‹ Père et parrainChapitre 22 sur 35 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

FÉRON , ROULAIN.

BOULAIN. Cette cnfant-lù est adorable !

Elle l'aime ! c'est lui seul qu'elle aime!.. Oh ! il faut que je m'asseye pour savourer ma joie tout â mon aise.

FÉRON. \ raiment oui, voilà un beau sujet de joie !

BOULAIN , assis. Et pourquoi non , je vous en prie ? Je n'osais pas l'espérer ; mais que de fois je me suis dit en le regardant : quel joU couple ça ferait!.,.. Savez-vous qu'il est très-bien ? Et puis , il est marquis !

PERE ET

FÉROX. Marquis! marquis!... vous ne voyez que cela. Mais songez donc à son âge.

BOlîLAiN. Son Age? Eh bien ! quoi 't II n'a pas encore trente-fsix ans. Il y avait entre votre sœur et moi la même distance d'âge , et pourtant...

FÉRON , à part. Que va-t-il rappeler-là?

BODLAIN. Vous voyez que cela ne signifie rien.

FÉRON , à port. Quelle situation! — Détiuire tout le bonheur d'un lionnète homme, apprendre à Pauline la faute de sa mère !... C'est impossible.

BOULAllV , se levant. Eh bien?

fÉrO\. Eh bien? eh bien?... Et la naissance de M. de Renneville ?

BOULAiiX. Il s'en niO([ue joliment de sa naissance!... Poiu rester près de Pauline et de moi , il s'est presque fait ébéniste... Je dirai même que, sur ce sujet, il va beaucoup trop loin... mais tout s'arrangeia. Dans le siècle où nous vivons , tout s'arrange avec de l'argent, et j'en ai... Je peux réaliser six cent mille francs. C'est moi qui ai meublé monseigneur l'archichancelier, monseigneur l'archi-trésorier:

ils me vevdent du bien , et c'est juste... car enfin , je suis un homme essentiel dans l'état ; j'ai rendu des services à la France.

FÉRON. Vous?

BOULAiM. Oui , moi !

Air : F'ajjiJtril/e de r^potfi/'ca/rr.

Où s'est assis le li ibunal ?

Où s'est assis le dircctoirr ?

Où s'est assis le consulat ?

De l'empire où s'assied ia gloire?

Tour à tour ils se sont poses Sur le trône que je de'coie !

Trois gouverncincns sont use's , Mon velours est tout iieul' encore.

FÉROX. Ah I dial)lel BOULAix. Je m'adresserai aux puissances du jour, je ferai des sacrifices s'il le faut , et vous verrez que je finirai par èlre baron... alors il n'y aura plus rien à dire. FÉROX. Si ce n'est que vous êtes fou... BOL'LAix. Comment, fou? Ah! ça, mon cher beau-frère, êtes-vous revenu du Nouveau-Monde pour me dire ces choses-là?

FÉROX. Au reste, je ne sais pas pourquoi je discute avec vous sur une chose qui ne peut pas se faire , qui ne se fera pas. BOULAIX. Qui ne se fera pas?... Ah! je vois ce que c'est !... Toujours vos idées révolutionnaires... Vous ne voulez .pas qu'il y ait une marquise dans votre famille ; mais j'en suis fâché pour vous, il faudra que vous en passiez par là. Je suis le père de ma fille peut-être?

FÉROX. Vous ne savez ce que vous dites. ROULAIX. Comment !.. je ne sais ce que je dis? Ah ça, suis-jc ou ne suis-je pas son père. t« voyons ?

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