U ISTHME DE SUEZ
pour exemple la France. En conocdant 8es chemins de fer aux coni pagines, Je Gouvernement français
s est rcsrrvc le pu ta^^e des Lenetices quels qu lis fussent, du moment qu'ils s'élèveraient au-dessus de 8 p. n*faésite pas à déclarer que pour le canal maritime de Suez , je prctere les conditions égyptiennes.
Mais ces avantages eux-mêmes accordés par la Compa(];nie sont loin d*étre sans compensation, et si,
tl un côte, le Gonvernciiicnt cp[vplicn participe de ses profits, de 1 autre il lui pro(ii{][no ses dons: outre l'exploitation d*un privilège de 99 ans.
11 lui assure la mise en possession fp atuite de tous les terrains que doit couvrir la li(;ne du canal et la jouiss^ince de tous ceux qui le borderont.
11 lui accorde la jouissance de toutes les terres du domaine public qui pourront être arrosées , c'est-àdire portées à toute la puissance de leur lécondité par les deux canaux de dérivation du ^iil au lac Timsab , de Timsah à Suez.
H lui ;; n;iiitii la libre entrée de tous les instruments, matériaux, maciiincs, matières premières de toute espèce nécessaires à son œuvre.
Il prend à sa cbar^^e la plus (grande partie des frais concernant les études et les opérations préliininaires du canal ; il a fait et il continue de faire des avances importantes.
Tant de privilégies et de faveurs sont-ils donc trop
payés par une association du donateur jusqu à concurrence de 15 aux bénéfices nets de Tentreprise qui lui doit toutes ces aboiiclaïUes semences d'un avenir fécond!
Je vais plus loin, Monsieur TÉditeur; je prétends que la seule valeur des telles concédées après l'établissement des canaux d'eau douce , et c'est par là qu*on doit commencer , représentera un capital correspondant au moins au fonds social à verser pour Tachèvement de toutes les parties du projet.
La Compagnie reçoit donc du Gouvernement é^ptien beaucoup plus qu elle ne lui donne, et elle devra au vice-roi non des récriminations , mais de la reconnaissance.
Je crois avoir répondu, âlonsieur l'Editeur, à tout ce qu'il y a d'essentiel ou d'important dans les afârmations qui vous ont été transmises. Votre correspondant sattache aussi à faire à ma publication sur le 'percement de l'isthme de Suez une guerre de détaik et de chicanes statistiques. Il ne m'est pas possible d'en{j[a{jer dans ces escarmouches sans intérêt cette discussion déjà trop lon(]^ue. Je me contente de maintenir mes chiffres ; si l'onin-^ siste, je serai prêt à prouver que les erreurs ne sont pas de mon côté.
Toutefois, il est encore certaines considérations de votre correspondant auxquelles je crois devoir une mention et une réfutation rapides.
41 ISTHMi: DE SUEZ.
Parmi les motifs qu il allèffue pour l'iiuprulicabilUé de Tentrepiise, il prétend qiie dans les plans ri<Mi n'a été pi*évu pour assurer Teau et la subsistance aux ( orps de travailleurs tju il iaudra transporter sur l'isthme stérile et dépeuplé.
Évidemment, votre correspondant na lu ni mon exposé ni l avant-projet dressé par MM. les in[5éuieursLiuant et Mou^el^ sinon il y aurait vu que cette nécessité était au contraire la première à laquelle on eût $on{fé et pourvu. Les plans des travaux annoncent très-nettement que la pi t initrc opération à entreprendre, cest d'attaquer la tratieliée qui doit mettre le Nil en communication navigable avec Tisthme , et assurer ainsi à toute la ViQne , nonsenlt'iuent l eau douce et les provisions nécessaires, mais encore tous les uioycns de navi(>;atiou intérieure de nature a faciliter le service et le travail.
Le correspondant, qui semble aimer et cbercliei^left occasions de si(;naler son liosliliie coiilre le Gouvernement égyptien « vous fait un tableau fort sombre, mais peu fidèle selon moi , du soi*t du travailleur indigène sous la main de l'adminisU-ation et (lelané{jligence des adniinisUateurs. A quoi bon ce Iiorsd'œuvre? L'administration égyptienne na rien à faire ici. Les ouvriers seront à la solde , sous la soUîciuidc et la rcsjioïKalûlité de la (.oui pa^nie nulvcrsellc, adminisUec et dirijjee par des Européens.
Le correspondant, toujours possédé du besoin de
LfetTRE AU TiMES. <5 trouver le percement impossible, s évertue ù craindre que, ai les terres dci Tisthitie sont légères à là siirface , dies fie se tfdiisforment en les crènsant efi pierres à chaux et en lits de cailloux. Cela nu ine serâît idin d'èm uttô difficulté itisurmontable. 8ur tfuèlle hiisdn dU quelle vrdisetnblânce repôse toutelois cette hypothèse? Sur aucune; je nie trotnpc, sur une seule, il prétend qu'il n'a pas été lait de soudages dans l'isthme , et s'il n'en a pas été fait , c'est (|U'lHcotitestableinent leurs résultats ne devaient pas être favorables au but des prôpa(*ateuâs du projet (|0 Ihe purposes of the projeclors)*
La réponse est facile, et elle sera péremptoire^ De nombreux sondages ont été opérés sur Tistfame à plusieurs reprises. M. Fi^ari, uolaiiuneHt, géologue italien distingué , a été employé plusieurs an-' tiées à cette spécialité de travaux ^ et je possède de lui sur cette question même un mémoire intéressant.
En outre, les ingénieurs du vice-roi ont proposé de les renouveler. En conséquence, il se trouve atïtuellenient dans le désert trois brigades d'in(;éhieurs. La première opère les soudages sur la lifine désignée du Canal. Ija seconde est occupée à marqlieJr cette ligne sur le terrain ; la U*oisième relève les nivelleitients détaillés de la li(>ue. Les travaux sont couduits de manière à pouvoir présenter sur les lieux ù la Counnission scientifique internationale toute la série des opérations et des renseignements recueillis.