SCENE XV
Lu M£iiu , LA ÇOMTESSE entrant tT un côté et LEOPULD de l’autre.
LÉOPOLD, sans voir d'uhord Mathias. Je ne l’ai pas trouvé... niais!.. {Il lève les yeux.) Ciel!
LA COMTESSE , lie Vautre c6ti. Dieu!...
que vois-je?
HATOIAS FILS, à part et se releeant. Allons!.. voilà déjà les agrémens du ménage!..
CLÉMEKTINS, se cachant la figure et pleurant. O mon Dieu !
LÉOPOLD, la soutenant. Elle chancelle!
{ 11 U fait aaacotr de cAte, )
LA COMTESSE , regardant Mathias fils.
Quelle horreur!., uu baron!., aux pieds d'une espèce de femme de chambre!...
c’est la révolution française... [j 4 Mathias.) J’espère que vous allez nous expliquer....
MATHIAS FILS, embarrassé . C’est ce que je lui disais... {A C/émniO'ne.) Ilfaut nous apliquer...
LA COMTESSE. C’està TOUS à me répondre, baron!., car enfin vous étiez à ses pieds!..
MATHIAS FILS. Parbleu!., je le sais bien... {Bat à la comtesse.) mais dans votre intérêt!
LA COMTESSE. Dans mon intérêt?
MATHIAS FILS, bas. Pour sauver l’honneur de votre maison. J’avais surpris une intelligence secrète entre ces deux jeunes gens... une passion désordonnée...
LA COMTESSE. Que dites-vous? {A ellemême.) Une petite fille de dix-huit ans qui fait tourner des têtes. . . taudis qu’on a bien de la peine...
MATHIAS FILS. Il était même question d’enlèvement...
LA COMTESSE. Un enlèvement !
MATHIAS FILS. Je n’ai pas voulu vous en parler, parce que je connais votre délicatesse... vos nerfs... Un enlèvement! un scandale qui rejaillissait sur vous... J'ai tenté d’éclairer cette enfant, de lui montrer le piège ; je l'ai suppliée de renoncer à ce fol amour, et dans mon zèle, je me suis même jeté à ses pieds... ça c’est vrai, j’y étais... malheureusement je n’ai rien pu obtenir.
LA COMTESSE. Il Serait possible !
GLÉMEATIHE , revenant un peu à elle. Ab !
LEOPOLD , la sautenant. Calmez-Tous , chère Clémentine.
■ATBIAS FILS, les montrant à la comtesse.
Chère Clémentine!... Tenez, ils ne s’en cachent pas.
LA COMTESSE. En effet, c’est d’une audace...
MATHIAS FILS, à part. Pauvre petite ! je rarrangerai cela plus tard.
LÉOPOLD, à la comtesse. J’espère , madame, que vous ferez j ustice . . .
LA COMTESSE avec dignité. Taisez-vous, monsieur, ne m’a^rochez pas... ne m’approchez pas...
MATHIAS FILS. N’approcbez-pas, madame la comtesse!...
LA comtesse. Oser entraîner quelqu’un qui a l’honneur de m’appartenir dans une liaison coupable!
LÉOPOLD, à Mathias fils. Quoi ! mousieur, qu’avez-vous dit 7
MATHIAS FILS. Moi? Vous voyez que je ne dis rien.
LÉOPOLD. Mais je devine. {A mi-voix , lui serrant la main.) Vous avez laissé soupçonner... vous m’en ferez raison.
MATHIAS FILS. Hein? {A lui-même.) Encore un coup d’épée... A la bonne heure, j’aime mieux ça que les explications.
LÉOPOLD, bas. A riuslant.
MATHIAS FILS. Volontiers.
LES DEUX FEMMES. Qu'est-ce donc ?
LÉOPOLD. Rien, rien.
MATHIAS FILS. Nous commcnçons à nous entendre parfaitement.
TOUS DEUX. Marchons.
LA COMTESSE, inquiète. Baron !
CLÉMENTINE. Monsieur Léopold !
LÉOPOLD, à Clémentine. Mou... quelques mots qui doivent prouver votre innocence.
MATHIAS FILS, O la comtesse. Je vais lui faire la morale et le ramener.
LÉOPOLD, bas, avec colère. Venez, monsieur, venez.
MATHIAS FILS. Je VOUS suis, mon cher.
(tu sortent.)
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