CHIRURGIEN-D'ARMÉE
ou INCS TIR Ul CET ON
DE CHIRURGIÉ-MILITAIRE
Sur le traitement des plaies, & fpécialement de celles d'armes à feu; avec la méthode d’extraire de ces plaies les corps étrangers, & la defcription d’un nouvel infirument propre à cet ufage ;
Poe : RS Ouvrage qui a remporté le prix au concours de l’Académie Royale de Chirutgie de Paris,
Par M. PERCY , Chirurgien-Major de deux Divifions de l'Armée Françoife, & du 18° Régiment de Cavulerie , ci-devant Berry ; Affocié de PAcadérnie Royale de Chirurgie & Correfpondant de la Societé Royale de Médecine de Paris, Membre Honoraire du Collége Royal de Chirurgie de Nancy , Doëleur en Médecine, Affocié
Etranger des Académies de Ruffie , Suède |, Hefe, Bavière , &c.
On y 2 joint un recueil de Mémoires & d’'Obfervations fur le même fujer, puifés dans les meilleures fources, ou fournis par les praticiens les plus célèbres.
Avec figures en taille - douce.
VS AEPHANRUIS,
Chez MÉQuiIGron l'aîné, Libraire, rue des Cordeliers , près les Écoles de Chirurgie.
Fig. 35. — Page du titre du Manuel de Chirurgie de Percy.
Reproduction interdite.
Fig. 36. — Le Baron PERCY.
Buste en marbre par David d'Angers.
Reproduction interdite
L'Autosérothérapie . MISE AU POINT DE LA QUESTION
L’autosérothérapie est une méthode thérapeutique tout-à-fait simple, précise, et d’une application des plus faciles. Elle a donné les résultats les plus satisfaisants, aux nombreux cliniciens français et étrangers qui y ont eu recours.
Aïnsi que le premier, semble-t-il, nous l’avons définie, le 10 avril 1910, elle consiste à traiter le malade par des injections sous-cutanées de son propre sérum. j; |
La plupart des us attribuent les premiers essais de traitement par cette méthode autosérothérapique, à MM. Widal, Abrami et Brissaud, qui dans un article de la Semaine médicale du 24 décembre 1913, avaient mentionné les résultats obtenus par eux en traitant divers malades par l’autosérothérapie.
Qu'il nous soit permis de faire remarquer que notre mémoire intitulé : Contribution à l'étude de l’autosérothérapie, a paru dans la Gazette hebdomadaire des Sciences médicales de Bordeaux, le 10 avril 1910, c’est-à-dire 3 ans et 8 mois avant le travail de MM. Widal, Abrami et Brissaud.
Nous devons constater aujourd’hui que malgré sa netteté, sa simplicité et son efficacité, l’autosérothérapie est mal connue de la plupart des praticiens, qui la considèrent comme une méthode difficile, aléatoire et complètement inapplicable dans la pratique. Cela tient surtout à ce que l’autosérothérapie constitue actuellement un problème mal posé, dont il est absolument indispensable de préciser les termes et de bien établir les données réelles. APN Zolotareff, en 1914, écrivait dans sa thèse de Docteur en Médecine : « Il nous apparaît que la question de l’autosérothérapie prend aujourd’hui les allures d’une véritable énigme thérapeutique, tant par ses résultats que par les interprétations, plus ou moins fantaisistes, qu’on en a donné. »
Si cette méthode est mal connue, celà tient à ce que de nombreux auteurs ont attribué à tort le nom d’autosérothérapie à divers procédés de traitement qui ne sont en rien autosérothérapiques, et cet abus du nom d’autosérothérapie a égaré l'opinion sur la véritable méthode à laquelle convient seule cette dénomination, c’est-à-dire à celle qui traite le malade par des injections sous-cutanées de son propre sérum.
Par exemple, on a appelé autosérothérapie les traitements par les exsudais périlonéal, pleural, de l'hydrocèle. À cet égard, nous soulignons l'erreur de Modinos qui écrit, dans le Journal des Praticiens du 6 mai 1922, que «le mot autosérothérapie a été employé pour la première fois, en 1891, par Debove et Rémond, qui avaient injecté sous la peau d’un malade atteint de péritonite tuberculeuse, 5 centimètres cubes de son propre
Il est prudent de vérifier le sérum avant de l'utiliser et de s’assurer qu’il ne renferme aucun germe (cultures, etc.).
Nous devons signaler que l’emploi de l’autosérothérapie a été souvent fait d’une manière hasardée, peu réfléchie, surtout en ce qui concerne les doses ; de nombreux auteurs, égarés par la conception fausse que l’injection de sérum devait uniquement produire un choc hémoclasique, n’ont pas cru devoir injecter plus de 1 à 2 centimètres cubes de sérum. D’autres ont utilisé au hasard les doses de 3, 4, 5, 7 à 10 centimètres cubes, suivant l'inspiration du moment.
En réalité, l’action du sérum du malade est beaucoup plus complexe ; les doses, pour être suffisantes, doivent être élevées, et de 20 centimètres cubes au moins. Souvent donc, les insuccès apparents de cette méthode sont dûs à la dose insuffisante du sérum employé.
Nous avons dans une Revue, publiée dans la Tribune Médicale de juin 1928, cilé les nombreuses publications qui ont été faites en France et à l'Etranger depuis 1912, sur l’autosérothérapie, On y constatera les excellents résultats obtenus dans les traitements des maladies les plus diverses, à la condition, ainsi que l’écrivait en 1921, Edmundo Escomel, dans El Siglo médico du 6 août (p.741), de ne pas l’employer uniquement chez les moribonds et chez les incurables.
L’autosérothérapie s'adresse donc aux maladies infectieuses, dont elle permet le traitement au moyen des substances spécifiques déversées dans le torrent circulatoire du malade lui-même et élaborées par les processus défensifs organiques. Ce qui en fait essentiellement le procédé de choix dans ces infections, c’est que souvent elles sont compliquées d’infections secondaires qu'il est impossible de dépister autrement que par l’hémoculture, et contre lesquelles il n’est pas possible de lutter avec les procédés ordinaires de traitement, la préparation des divers sérums hétérogènes étant limitée à quelques espèces microbiennes individuelles, ces sérums sont en général monovalents ou monomicrobicides. Le sérum du malade, atteint d’une infection compliquée d’une infection secondaire, est donc seul spécifique contre ces infections multiples.
Ces indications restreintes sont cependant suffisamment claires pour établir le rôle précieux et utile de l’autosérothérapie.
Docteur Paul BUSQUET.
Ancien Chef des Laboratoires de Bactériologie de l'Armée (Marseille, Alger, Bordeaux).
Médecin principal de l’Armée (en retraite).
Bibliothécaire de l'Académie de Médecine.
Le Gérant : H. RICHARD. 4 Richaro, 164 Rue VENOOKE, Lron