BOULAIN, DOROTHÉE
DOROTHÉE. Il court grand risque de ne pas voir sa nièce chrétienne ; Ciir il manque encore quelque chose d'essentiel pour commencer la cérémonie.
BOULAIN. Quoi donc ?
DOROTHÉE. Le parrain.
BOULAIN. Oh ! il viendra... M. Paul de Renneville ne manquerait pas à sa parole pour tout au monde.
DOROTHÉE. Il avait pourtant promis de venir à votre noce , et il n'y a pas paru.
BOULAIN. C'est vrai , mais il était malade.
DOROTHÉE, apec inteiùiun. Adèle aussi était malade , ce jour-là.
BOULAIN. La pauvre enfant ! C'était bieu natui'el... L'émotion, la crainte... une lille est toute bouleversée dans tm pareil moment ; vous le savez bien.
DOROTHÉE. Comment? je...
BOULAIN. Oh! pardon , j'ai dit une bêtise , vous ne devez pas savoir ces choses-là.
DOROTHÉE. Enfm , si M. de Renneville n'arrive pas à tems.
BOULAIN. Je remettrai la cérémonie.
DOROTHÉE. Y pensez-vous ? différer encore de laver votre enfant du péché originel ? •
BOULAIN. Hum!.. .nous sommes si'irs, au moins , que de long-tems elle n'en aura pas d'autres à...
DOROTHÉE. C'est une impiété... Vous tenez donc bien à ce que M. Paul soit parrain de votre fille ?
BOULAIN. Si j'y tiens! mais vous avez donc oublié que si je suis honorablement établi, je le dois à M""' de Renneville... C'est elle qui m'a protégé depuis ma sortie d'apprentissage... C'est M. Paul qui , plus tard , a mis mon magasin à la mode , en me donnant pour pratiques tous nos élégans du jour... Enfin, c'est lui et sou excellente mère qui m'ont fait connaître
Adèle. En la voyant, j'en étals devenu tout de suite amoureux comme un fou , et c'est encore à M. Paul que je dois d'avoir vu se terminer mon mariage , en huit jours.
DOROTHÉE. Se marier eu huit jours î
BOULAIN. IMa foi , on ne se dépêche jamais trop d'être heureux. J'avais longtems attendu , comme vous , avant de me décider ; mais, les années arrivaient chez moi , comme chez vous , et je n'avais pas, comme vous , en perspective , lUi couvent pour pis-aller.
DOROTHÉE. Que voulez-vous dire, mon frère? je suis entrée au couvent par vocation.
BOULAIN. C'est possible : mais celte vocation vous est venue un peu tard.
.\iR : Je loffe au quatrième l'ia^e.
Nous connaissons celle mclhode,
Elle est vieille depuis long-tems;.
On trouve le couvent commode, <
Lorsqu'on arrive à quarante ans :
Dans cet asile sccourahlc,
Une fille , sans hcsilcr,
î"'uit lis Icnlallons du diable
Quanil il renonce à la tenter.
)090CQQC90«eeQ8QQSQQa0e3Q0Q00CQQ6OO0Q0aQQg9»