SCENE VI
BRIDIER, ARMANDE
- ARMANDE. — Tiens, vous êtes seul ?
BRiDIER. — Oui, vous arrivez bien. J'ai à vous parler. k
ARMANDE. — À moi? Je vous écoute.
BRIDIER. — Eh bien, voilà. Je...
ARMANDE, a — La pete Cécile s’est envolée ? |
BRIDIER. — Oui, Elle est allée re un tour.
Te D SR ae DA en date ARMANDE. — Avec Tonton, naturellement!
BRiDIER. — Oui, oh! vous pensez ‘bien que ma
ça ne va pas tout seul, avec Tonton ! Elle est.
furieuse |
ARMANDE, l'air innocent. — À cause ?
BriDier. — Comme si vous nelesaviez pas |...
Après toutes les blagues que vous êtes allée
lui raconter |
ARMANDE,, come précédemment. — Quelles blagues ?
Bripter. — Les e confidences »!... Vous... et
Gaston. les nuits d'amour. enfin, les blagues !
ARMAND®E. — Et qui vous dit que ce sont dos blagues ?
BRIDIER, saisi. — Quoi ?
ARMANDE, — Est-ce que vous savez ce qui se. pass:, quand vous dormez ?
ÉRIDIER, pressant, — RE Où est- -ce qui se passe ?
ARMANDE, riant. —- Oh | bez, tout de même...
Vous avez beau être en hois, vous. tout de
même... vous ne voudriez pas qu’une petite.
femme pas trop mal balancée, comme Ça, pendant huit jours, auprès d’un homme... enfn, d'un homme qui. d’un homme, quoi. A.
force de se gratter ls nez... Pfft !.. on éternue
= BRIDIER, brusquement, -— C'est pas vrai!
ARMANDE. — C'est pas vrai ?
BRiDier. —- Je le saurais ! Gaston me l’aurait dit! i ARMANDE, anquillement, — Ça vous regarde?
BRIDIER, démonté. — Non...
ARMANDE. — Alors ?.… (Ux petit, lemps.) C'est drôle. On ne que ça vous fait quelque chose.
BRIDIER, crâneur. — À moi ? Qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse: ?
ARMANDE, quec un pelii sourire. — Evidem- ment | | BRIDIER, soudain bon enjanit. — Alons,. vous êtes en train de me faire marcher !
ARMANDE, #rianñt. — EE ben, oui, là ! :
BriDiEr. — Ah. aiors, c’est pas vrai ?..
C'est vrai que c'est pas vrai ?.
. ARMANDE, sincère. — Parole L.
BRIDIER. — Alors, c’est uniquement pour
la faire enrager que vous avez raconté à Mme Piédagne ?.…
ARMANDE. — Oui. Je Ja, Het cette femimelà |! Te m'étais promis dès le premier jour de la brouiller avec Gaston.
BRIDIER. — Ah! ah! voilà! Vous êtes . jalouse !
ARMANDE., -— Moi ? De qui donc ? É
BRIDIER. — ie de Gaston | nr.
ARMANDE, -- Jalouse, moi, de Gaston ?
de ce bâton de cosmétique, de ce sucre d'orge à la brilantine ?
BRIDIER, souriant et approuvant. — Pas mal... pas mal... (Rcprenant.) Mais alors, si vous n'êtes pas jalouse de lui, je re comprends plus |
ARMANDE, — Vous ne vous rappelez pas... à Paris ?..… La oremière fois que la Piédagne m'a . c’ a été D
- de l'amour.
que feriez-vous ?
ur se fiche de ma robe...
pour une ie vieille d. huit jours, que venez d'allumer ce pétard ?. ts
ARMANDE. —— Mettez que er ‘une au idée en tête. . que c’ était pour + de-sav quelque. chose. ;
BRIDIER. — Onot. ? Quelle chose ?:
ARMANDE, — Oh ! si vous croyez, mon p que je vais vous prendre pour confiden Ça vous amuse trop de vous moquer des femm vous les traitez beaucoup trop légèrement C’est fatal, quand: On a, comme vous, le mépi
BRiDtER. — Pardon, ïe ne épeo l'amour. à faudrait s ‘entendre. Ce nie . ne Pi
er — C’est Di ce que je dis vous n'êtes pas capable d'aimer sérieusomen BripiEr. — Ça, vous n'en savez rien...
moi non plus, d'ailleurs: Mais ce que je sa bien, c'est que je ne veux pas | cn ARMANDE. — On dit ça | BRIDIER. — Je suis sûr de moi.
ARMANDE, — Sait-on jamais ?.. Si ça.
prenait, un beau jour... Si une femme ve à vous plaire. un peu plus qu’une au
BRiniEr. — La cour à l'autre... tou suite! Et vous... si ça vous prenait...
feriez-vous ? AS | 4
ARMANDE. —— Oh | moï!... Je nesais pas, :
{Pensive.) Je n'ai jamais aimé. =
BRIDIER. — Ah. |
ARMANDE. — À quoi pensez-vous ? à
BRIDIER. — À rien... une ne a en ce moment dans votre regard et dans) paroles quelque chose qui contraste... si. ' lièrement... avec vos allures habituelles... v
persiflage, votre petit air frondeur!
comme s’il y avait en vous... deux ferimes ÂÀRMANDE, éressaillant. Quelle idée:
(Coupani court.) Mais, au Es vous aviez que chose à me dire.
BRIDIER. — Ah! oui l’au fait.
ARMANDE. — Alors ?
BRIDIER, érès embêlé. — Alors, j'ai à
dire, mademoiselle Pouche.… (Conme ?
son: élan. ) J' ai à vous dire qu'on n'a ee de vous ici |
ARMANDE, saisie. —— Quoi ?
-BRiDïERr. — Voilà.
ARMANDE, — Ah! Alots… on me fc la poite ! Ë :
BRIDIER. — Voilà... (Vivement,) Oh!
porte... non... pas précisément |. ss ARMANDE. — Mais il y a de ça! (R comme étouräie.) Ah |! ben! Ah ! ben !..
BRIDIER, l’observant. — Mais... c'est.
on dirait que ça vous fait quelque: chose!
ARMANDE, vivement, —- À moi ! Qu'est-ce vous voulez que ça me fass sse: ?.. * Ça m 2 za
= me ee A
ga m' est. égait ee
| NDE. nn - C'est vrai, ie m'amusais ici. {z
près ment. cs que nous un «causé s nous prendre aux cheveux | Oui, j'aurais me. a 4e ça cachait quelque jose | à Re L DIER, sincèrement, comme sans le vou- — Mais croyez bien que ie suis désolé, contraire...
por. — r Désolé, us ou Vous
arrange ! vous êtes
bien trop pour Florence |! :
D de
RMANDE, | comme précédemment. — Seulec'est l’ordre :de Cécile. (Fraphant du
oi g sur un guéridon.) Car ça ne peut être
! je me suis fait mal!
IDIER. — Ne vous emportez pas, voyons...
e sont nee ! a vous emmère iCl..
Pd Î oui !
es T-
ant, — is -voilà,
6 fe
R, continuant. — ce plus jamais !
“4 avec iniention. —- Vous dd 2
et qui n’arrivera
is ARMANDE,
+: cette agitation, cette vie Si
RIDIER. — ue moins que vous ue
coup de Cécile, ça ! (Se frotiant le poing.)
te Pouche. . Rappelez- vous comment les
. Cabourg (Calvados).
comité en ‘ êtes sûr? | BRIDIER. — Pourquoi me ah es-vous ça ?
AÂRMANDE, LE moe das — Parce qu ‘elle est ici.
-BRIDIER, sursautant. se CD
i El PR ARMANDE. — En Dernanot ae BRipigr. — La marquise ici? Vous êtes folle ! ER ARMANDE, —— Je l'ai vue.
BRiDIEr. -— Vous l'avez vue ?.
ARMANDE, — Comme vous me voyez |
BRIDIER. — Oh! par exemple ls exemple SCÈ: NE V 1h Les Mêmes, LA FAJOLLE, CÉCILE
LA FAJOLLE, entrant, suivi de CÉR
bien ?
La FAJOLLE. — Qui ca ? NAT BripiEr. — La Poulinguin! , La Fayozre ET Cécile. — Hein ?...
BRiDiEr. — Pouche l’a vue!
LA FAJOLLE, à Armande . — Ce pes ee | possible.
Vous ?.… ARMANDE. — Mon Fu OUL.
“CÉCILE. — Quand ? à ARMANDE. — Cet après- -midi. RARE LA FAJOLLE. — Où? : # ARMANDE. — Chez Jacqueline, la coutu.
rière. Elle se commandait une robe pour le
bai de ce soir, au Casinc.
: BRiDIER. — Comment l’avez-vous reconnue ?
ARMANDE. — Quand elle a donné son nom
à la caisse... assez mystérieusement, d’ailleurs! — Et vous ñne nous avez rien
LA FAI OLLE.
dit ?
rh — Pardon, c ét pas mon bou-
. (Monirant Bridier.) C'était celui de monsieur, n'est-ce pas ?
— Vous aa
ï Quoi ne É
Ont pur
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BRIDIER, vivement. — paraît a *elie est ets |
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