TRAVAUX PRÉLIMINAIRES
puis longtemps livré à la culUire, que les sels fertiles, comme ron dit dans la pratique, aient été en partie absorbés.
Avant de commencer les travaux, soit de labour, soit de défonçage, le plan adopté pour la pépinière aura du être préalablement bien arrèlé. La place des grandes allées sera marquée d'avance, afin de ne pas les défoncer : ce serait un travail en pure perte et même nuisible, puisqu'on rendrait mobiles certaines parties qui ne sauraient, au contraire, être trop solides ; d'un autre côlé, on pourra creuser ces allées et en utiliser la bonne lerre pour relever certaines parties qui pourraient se trouver trop basses, ou bien l'employer comme amendement sur des parties de terrain de moins bonne qualité. Les tranchées provenant de cette opération seraient comblées par les mauvaises terres retirées d'ailleurs, ou par les pierres et autres immondices qu'on rencontre toujours dans les travaux de défonçnge. Si le terrain offre des inégalités qu'il soit utile de faire disparaître, soit qu'on veuille le rendre tout à fait horizontal, soit, au contraire, qu'on veuille lui donner une pente régulière, pendant l'exécution de ces travaux de terrassement il sera très-facile d'ôter de la terre là où elle est de trop, pour la reporter là où il en manque.
Lorsque tous ces travaux sont terminés, le terrain étant défoncé ou labouré, il reste à en opérer le tracé, c'est-à-dire la distribution en planches ou en carrés. Dans les exploitalions d une certaine étendue, on préfère généralement cette dernière disposition, à cause de la grande économie de terrain qu'elle procure; cependant, lorsfju'il y a beaucoup de détails, on a souvent nilèrêt à multiplier les petites allées de séparation. Le but en vue duquel la pépinière est établie, les conditions dans lesquelles on se trouve, fimt, du reste, adopter l'une ou l'autre, ou niii'ux, l'une et l'autre de ces deux distributions. Ainsi, suivant l'usage auquel on destine le terrain, si l'on admet la division par planches, celles-ci pourront être larges de l'",()0 à 2 mètres, et les petites allées de servicei de O'^jTO à 0'",80; les allées principales
2i PÉPINIÈRES.
pourront avoir de i"\50 à 2 mèlros do laro:onr, qiielqiiefoi-^ plus. Si le torraiu est d'une très-<:iaiidi» élt-nduo, on y tracera une allée transversale charreîiire^ dans laquelle un cheval attelé à sa voilure pourra passer, soit pour amener les fumiers, les terres et les engrais, soit pour enlever les produits. Les petites allées devront aboutir aux allées moyennes, et celles-ci aux allées charretières, comme le montre la î^^rav. 1. Quant à la disposition intérieure, soit des planches, soit des carrés, leur direction, leur grandeur et leur forme, tout cela sera déterminé par l'emplacement et la position du terrain. A chaque extrémité et au centre de l'allée principale, des espaces libres de f^orme ronde ou autre, en cercle au milieu et en demi-cercle aux extrémités, seront ménagés, ainsi que le montre la figure. Ces espaces, qui au besoin pourront être utilisés momentanément comme dépôts, sont indispensables pour que le cheval puisse tourner avec sa voiture, et la forme circulaire est aussi celle qui offre le plus de facihté dans cette circonstance. Les bords de cette grande allée, disposés en plantes-bandes, pourront être employés, soit à recevoir la collection d'arbrisseaux, d'arbustes destinés à servir de mères ^ soit à y placer, à des distances plus ou moins éloignées, les arbrisseaux ou arbres qui doivent servir de porte-graines ou de porte-greffons. Un peu de symétrie, et même de coquetterie, est nécessaire dans cette distribution de la pépinière; le travail en est toujours plus attrayant et souvent aussi plus facile, le coup d'oeil en est beaucoup plus agréable sans que le produit en soit diminué.
Dans la grav. 1 , le n* i indique l'allée principale ou charretière.
Le n° 2 indique les espaces laissés libres pour servir de dépôts momentanés pour le fumier, les terres ou les marchandises. Ils sont indispensables, surtout si l'allée est longue; car, celle-ci n'étant pas assez large pour qu'un cheval attelé à une voiture puisse y tourner, si ces espaces réservés manquaient, on serait lorcé de conduire le cheval au