DE LA PÉPINIÈRE
néral on ne retrouve spontanés dans aucun autre. Il n'en faudrait pas conclure cependant d'une manière absolue que ces végétaux sont irrévocablement fixés sur le point du globe où la nature les a fait naître, et qu'ils ne peuvent le quitter sans périr. Non il arrive, en effet, très-souvent que, soit par des circonstances accidentelles, soit plus habituellement par le fait de l'industrie humaine, des plantes sont transportées et prospèrent sur des points Irès-éloignés, et notablement différents, par le climat, de leur station originelle. Nos cultures nous en offrent de nombreux exemples.
§ II. — DifTérentes espèce? de climats.
Pour donner une idée exacte d'une circonscription climatérique, il ne suffit pas d'en faire connaître la température ; il faut aussi indiquer les autres phénomènes météorologiques qui s'y rattachent, tels que la quantité de pluie qui y tombe annuellement, la répartition de cette pluie suivant les saisons, l'état du ciel plus ou moins transparent ou couvert, la direction, la force et la durée des vents, etc. Il en résulte que la notion de climat est une idée complexe, dont les éléments doivent être étudiés soit séparément, soit dans leurs rapports mutuels. Pour distinguer les divers climats les uns d'avec les autres, on est convenu de les désigner par des dénominations qui rappellent, sinon tous leurs caractères, du moins leurs caractères les plus saillants. Nous nous bornerons à mentionner les suivants, qui toutefois sont plutôt des grmipes de climats analogues, que des individualités climatériques nettement déterminées.
i. dimats chauds. — On désigne sous ce nom tous les climats, secs ou hunndes, où la température ne descend jamais à 0° du thermomètre centigrade, et où les chaleurs atteignent ou dépassent 40°. Ces climats régnent de chaque côté de Téquateur, jusqu'au 25' ou au 30® degré de latitude, suivant les lieux. Leur ensemble caractérise ce qu'on nomme la wne torridCy dont les limites cosmographiques sont indi-
quées par les tropiques du Cancer et du Capricorne, maïs qui, en réalité, ne se confondent pas avec eux. La zone torride se subdivise elle-même en un grand nombre de climats distincts; elle se caractérise par un végétation exubérante et généralement continue, excepté là où la chaleur et la sécheresse, devenues excessives, la suspendent pendant une partie de l'année.
z. Climats tempérée. — Ce groupe offre de plus grandes dissemblances encore que celui des climats chauds. On n'en peut fixer les limites autrement que d'une manière tout à fait conventionnelle. I^n faisant commencer la zone des climats tempérés sur les latitudes où le thermomètre descend momentanément à zéro pendant l'hiver, on pourra l'étendre d'une manière indéfinie vers le nord, jusqu'à ce qu*on soit arrêté par le cercle polaire, où l'astronomie fixe la Hmite de la zone tempérée. Mais cette zone devient tellement large, et ses deux extrémités préî?entent des différences thermométriques tellement considérables, qu'on se trouve dans la nécessité de la subdiviser elle-même en zones secondaires. Nous adoptons les cinq suivantes, qui nous paraissent correspondre assez nettement aux grandes circonscriptions agricoles de notre hémisphère : 1<* la z-one subtropicale, comprise entre le 25* et le 55® degré de latitude, et où la température moyenne peut être évaluée à -h 21 ou 22" centigrade; 2° la zone méditerranéenne y étendue du 55*^ degré au 45«, avec une température moyenne de M- 14 à 18" : cette zone est éminemment caractérisée par la culture de l'olivier, de la vigne, et, çà et là, de l'oranger; 3" la zone tempérée moyenne, qui fait suite à la précédente et finit vers le 52® degré, et dont la température annuelle varie, selon les lieux, de-i-7 à d5^ centigrade; la vigne y occupe encore de vastes étendues, mais, sur la lisière septentrionale de la zone, elle est remplacée par les arbres à fruits à cidre ; on y cultive toutes les céréales d'Europe, à l'exception du riz ; 4f" la zone tempérée froid e, comprise entre le 52* et 60® degré de latitude, impropre à la culture de la vigne et du
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maïs, et où la teiiipéialure nioyeniu' de rannêe n'esi plus que de -h 4 à 6" ; 5" cnlin [nzonc suhuicti'jiK', étendue jusqu'au G.V dc'^vè de huilude, où la triupëraluif nioyeniie n'ebl que de ^- 2 à o"" au-dessus de zéio, et uù cessent ^^laduelieiiient toutes les cultures d'arbres Iruiliers et de céréales.
3. Climats cxtri'iiie<«. — Onnonmif clinial extrême celui qui présent»' à la lois les deux cxlrcnies de; lioid et de chaud, c'esl-â-dire une clialcui' tiès-inlense en été et des froids ri- ^'oureux en hiver. Tels sont, par exemple, ceux de l'Europe orientale, de l'Asie centrale, de la ("dune, etc., où le therinonjèlre descend (piel<ine lois en hiver à — oO"^, et s'élève en été à -I- 55 ou 4(l dentés centigrade, l/ahsence des gelées, qui con>tilue sous c» s climals la belle saison, ne dure quelquefois que quatre à cinq mois; ce teni[)S, quelque court qu'il nous paraisse, est cependant buliiï^ant pour semer et récolter dilléreiits produit> ([ui, dans certains pays plus tempérés, auraient besoin de six à huit mois pour parvenir à parfaite maturité.
4. Climats maritimes. — On donne ce nom à celui des pays placés, soit sur le bord des grandes mers, soit assez prés des côtes, pour que l'inlluence de l'atmosphère océanique s'y fasse sentir. Les climats marilimes sont généralement plus tempéi'és (pie ceux de rinlêrieur des continents sous les mêmes latitudes; et s'il v l'ait moins chaud en été, il y fait aussi moins hoil en hiver. Beaucouj) de végétaux qui gèlent sous des climats en appart jice plus avantageux lésistent très-bien à l'air libre sons les climats maritimes. C'est ainsi que les jardins de la Bretagne et des t^ivirons de Cherbourg renferment des Myrtes, des Arbousiers, etc., ([ui ne supportent pas les hivers de Taris, bien ([ue cette ville soit sous und latitude sensiblement plus méiidionale.