‹ Percement de l'isthme de SuezChapitre 31 sur 31 · ISTHME DB SUEZ · texte numérisé non relu

ISTHME DB SUEZ

Cette fois, votre correspondant sera-t-il rassuré? JVIaia u eût-il pas été rassuré bien pins iùt^ ai, étant dans le pays» au tieu de sonoer Talarme, il se fùt d'ilboni renseiffné?

Ce ne sont point là d ailleurs les seules erreurs que je lui reproche. Ce n est point la première fois qu'il emploie Timmense publicité de votre honorable journal a propager tics idées fausses sur tics t|uestiuns et des laits d'iuie haute portée.

11 vous écrivait, par exemple » le 9 septembre dernier^ que le vice-roi d*Ê(;ypte se rendait en Europe, afin de combattre à Paris et à Loin li es le mauvais effet des plaintes portées contre lui par le sultan auprès des puissances occidentales.

Jamais le sultan n'a fait exprimer ni aux puissauces occidentales ni à aucune cour les sentiments qu'on lui prête envers Son Altesse Mohammed Saïd Pacha. J*en ai des preuves nombreuses ; j'en peux citer sans iiidiscrciiun c[ui me suiii personnelles.

Jai eu rbonneur, il y a peu de temps, tl'être reçu en audience particulière par Sa Majesté le sultan ; je suis parfaitement en mesure d'affirmer que Sa Hautcsse regartle Moliaiiinied Saïd i^acha comme un des plus dévoués appuis de sa couronne^ et que cette opinion est partagée par tous ses conseillers.

Je suis en mesure d'affirmer que jamais vassal na été en meilleurs termes avec son suzerain » et

LETTRB AU TIMES. 17

fjuc le récit de votre correspondant est une invention non-sculeineni sans fondement, mais même sans vraisemblance.

En effet, toute cette fable n*est-elle pas construite sur rindiliercuce prétendue qu'aurait montrée le vice-roi à soutenir son souverain dans la guerre actuelle ?

Il suffit de rappeler ce qn*a £ait TÉgypte en ces conjonctures.

Dès son avènement au pouvoir, Mohammed Saïd Pacha s'empressa d*expédîer à Constantinople

10,000 hommes de ses meilleures troupes. Depuis le commencement de la guerre , le eorps égyptien a été successivement porté à 37,000 hommes. Le vice-roi joignait *en même temps sa flotte à celle de Constaiiiinople, et le désastre de Sinope a révélé au inonde le couraf];e de ses mai'ins, avant que les défenses de Silistrie et d*Ëupatoria eus» sent fait admirer la discipline et le dévouement de ses soldats. Les ordres du jour d'Omer-Paclia , les proclamations du sultan lui-même ont rendu justice aux services de cette armée. La presse de France et d'Angleterre a parlé plus d'une fois avec honneur de ses exploits. Tout récemment encore un corps égyptien appuyait la cavalerie du général d'AUonville dans le brillant combat livré à la cavalerie russe.

L'envoi de 37,000 hommes d'élite, le secours

|« ISTHME DE SDEZ.

d'une flotte, Tavance de son tribut, voilà les efForts qu'a faits l Kgypte , sous le {jouverneuient actuel , pour soutenir l'honneur et Tindépendance de lempire ottoman. Le divan n a donc pas lieu de se plaindre, et» je le répète, il est pleinement satis> fait

U serait déplorable. Monsieur l'Éditeur, que la presse de FEurope fdt trompée sur les intentions

et les actes tlii priiice éclairé qui jjouvcriic l'Egypte, non point coinnie un simple pacha de Damas ou de Smyme, ainsi que le prétend votre correspondant, mais en vertu d*un droit héréditaire, {jarantî par des traités internationaux.

Votre correspondant, qui se taisait sur les scandales du prédécesseur du vice-roi actuel, sur les désordres et les {>aspilla{][e8 de son gouvernement, semble prciRlre à tâche de décrier par système le prince qui travaille aujourd luii à réparer ces fautes. 11 suffît à sa défense d enumérer les progrés et les réformes qui ont dgà signalé sa courte administration.

Dès sa première année, il a rendu la liberté au commerce ; il a supprimé les douanes intérieures; il a détruit Timpôt en nature, source principale de loppressiou des Fellahs ; il a rétabli réquihbrc dans les finances; il a rempli religieusement les obligations que lui avait léguées le gouvernement précédent f il a satisfait aux réclamations des agents

etran^KTs; il a décrète l'achcvcnient à ses frais du chemin de fer d'Alexandrie à la mer Rouge; il a proposé à l'Europe le percement de Tisthme de Suez.

De pareils résiiltats peuvent braver les atteintes du dénigrement ou de la mauvaise humeur, .

Empêcher, c est la puissance et le recours des natures vulf^ires; marcher et prêter son tsoncours aux ijoniiiies de bonne volonté, c'est le propre des esprits élevés et {j;énéreux. Je dois, Monsieur, ce témoignage public à votre estimable journal, que le premier il a aidé de sa sympathie et de son initiative l'entreprise qui sera un des plus beaux titres de notre siècle auprès de la postérité, et rétemelle gloire du prince qui la conçue et est pr<'t à la faire exécuter.

Aujourd'hui, Topinion européenne tout entière s*est émue pour le succès de cette œuvre; elle vous tiendra compte certainement dè Timpartialité et de la haute intelligence que vous aurez inij^es à la seconder, et je sais que ce sera là votre meilleure récompense.

Veuillez agréer, Monsieur l'Éditeur, les assurances de ma considération la plus distinguée.

Fërd. de Lëssrps.

Paris. Typographie Heturl Pion , rue Goionciére , 8.

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