POUR
La FAJOLLE, même jeu. — C'est moi, monsieur.
ALFRED. — C'est bien monsieur qui est ici
avec Mile Pouche ?
LA FAJOLLE. — Pourquoi me demandezvous Ça ? À
ALFRED, — Vous allez le savoir. Virtuose capillaire, ainsi que ma carte a dû vous l’apprendre, et pour le moment en service à Deauville, je m'excuse de me présenter à une heure aussi tardive ; mais je ne suis qu'un prolétaire, moi, monsieur, et j'ai dû, pour venir ici, no. | la fermeture de la boutique.
LA FAJOLLE. — Vous êtes tout excusé, monsieur... mais je suis un peu pressé. Allons au fait !
ALFRED. — J'y arrive. — J'étais ce matin à mon travail, en train d’accommoder la tête
d’un de vos amis... M. Pied... Pied... pied de quelque chose. :
LA FAJOLLE. — Dagne.
ALFRED. — Dagne ?
LA FAJOLLE. — Piédagne ?
ALFRED. — C'est ça, Piédagne... quand un autre client s’'amène : 4 — Tiens, Piédagne !.… Vous ici! — Non, pas précisément ici, répond
M. Piédagne, nous sommes à Cabourg avec le vicomte de La Fajolle. — Ah! dit l’autre!
— Oui, répoid M. Piédagne... même qu'il & amené avec lui une petite avec laquelle il ne doit pas s’embêter ! » Moi, je prête l'oreille. C’est toujours farce d’entendre parler de ces choses-là.…
LA FAjOLLE. — Mais, monsieur...
ALFRED, reprenant. — 4 — Ah! dit l’autre.
— Oui, répond M. Piédagne... une petite modiste de la place Vendôme... (Geste 1magé) avec des... du... et de la... unenommée Pouchel » A ce nom, mes ciseaux frémissent, et j'ai le regret d’entamer le lobe gauche de M. Piédagne !
LA FAJOLLE. — Ah! c’est donc ça!
ALFRED, sévèrement. — Eh bien, qu'avezvous À répondre, monsieur le vicomte ?
LA Fajorre. — Mon Dieu. que c’est fàcheux pour le lobe de Piédagne…. mais je ne saisis pas bien le rapport.
ALFRED. — Le rapport ? Le rapport ?.….
(Avec éclat.) Le rapport, c’est que Mile Pouche, modiste place Vendôme, n'est autre que ma future, monsieur |!
LA FAJOLLE, sursautant. — Votre
ALFRED. — Ma future, en quique j'avais confiance en elle, et que pendant que je m’échinais à me décarcasser pour gagner Ge quoi monter notre établissement de beauté du visage, la petite coquine me faisait cocu !.. d’avance !.. Encore, après. c'est normal. mais d'avance,
monsieur, d'avance !…
LA FAJOLLE, cherchant à éluder. — Je ne sais pas ce que vous voulez dire, monsieur... |
ALFRED. — Vous niez, parbleu, c’est votre’ devoir de gentilhomme! Mais moi, j'ai beau
n'être qu’un prolétaire, je ne mange pas de ce pain-là, monsieur!…, Où est- elle ?
ment.) Maisalors…
. Fe | POUCRE . Se us
TA FAJOLLE.
Parlez moins fort!
ALFRED. — N'essayez pas de me. Gone le
change. Où est-elle, la misérable, que je la.
mette face à face avec sa honte ?.. Il ÿ a eu d'autres entailles depuis ce matin, monsieur
le vicomte, sans compter celle que vous avez faite à mon honneur, et il y en aura d’autres
encore | LA FAJOLLE, à pari. — Li est terrible ! } (Hauë.) Ecoutez, monsieur.
“ALFRED, Sans T'entendre.
(Entre Armande.) LA FAJOLLE, à pari, à la vue hub. —
— Où est-elle ?.….
Elle !... Saug du Christ ! (14 se place rapidement
entre elle et Alfred.)
ARMANDE, — Pardon, mnsieur…
AIFRED, saluant. — Madame...
ARMANDE, à La Fajoile, qui veste sidéré. — Je venais chercher la Vie Parisienne. Je vous
laisse, (Elle prend la Vie Parisienne sur le guéridon et revient vers sa chambre.)
ALFRED, resaluant. — Madame.
ARMANDE, #nême jeu. — Monsieur... (Elle
enire dans sa chambre. Un silence. La Fajolle
regarde Alfred, qui suit des yeux Armande.
Nouveau silence. Alfrea regarde La Fañjolle qui
titube de stupétaction.)
LaA FAJOLLE, n’en vevenant pas. — Ah}...
c'est. c’est tout ?...
ALFRED. — Plaîft-il, monsieur ?
La FAJOLLE. — C'est... tont ce que.
aviez à lui dire ?
ALFRED. — Jene comprends pas. À quif
LA FAJOLLE. — Mais... à Pouche |
ALFRED, — Où prenez-vous Pouche ?
LA FAYOLLE. — Mais... cette dame |
ALFRED. — Pouche, cette dame ?
La FAJOLLE. — Dame!
ALFRED, haussant les épaules. — Pouche!
LA FaAjoiLEe. — Pas Pouche ?,. (Vrolemqui? qui, si pas Pouche ?.… — ÆFnfn, monsieur, qu'est-ce que