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VI. — Carré des mères ou école

On désigne sous ce nom un terrain dont la destination spéciale est de recevoir un exemplaire de chacune des es-

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pèces ou variétés d'arbrisseaux et d'arbustes admis dans la.pèpinière. L*utilité de ce carré est incontestable, et Ton peut dire que cet accompagnement- obligé de toute pépinière un peu importante offre de très-grands avantages. Il sert en premier lieu d* école ou de moyen de vérification; il empêche qu*on ne perde quelques espèces, car leur proximité de la maison permet en un instant de jeter un coup d*œil sur toutes les espèces ou variétés que possède la pépinière : si quelques-unes manquent ou sont malades, il est facile de s'en apercevoir et d'y remédier sans retard. Le même carré n'est pas moins utile pour la multiplication, particulièrement pour les couchages.

Si l'on veut joindre à la pépinière une école d'arbres, ce qui offre aussi des avantages de premier ordre, il faut la planter séparément, à cause du développement souvent considérable que prennent la plupart des espèces. Il vaut beaucoup mieux, dans ce cas, ainsi qu'on l'expliquera plus loin, en donnant le plan d'une pépinière générale, planter les arbres servant d'école en lignes isolées le long des allées principales.

Le carré des mères doit être aussi rapproché que possible des carrés des semis et des repiquages, afin de réunir des travaux qui ont entre eux les plus grands rapports, puisque, comme les précédents, ils se rattachent à la multiplication. L'emplacement de ce carré est choisi dans le meilleur terrain possible sous tous les rapports ; il n'en est pas moins nécessaire, de même que pour le carré des semis et celui des repiquages, d'en modifier le sol dans certaines parties pour les approprier à diverses espèces de plantes. Voici, à notre avis, l'ordre le plus convenable à établir dans le carré des mères. Avant tout, le terrain est divisé en trois compartiments, dont les dimensions peuvent varier enlre elles suivant le nombre de plantes qui doivent y être admises. On établira de même trois catégories de plantes : i® à feuilles persistantes; 2° à feuilles caduques; 3® plantes grimpantes (bien que ce nom soit souvent impropre), à tiges

annuelles, ligneuses ou volubiles. Chacune de ces trois catégories occupera une des trois divisions du carré des mères. L'exposition doit en être, autant que possible, en rapport avec la nature des plantes de chaque catégorie; ainsi, par exemple, la partie la plus ombragée devra surtout être réservée pour les plantes à feuilles persistantes.

Dans chacune de ces divisions, les plantes sont classées par ordre alphabétique, ou bien, comme dans les écoles de botanique, d'après leur degré d'affinité entre elles; mais, quel que soit Tordre adopté, on doit toujours rapprocher l'une de Tautre les espèces et variétés d'un même genre, ce qui permet de les comparer facilement, et, pour ainsi dire, instantanément, et d'en mieux saisir les différences. La division intérieure de chacune des parties du terrain se fait par planches de 2 mètres de large, séparées entre elles par un sentier de 0°*,80, ou mieux de 1 mètre, si cela est possible ; chacune de ces planches ne doit admettre qu'un rang de plantes au miheu. La distance, variable du reste, qu'on doit laisser entre chacune des plantes est déterminée par le développement connu d'avance qu'elles peuvent acquérir.

Vn. — De la nécessité de planter, comme accessoires dans la pépinière, certains végétaux d'une utilité journalière.

On peut à chaque instant avoir besoin de tuteurs pour soutenir les plantes, particulièrement les greffes, et pour les emballages, ainsi que d'osier et de jonc pour différents travaux. On assure rapprovisioniiement de la pépinière en tuteurs en plantant des espèces de haies, que l'on couperez-terre à l'automne. Ces haies peuvent encore, à la rigueur, servir d'abris pour garantir certaines plantes contre l'ardeur du soleil pendant Tété. On choisit à cet effet des espèces vigoureuses, dont la pousse d'une seule année peut fournir des rameaux assez longs et assez forts pour être utilisés; ce sont particulièrement le Tamarixindica^ le Cyîisus Laburnum, le Negundo

fraxinifolium^ les Platamis orientalis et occid^wfaZîsS les Châtaigniers dans quelques localités, les Noisetiers dans d'autres, et presque partout le Sureau. Ce dernier, quoique son bois manque de solidité, n'en est pas moins avantageux à cultiver pour cette destination ; car les jets d'un an atteignent une bonne longueur, et sont ordinairement très-forts. D'ailleurs, ces sortes de tuteurs ne servent ordinairement qu'une campagne, c'est-à-dire pendant environ cinq ou six mois. Si la pépinière renferme un coin de terrain humide, on y peut planter un carré d'osier, ou bien encore, si elle est assez spacieuse et qu'elle soit coupée de fossés, on plante l'osier sur leurs revers, ainsi que quelques touffes de jonc qu'il ast bon de multiplier encore sur divers autres points de la pépinière, car on doit pouvoir en trouver partout, en cas de besoin. Le tour des tonneaux d'arrosage et celui des réservoirs doivent toujours en être garnis, sinon en entier, au moins partiellement. L'espèce de jonc propre au service de la pépinière est le Jonc glauque (Jimcus glauciis) des botanistes; c'est celui qui, en effet, offre le plus de résistance. Dans le midi de l'Europe et dans les lieux arides d'une stérilité presque absolue, croît en abondance une graminée dont les qualités comme lien sont supérieures à celles de notre jonc, en raison de sa ténacité; dans le centre et le nord de la France, cette plante végète péniblement; il lui arrive même souvent d'être détruite par les gelées; c'est le Ligeiim spartuiriy vulgairement Jonc d'Espagne, que l'on trouve en grande quantité dans le commerce sous le nom de Sparto. Les horticulteurs de Paris remploient de préférence au jonc ordinaire. On peut essayer la culture de cette graminée lorsqu'un terrain sec et chaud à l'exposition du midi se trouve disponible à proximité de la pépinière. Deux espèces d'osier y doivent être admises, l'Osier jaune (Salix vilellina) et le Saule de Lambert (Salix Lambertiana). Le

* Ces trois dernières espèces sont très-fréquemment cultivées dans quelques localilcs du Midi, soit en taillis, soit en têtards, pour en faire des tuteurs, des éclialas ou des rames.

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premier, Irès-flexible et tenace, se ramifie beaucoup ; il fournit en grande quantité le petit osier dont on a si souvent besoin. Le deuxième, également de bonne qualité, s'allonge beaucoup, atteint 5 mètres et plus sans se ramifier, pro' priété qui rend cette espèce précieuse pour les emballages. On pourrait encore, dans certaines circonstances, planter dans les endroits humides quelques Cypéracées, telles que certaines espèces de Scirpus, de Sparganhims^ etc., dont on pourrait faire usage, soit pour attacher les plantes délicates ouïes greffes, soit pour lier les écussons, ainsi que nous le dirons plus loin en traitant des greffes.

La gravure il donne le plan d'une iiépinière modèle^ qui pourrait certainement avoir des proportions plus grandioses, une distribution plus compliquée; mais, telle qu'elle est, elle répond largement à toutes les exigences de la multiplication et de la culture des végétaux ligneux, et n'est pas indigne du nom de Pépinière modèle que nous lui donnons.

EXPLICATION DES DÉTAILS (gRAVUKE 11.)

i. Allée principale ou charretière ; e, entrée; aaaa, emplacements libres pour qu'un cheval attelé à sa voiture puisse facilement tourner. Ces emplacements peuvent au besoin servir pour déposer momentanément les engrais ou les divers produits de la pépinière.

2. Allées moyennes, d'environ 2 mètres de large, pour qu'on y puisse circuler facilement avec une petite voiture à bras.

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