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ARMANDE, POUCHE

Pouce. — Bonjour, mademoiselle Pouche. Ça va ?

ARMANDE, érès génée. — Mais... très bien, mademoiselle,

PoucHE, lui tendant son bouquet. — Te vous apporte ces quelques fleurs. $

ARMANDE. — Vous aussi |

PoucHE. — Comment ?

ARMANDE. — Rien, rien, mademoiselle...

Je vous remercie... je vous remercie beaucoup.

PoucHE. — Oh! de rien, c’est de bonne

amitié, Mais vous avez l'air toute drôle. Je ne vous dérange pas, au moins ?

ARMANDE. — Mais non... Enfin, c’est-à-dire... Pouce. — Oh ! je sais bien qu’à c’'t’heure, c’est pas une heure pour les visites ! Seulement, voilà, je me retrotte avant déjeuner pour Deau-

ville, rejoindre mon Alfred ! Je suis arrivée à

Cabourg hier soir par le train de nuit et j'ai couché au Terminus, à cause qu'il fallait que

je vous voie dès ce matin pour savoir.

ARMANDE. — Pour savoir. quoi donc ?

PoucHE. — Ben, s’pas, moi, j'ai eu une surprise !.. Hier matin, je monte dire un petit

bonjour à Nelly Gamin..… «— Tiens, Pouche!

qu’elle me dit. Vous v'là revenue ? — D'où ça ? que je dis. — Ben, de Cabourg, qu’elle me dit. Bridier m'a mise au courant comme quoi vous aviez très bien fait l’affaire et que vous étiez là-bas avec le La Fajolle... »

ARMANDE, #Yessautant. — Bridier a écrit à Nelly Gamin De POUCHE. — Heureusement, j'ai été maligne,

j'ai dit à Nelly : « Tout s’est très bien passé s.. et ni vu ni connu : on a parle d’autre chose.

puis vous jurer qu'entre M. de La Fajolle F

Seulement, de vous à moi, j'ai pensé : « eh! la petite femme du monde! faut cr

voulait que pendant quelques minutes, qu’elle en a pris pour huit jours ! »

ARMANDE. — Sept, mademoiselle. rien 1 | sept! Comptez. | Pouce. — Sept, huit, dix-huit, vingt-hu ça me serait bien égal, du moment que ça vw rend service ! Mais voilà où l'affaire se corsl c’est que 1aon Alfred est dans le pays. Et voyl, vous qu'il aille apprendre par des cancik que sa Pouche hle”le : amour ail M. La Fajolle, à Cabourg ?

ARMANDE., — Oh! mademoiselle !.… Mais f

moi il ne s’est rien passé... Pas « ça » |

POUCHE, riant. — Ah! vraiment ? La pas biché ?

ARMANDE. — Ça n'a pas. non, Ça n'a ft biché. hi

POUCHE. — Pauv’ petite madame! AN}; figurez-vous, au contraire, vous m'avez po chance... Un coup de veine épatant ! J'ai il contré l’autre jour, en vous quittant, un p|| vieux tout bouclé, très bien, pas exigeant. || ï

ARMANDE, avec une impatience contenue, .|l viant de retour. — Allons, tant mieux ! il mieux |! . M

POoUCHE. — Dans ces huit jours, j'ai chu plété ma dot. Je dirai simplement à AIÏkK, que... que j'ai gagné le prix de vertu des den}, selles de la mode { Parce qu'il est jaloux !|f,

ARMANDE. — Vous m'excuserez, il faut}; je m'habille. Je vous demande pardon d’a{}, usé de votre personnalité plus longtemps il}; je n'aurais dû... mais, soyez tranquiile, (4, fini ! Aujourd’hui même, je cesse d’être Poudk Br

Pouce. — Oh! aujourd’hui ou demal,, ARMANDE. — Et croyez que je saurai re{} naître. comme il convient... le... le. servil NT que vous m'avez rendu | Die PoucHEe. — Oh ! chère madame... a ARMANDE. — Si, si, c'est la moindre};

choses. Vous n'aurez pas seulement la | fi mademoiselle Pouche. vous aurez le trousst [ PoucHE. — Le trousseau ? j ARMANDE. — Oui, mes robes, mes chemi/}}}, Tout ce qui m'a servi à passer pour Polf doit revenir à Pouche ! Pr POUCHE. — Des chemises comme Gi}.

(Elle montre celle d'Armande, dont on déci ki

le haut par l’entrebêillement du peignoir.\ li, ARMANDE, refermant vivement son poignoi] ï Oui, oui! Le.

Pouce. — Avec le pantalon pareil pa 1

ARMANDE, d’une voix étranglée. — AY Un pantalon !.….. M PoucxEr. — Oh ! on peut voir ? Sa | LA vers la chambre d'Armande.) JA

ARMANDE, l'arrétant vivement. — Non. 1 ko ‘plus tard ! Dans une demi-heure, adressez\f}, au portier de l'hôtel. I] vous remettra il be quet., | |

. — OR! mademoiselle ! j'espère 4 allez pas croire. | is CH bonne a — - Allons, allons, ma

is oui, ça se voit bien! d une la haute se joue dans une situation

. et même . !

. offusquée. — Mademoiselle |

. — Allez, allez ! comme dit Victor « Salv ez, c’est l'amour qui passe ! ».….

nd il passe, faut sauter dessus. Ga, c'est

e même |! Merci He Au revoir e ! (Elle sort.) (ee SCÈNE IV

ANDE, pensive. — L'amour !... (Se ressai- 4 courant ouvrir la porle de sa chambre.) jaintenant, sortez, voyons ! Eh bien, nentendez pas ? (D'une voix étouffée, . Eh où êtes-vous ?

4 n’y a pas à dire, le est Bridier homme épatant !

é par la porte, il a une idée... Ce n'est qui lui manque, les idées !... Bloqué par te, Hrsaute par la fenêtre... Il a disparu m moking, il reparaît en veston. Solide en.

DER — Mais, qu'est-ce qu'il y a Conc ce

ANDE, — Rien... rien du tout!

R. — Si, si! Pourquoi détournes-tu Pourquoi fuis-tu mes yeux ? En voilà ns ! Petit démon... tu veux m'entorencore davantage !

DE, — Moi ?

ue 31 regard vers Le chambre. — Oui, oui, ARMANDE, résistant. — Oh! ; ; BRIDIER, cherchant ses, lèvres. — Allons,

donne! (La résistance d'Armande faiblit. L ONE

baiser, puis :) Je t'aime!

ÂARMANDE, étourdie. — Jacques.

BRIDIER, gaiement ei avec force. — Oui, ma parole, je t'aime! Pourquoi bluffer ? J'ai pare. couru le monde, il n’y a pas deux maîtresses

8 comme toi! |

- ARMANDE, Youge de honte et un peu de plaisir. — Oh! vous croyez ?

BRIDIER. — Cette espèce d'’ingénuité, sincère ou simulée, qu'importe... ces élans suivis de remords, presque de larmes. cette façon de t'abandonner à moi, si complètement, si honnêtement presque... comme si tout cela était pour toi une chose nouvelle. inconnue !.. Ma gosse ! ma Pouche |! |

ARMANDE, Vivement. —. Oui, Pouche |.

C'est Pouche!

BRIDIER. — Comment, c’est Pouche ? Que veux-tu dire ?

AKRMANDE. — Rien... je ne sais plus!

BRIDIER. — Hier, tu n'étais pour mot qu'une

iolie aventure... maïs ce matin, ça y est : je suis pincé, oui, pincé !.. Tu ne peux pas comprendre ça, toi! .

ARMANDE, comme sans le vouioir. — Oh | si} oh !si!

BRIDIER. — Non, toi, ce n’est pas la même

chose : toi, tu es femme. Quand un homme prend

une femme, il la possède ; mais quand une femme

rend un homme, elle l’a !... Eh bien, tu m'as !.… Fini Bridier, l'oiseau dans fair... l'oiseau fait son nid! Je te veux toute à moï, entends-tu, rien qu'à moi! Allons, va (Ha Dites Je t'em-

porte !

ARMANDE, effrayée. — ar m’emportez ?

Où ça ? :

BRIDIER. — Où tu voudras.

ARMANDE. — Mais vous ne pouvez pas...

Et Florence ?

BRIDIER. — Florence m'a vu. Porn Florence | à ARMANDE. — Jacques, voyons, S0yez raisonnable.. Ii faut que vous alliez là-bas ! Pensez

qu'il s’agit d’une commande importante... Je ne veux pas que vous la manquiez à cause de moi..

. — Elle est même sérieuse ! Tiens, je sens que tu vas me mener 2e le bout du nez, toi !

ÂRMANDE. — Alors, c'est entendu, vous partez ? pe \ BRIDIER, moitié rieur, moitié dépité. —— Ma

parole, tu as l'air bien pressée de me voir Hier

ARMANDE, — Oh! si vous saviez ce qui 5e passe dans mon cœur :

BRIDIER. — Enfin, parle! explique-toi

ARMANDE, voyant s'ouvrir la porte de La Fa-

jolie et se dégageant vivement. — Prenez garde |

On vient !

. pas vous ! Maïs, sans être vous,

a A POUCHE ed . -

moiselic », que vous avez passé une bonne nuit ?

ARMANDE, ‘remercie,

La FAÿOLLE, à Bridier. — Et toi de même ?

. BRIDIER. — Oh ! excellente |!

La FAJOLLE. — Tant mieux, tant mieux, tant mieux, tant mieux !.. Eh bien, moi, j'ai dormi d’un sommeil agité... J'ai rêvé! (4 Armarde.) J'ai rêvé de vous!

ARMANDE, comme précéde

gênée. — Pas mauvaise. Je: vous

mment. — Très

touchée.

LA FAJOLLE. — Quand je dis vous.

Et savez-vous qui vous étisz ?

ARMANDE. — Mon Dieu... je ne vois pas.

LA FAJOLLE, d'un air fin. — Eh bien, la | petite femme était une grande dame à laquelle mon père me destinait et qui, désireuse de me cat et de int apprécier, avait pris chez moi la place d’une nommée Pouche ! (Sursaut

. d'AYmande.) BRIDIER, — D'une nommée Pouche ?

LA FAJOLLE. — Oui, l’envoyée de Nelly Gamin.

BRIDIER. — Tu dis ?...

\ La FAJOELE. — Et ce qu’il v a de plus sin-

gulier dans mon rêve, c’est que c'est la réalité | (Rattrapant Armande qui veut s'esquiver.) Eh bien, qu'en dites-vous, marquise ?

BRIDIER, avec stupeur. — Marquise !

LA FAJOLLE, à Armande. — Vous ne répondez pas ?

BRiDier, à Armande. — Noùs!.. Vous,

madame de: Poulinguin !

La FAGOLLE, #iomphalement, à Bridier. — Hein, l’homme au flair! je t'avais annoncé une surprise, Il mes

ARMANDE, — Mais qui a pu vous dire ?..

La FAJOLLE. — Alfred |!

ARMANDE ET BRIDIER. — Alfred ?

LA FAJOLLE. — Le fiancé de la vraie Pouche... (A Armande.) Le joli garçon frisé que vous avez apetçu ici même, hier soir.

ARMANDE. — Et vous avez attendu jusqu'à ce matin pour. i LA FAJOLLE. — Je voulais vous inÉdiguer

à mon tour... Avouez que c'était de bonne guerre. Mais je me déclare battu. battu et subjugué !.… Marquise, j'ai |’ honneur de vous demander votre main |!

ARMANDE, balbutiant, — Ma... ma main:

BRIDIER, à part, — Oh!

ce n’était c'était vous |

Moment de gêne. Armande baisse les pee

emble que j’ai tenu parole.

blier | 5 : LES

SCÈNE V Le FAJOLLE, à Armande dE Ou. ete 3 ee main que j'étais assez z bête pour repousser : Les Môfwrs, LA FAJOLLE de vous avoir vue! Alors. c'est dit ? | | sn . silence.) Enfin, ae espérer ?.… Répo BRIDIER, à La Fajolle qui barañi, tout en moi! 5e … blanc. — Oh! ol | mais comme te voilà beau et ARMANDE, suivant des yeux a souriant ! ; 1 tait et l’obseyve. — Monsieur... croyez LA FAJOLLE. —- Oui... Je suis beau et j’ai suis. très touchée. mais. je m'atè le sourire ! j'ai plutôt le sourire !... Mais n'an- si peu... É | uicipons pas | La F'AJOLLE. — Comment ! N ‘étions-noi BRIDIER, — Quel air mystérieux ! destinés l’un à ; laut tre ? La FAJOLLE, à Armande. — J'espère, « made- ‘ARMANDE, — Si. mais. cette détnän

brusque. enfin... laissez-moï réfléchir...

LA FAJOLLE., — Mais c'est tout natu (Bas à Bridier.) Elle demande à réfléchir, 5 À signe ! (Haut) Je m'en vais. à

BRIDIER, — C'est ca... Va-t'em it

LA FAJOLLE, & Armand: — Je reviens ( un quart d'heure chercher votre réponse.

père qu'elle sera... comme je ae j je me suis p is... à espérer...

Décide-la, mon vieux. Plaide pour mot.

mande.) Réfléchissez !... Je vous laisse tous deux. (Bas à Bridier.) V: as-y !.. (I sort. Arm court au téléphone.)

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