XXI. — De la oire à greffer
Quoique la cire à greffer puisse varier dans sa composition, nous croyons à propos de faire connaître ici les ingrédients qui y entrent, ainsi que les proportions approximatives de chacun d'eux. Ce sont : la poix noire^ la poix blanche de Bourgogne ou poix résine, la cire jaune et le suif. On y ajoute des cendres tamisées, du mastic de fontaine ou un peu de sable siliceux, pour donner de la consistance à ce mélange, empocher qu'il ne fonde par la chaleur, et aussi pour en augmenter le volume et en diminuer le prix de revient, ce qui n'est pas sans importance dans les pépinières où l'on en emploie beaucoup. Voici la proportion de chacune de ces substances :
Poix noire 30 parties.
— blanche de lîourgogiic ou résine. ... 30 —
Cire jaune 20 —
Suif 12 —
Cendres tamisées, mastic de fontaine ou sable
siliceux 8-^
Total 100 parties.
Dans la pratique on ne pèse jamais ces ingrédients, l'ha. bitude suffit pour évaluer à peu près les doses : si la composition est trop épaisse, on y ajoute un peu de suif, et, dans le cas contraire, c'est un peu de résine, de poix noire, etc. Non-seulement les proportions des éléments de la dro i
freffer peuvent varier, mais souvent on n'en admet qu'une partie : par exemple, on y met seulement de la poix noire OH Hanche, avec un peu de cire jaune et de suif. Pour faire fondre le mélange, on se sert quelquefois d'une marmite en fonle, que l'on pose sur un réchaud rempli de charbon illumé ou mËme sur un feu clair établi en plein vent à t'aide de bois et de broussailles ranjassés dans les pépinières; mais ce procédé, qui est le plus ancien, est généralement incommode; aussi est-il très-peu usité aujourd'hui; il tend même 1 disparaître tout à fait pour faire place à la lampe porlalive i ijTef^er, dont nous avons à parler ici. C'est un petit cylindre en tôle de fer ou ni6me en zinc, creux à l'intérieur surmonté à sa partie supérieure d'un réservoir ou cuvette en cuivre. Dans la partie inférieure, qui est vide, on place audessous de la cuvette une lainpe (grav. 25), dont ta Hamme, encontact avec le fond de la euvetle, fait fondre la matière (jii'elle contient. Cette lampe est munie à sa partie supi^rieure d'une anse qui la rend commode à emporter avec soi lorsqu'on monte sur une échelle pour couvrir des greffes ou des plaies existant sur un arbre à diverses hauteurs; c'est, en un mot, un objet tout à fait indispensable à un pépiniériste. AQn d'en faire mieux comprendre les détails, nous donnons (çrav. 21,52, 25) la représentation et la description de deux de ces lampes;
Grav. SI. - Lanipo â Bfcffcr. - Eiiériao».
Dans la gravure 21, toute la circonférence ou corps prin-
os PÉPINIÈHES.
cipal est en tûlo; on voit, dans la partie iiiféricurG, la purta i]iii se fenijc par une pelile piùce ^ui y est ajubtëu et qui etilre dans une pL-lite af^raFo fixée au corps principal de la lauipe; trois pelites ouvcriures triangulaires, dont deux sculeinenl' sont visibles, et qui donnent de l'air et alimentant la flamme de la lampe lorsque la porte esl fermée; une cuvette un cuivre, dont le sommt t présenta im petit rebord saillant qui repose sur l'exlrcniilé du corps principal' enfin une anse qui sert à transpo t r 1 nslrumenl A linltrieur, sous la ciivelte, se trouât, la pelitL I impt, en ft,r bhnc, que l'on voit distinct eiiicnt dana la gia\ure 2
frav •" - Ijimpeà^ tnop lolcreat.
I,a gravui o 2 2 a peu pi es sembh )Il a la précédente pour la forme , Lstinticrtn mt en fer blan le eu rps principal est percé de trois Irf u-i do it diux sluI ment sont visibles; la
G ni *S — Tel te lampe f lacda à 1 nténmr.
porte en a été ôtée, afin de laisser voir la lampe placée à l'inlcricur. Ou voit étj.dcineiit prés du sonnnet l'anse à laids de laquelle on transporte l'iiistiumeiit. A l'extrécnité du corpe
principal se trouve la cuvette, comme dans la gravure 21. Mais, afin d'en augmenter la capacité, à partir du bord élargi qui repose sur le sommet du corps principal, cette cuvette se prolonge vers le haut; elle est fermée à son sommet par un couvercle mobile, dont le centre est percé d'un trou par lequel on introduit, soit un petit bâton, soit un très-petit pinceau, pour puiser la cire à greffer renfermée dans h cuvette.
Chacun de ces deux modèles présente des avantages qui lui sont propres : le premier, d'un prix un peu plus élevé, est plus solide, moins salissant, mais plus long à chauffer.
Le second modèle est moins solide, mais aussi moins cher, toute proportion gardée; il offre l'inconvénient d'être souvent rendu malpropre par la résine noire qui recouvre en partie sa surface, mais il a l'avantage de chauffer beaucoup plus promptement. Nous devons faire observer, quant à ce liernior modèle, qu'il la ut éviter les soudures, qui peuvent londrc parl'aclion de la chaleur, quelquefois assez intense, "l qu'il vaut mieux, au risque d'augmenter tant soit peu la tl'pense, que les diverses parties de l'appareil soient fixées p.jr des rivets en ter.
Avant de terminer l'exposé de ces données sur la greffe, nous ferons connaître un nouveau maslic A greffer, qui a l'avanfage de pouvoir être employé à froid. On le doit à M. Uiomme-Leforl, de Bellevillc-lez-Paris. Ce maslic réunit toutes les principales conditions que l'on recherche dans relie circonstance; il présente néanmoins cerlains inconvénients : d'abord son emploi est beaucoup moins expéditif que n'est celui de la cire à greffier ordinaire; de plus, sa ronsislance assez considérable fait qu'on ne peut guère l'appliquer sur des pai lies délicates et fragiles sans s'exposer à les rompre. Mais, Oii lésait trop, il n'y a rien de parfait, toute inéhiill'» a son revers. Si ce maslic offre les inconvénients qui viennent d'élre signalés, il a aussi des avantages qui ne doivent pas être passés sous silence. Si l'on a, par exemple, quelques sujets à greffer à une grande dislance de la maison,
il est toujours incommode d'emporter avec soi un réchaud, du charbon, ou même seulement la lampe à greffer; rien n'est plus facile, au contraire, que d'emporter dans sa poche une petite boîte contenant du mastic, de sorte que lorsqu'on en a besoin on n*a qu'à ouvrir celle-ci. Il est également trèsconvenable pour recouvrir les plaies. Ce mastic pouvant s'appliquer à froid, son emploi éloigne tout risque de brûler les tissus, ce qui peut arriver lorsqu'on se sert de cire à grol-i fer un peu trop chaude. i