‹ PépéChapitre 8 sur 167 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

LEs MÊMES, MoINSs MME JEANNEROT

FRESSENOY.

— Cela va vous faire attendre encore un peu plus longtemps, mon pauvre Davillier. ip

DaAViLLiER. — Oh ! rien ne presse !

FRESSENOY. — Bien sûr... À quelle Hô rentrerez-vous ?

DAVILLIER. — Pour le dîner, je suppose.

FRESSENOY. — Oui. A ce propos, je crois que vous ne réussirez pas dans votre entreprise.

DAVILLIER. — Quelle entreprise ?

FRESSENOY. — Oui, vous avez une opération en vue, ça ne marchera pas.

DAVILLIER. — Je ne comprends pas !

FRESSENOY. — C'est bien simple... Vous

faites la cour à ma femme... Eh bien ! c’est en pure perte, ça ne rendra pas... affaire à laisser

tomber.

DaAVILLIER. — Mon cher Fressenoy, je ne sais comment ie dois prendre la chose !

__ FRESSENOY. — Vous n'avez aucune chose à

prendre, c'est ce que je me tue à vous dire... DAVILLIER. — Je suppose que vous plaisantez.

PaILLOUx. — Bien sûr, il plaisante.

FRESSENOY. — Mettons que je vous fasse, en plaisantant, profiter de l’expérience que j'ai des aventures.

DAVILLIER.— Je sais que vous avez l’expérience... Je l'ai appris à mes dépens.

FRESSENOY. — Pas possible !

DAViLLiER. — Vous vous souvenez de Clo- Clo ?

FRESSENOY, vague, cherchant. — Clo-Clo..

DAVILLIER. — Oui, ça n’a pas marqué pour

vous !

rappelle. el

bien sûr, c'était une auto de Lure mais de QuSe [|

avec vous, et pas pour de l'argent ; non, c’est}

signifie rien. Les hommes se divisent en deux}

= d - Re 2 #c

PAILLOUX. — Clo- Clo.. Attendez que ie me | FRESSENOY, à Davillier. — Alors, consuitez | le répertoire. ze ei] ParLzLoux. — Une petite brune, avec un nez | en l'air et une Poe qui suivait la même direction. À © DAVILLIER. — Oui, des seins superbes. . | FREssENOv. — Et des cheveux. . des quan- | tités de cheveux, elle en avait même un dans || la bouche. elle zézétait délicieusement. | Mais Clo-Clo, mon cher Davillier, appartenait | à la circulation. je | DAVILLIER.=— Jel'aimaist 4 00 FRESSENOY. — Ce n'était pas un taxi,

tout de même.

DAVILLIER. — re l’aimaï:, et elle m'a bros dl

vous qui étiez le gigolo, et vous aviez vingt ans! de plus que moi, l’amant sérieux. Eh bien, | je trouve ça dégoûtant ! si |

FRESSENOY. — C'est paradoxal, mais ce | n’est pas dégoutant.

PaizLoUx. — C’est plutôt rigolo. [| FRESSENOY. — La vérité, c’est que l’âge nel

classes : les amants et les cocus : celui qui est né cocu est marqué du sceau du destin, les femmes! lisent sur son visage ce signe invisible pour nous| et il est cocu dès l’âge de vingt ans, alors que l’autre reste amant jusqu’à soixante... Davillier, | vous n'êtes pas un amant. Vo || PAILLOUX. — Comme moi, mon pauvre vieux, faut se résigner ! -. : Mec DaAViLLiER. — Mais pardon. Je n'ai été} No que cette fois-làä et je Biens bien. | FRESSENOY. — Enfant ! La peine du talion, |!

n'est-ce pas ?.. Œil pour œil, dent pour dent, (| corne pour corne... Eh bien ! voyez, je suis url} vieux mari, ma femme est jeune, elle a votre} age, et je l' encourage à sortir avec vous.

Remarquez que je ne sais même pas si les Ta | vernier vous accompagnent et, cependant | c'est moi qui insiste pour qu’elle s’en aille et} sans son mari.

DaAVILLiER. — C'est dangereux ! js FRESSENOY. — Pour vous... Comprenez donc que la seule chance que votre visage charman et banal, votre esprit sans éclat, votre éléganci}] courante avaient de plaire, c'était de leur donne! une importance, l'attrait du fruit défendu, dl mystère... Pas du tout, je l’autorise, ce fru it, jl le mets en pleine lumière, ce mystère... Couio} fini ! vous êtes mort, vous avez compris ?

DavizLiEr. — Nous en recauserons.- c F RESSENOY, à Pailloux. — I] n’apas M | I n'y a rien à à faire ! À ParzLoux. —- Le sceau du destr LES DAVILLIER. — Crânez, mon cher, crânez !

dépêchez-vous, pendant qu'il est encore temps) Vous avez eu tous les atouts, mais je vois dan votre jeu une horrible bûche qui arrive.

La büche de Noël.

4 ne a de d'esprit, ce o petita 1 +

ie = — ous exagérez. a Qv. — Vous n étiez D ‘tout ridé, -

a pour . (Entre Solange, costume

rs aie

: Le Mbues. SOLANGE, PUIS. Mur eh

ire <outé une journée « sans moi 0 SSENOY. Ur Do Et toi ?

nr un petit ortécune à avec photo.)

+ Oui. di

ENOY. = NU revoir, $ Solange, eco

GE. — Eh bien ! tu ne m’embrasses

RE ENOY. ÉeMais ei, voyons... (Baiser d ndve et très long.) “ / UX, à Davillier. 2 Ca Vous taquine !

ER Cam ‘intéresse.

ou — Baht > AV LLIER. — Je me documente….. pour moi...

P— - Eh bien ! mettez soigneusement ‘cuments dans une chemise. C’est la ie vous verrez de cette femme- là...

Mme Jeannerot.)

JEANNEROT. Je Fré li He là 1.

qu'on ne m'oublie pas. :

, — one maman... Tu viens Sa JEANNEROT. — Oui, je viens, parce que

vais. Allons, dépêchons-nous, plus sera parti, mieux ça vaudra... ae LANGE, à Fressenoy. — Bonsoir, mon

me

Contre l'épaule de son mari.) Tu sais Jense toujours. ee |

y, — À quoi, mon Dieu ?

Lie Acta filles Le Ah ! bah l.

. Je ne v vois pas ee bâche de- ; prenez-en bien soin.

1 vieil

sus à Davillier. — - Elle est charmante.

. Eh bien ! pen |

Créé nn

Es Ke

(4 Davillier) Mon cher, +. vous la confie, DAVILLIER. — Comptez sur moi.

FRESSENOY. — Et bonne chance .

ME JEANNEROT, à F VESSEn0Y. — Maintenant, j'eu suis sûre, vous le serez.

FRESSENOY. — Pardon ? je

MME JEANNEROT. —— Papa ! (Elle sort der-

rière Solange, qui est déjà Sortie avec Davillier.)

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