDIER. — Voilà |!

ARMANDE, souriant. — Et c'est à moi he vous vous adressez pour...

BRIDIER. — Eh bien, oui. Il me semble que

ARMANDE. — Ah! quant à ça! Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point vous tombez bien ! (Eclatant de rire.) Et on est pe par-dessus le marché !

LA FAJOLLE. — Ça vous fait rire ?

BRIDIER. — Pardi! Les femmes, toutes les mêmes : rien que l’idée d’en mystifier une

‘isé cache...

POUCHE i

ee Us “et regardez- moi, tout de suite, si- c'est | content | ARMANDE, avec ne — Eh bien, oui, là re

oui, ça m'amuse de voir sa tête. et la vêtrel

Bripier. — La nôtre? s * ARMANDE. — Quand VOUS or route BriDier. — Alors, on peut compter sur vo us ? ARMANDE. — ab sur moi, monsieur

Bridier, comptez sur moi |... Justement, cette:

année, j'avais une envie folle d’aller à Cabourg ! LA FAIOLLE. — Comme ça se trouve!

j'irais. : pour ça!

BRIE. — C'est la vie!

ARMANDE. — Voilà, c'est la vie. Seulement,

il ne faudrait pas que ce soit pour toute la vie!

BRIDIER. — Comment ?

ARMANDE, — Dame !... Parce que, cette personne, vous ne la connaissez pas. Alors, com

ment ferez-vous pour la reconnaître ?

ARMANDE. Te. Mais si on m'avait dit que

LA FAJOLLE. — C'est hi l. (4 Bridier.)

Tu n'avais pas pensé à ça!

BRIDIER, iant. —- C'est l'enfance de l'art.

- ARMAND

Briprtr, — Oh! celle-là.

être très roublarde | ARMANDE. — Qui sait ?

BRIDIER, #anquillèment. — Je m'en charge.

La FAJOLLE. — Comment, toi ! Tu viens donc

Elle ne doit pas

| avec nous ?

BRIDYER. — Oui, mon vieux.

LA FAJOLLE. — Et Florence ?

BRIDIER. — J'ai retardé mon départ de deux

“jours, pensant Dien que tu aurais encore besoin

nir

— flair m'avertira et je vous crierai :

de moi, une fois là-bas. Je viens d'aller préve- . Nous partons demain tous les trois.

LA FAJOLLE. — Quel ami! >

ARMANDE, d Bridier. — Deux jours. Et vous croyez que Ça vous suffira ?

BRIDIER. — Oui. j'ai mon flair... un flair

qui ne me trompe jamais ! Quels que soient l'heure et le lieu, en présence de la dame, mon (Avec force.)

eLa'voilà 1...»

ARMANDE

E, — Vous croyez ? Une femme qui

sursaute lérètement, puis, avec

un: pointe de céfi. — Eh bien, nous verrons | BRIDIER. — Quoi ? nous vetrrons ?

ARMANDE. — Oui, je dis : « Nous verrens »!

On a bien le droit de dire : « Nous verrons »:..

{La porle s'ouvre,

el Piédagne, costume d'auto, paraît,

en superbe

suivi de Cécile, également

en lenue de route. Bridier, d'un geste ratidë,

invité Aymande à enirer dans

#ôle.) SCÈNE X.

LES MêmEes, CÉCILE, PIÉDAGNE, PUIS WILLIAM PIÉDAGNE, introduit pars William, entrant,

de pouce aux lèvres comme l'embouchure d'un

slairon, et chantant, sur l'&ir de :

« Soldat, lève-

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