‹ pere hecker: est-il saint?Chapitre 19 sur 58 · LES · texte numérisé non relu

LES

Ces indications suffiront, sans doute, au lecteur pour l'avertir que les informations publiées dans les journaux et les revues doivent être interprétées avec une attentive réserve. L'Amérique a la réputation de nous surpasser quelque peu dans l’art extrêmement moderne de la réclame et si nous savons, par expérience, que les statistiques et les comptes-rendus présentés aux congrès et aux réunions d'œuvres sont généralement teintés d’optimisme, nous ne serons pas surpris de voir une revue américaine tracer un tableau merveilleux de l’action exercée par les paulistes. M. de Marcey, qui publie ces renseignements dans l’Université catholique du 15 décembre 1897 (Lyon), ne semble pas lui-même exempt d’arrière-pensée sur l’exactitude des faits qu'il relate, et il en laisse, avec une parfaite bonne grâce, la responsabilité au journal américain. Voici comment ils’exprime :

« Nous trouvons dans l’AMERICAN ECCLESIASTICAL Review du mois de septembre dernier (4897) et dans une série d’articles sous ce titre : American Religions fondation, une étude sur les « mission- » naires de l’apôtre saint Paul, communément » appelés Paulistes », en laquelle nous lisons : « L'activité des Paulistes, en ce qui concerne leur » vocation extérieure, a principalement rayonné » en huit directions, » Suit l’énumération des huit directions, qu'on me permettra de repro-

duire en l’abrégeant, comme un témoignage très actuel et, sans doute, très informé. En tout cas, c’est l'Amérique qui parle. »

Après ce préambule plein d’une sage prudence, M. de Marcey donne les extraits suivants de la Revue américaine :

« LEs missions. — Alors que l’Institut naissant ne pouvait disposer que de trois prêtres, ces trois prêtres circulèrent à travers les États-Unis et le Canada, et, de 1858 à 1865, donnèrent quatrevingt-une missions, prêchèrent un nombre considérable de sermons spéciaux, organisèrent beaucoup de conférences publiques et opérèrent des conversions par centaines... De 1870 à nos jours, les Paulistes ont donné à peu près mille missions dans toutes les parties de l'Amérique, et Dieu seul sait le nombre des brebis perdues qu'ils ont ramenées au bercail.….

» 20 LE GULTE ET LE ZÈLE POUR LA MAISON DE DIEU. — Leur église de Saint-Paul est devenue tout de suite célèbre par la solennité des offices publics, l'exactitude dans le cérémonial et la liturgie et la splendeur des décorations aux jours de fêtes.

» 30 LA RÉFORME DE LA MUSIQUE D'ÉGLISE. — Les Paulistes ont introduit chez eux, de très bonne heure, le chant grégorien. Ils ont formé des chœurs spéciaux d'enfants et d'hommes, surtout ils ont organisé et obtenu le chant de toute l’assistance (chant liturgique et chant de cantiques), publiant

metier

et répandant en masse, pour populariser la musique religieuse, des livres de messe, de psaumes et de cantiques..

» 4° LA LUTTE CONTRE L'INTEMPÉRANCE ET L'ALcooLisME, — (Je résume en deux mots: Nulna poussé, en cette matière, le zèle plus loin qu'eux. Un zèle, dit l'AMÉRIGAN EGGLÉSIASTICAL REVIEW, persistent, powerful enthousiastic.)

» 59 LE RELÈVEMENT DU NIVEAU DE LA PRÉDICATION ET DE LA LITTÉRATURE CATHOLIQUES. — (Je supprime les développements.)

» 60 L'ApOSTOLAT PAR LA PRESSE. L'une des œuvres les plus chères au P. Hecker et sa grande

espérance.

» 1° L’APOSTOLAT TOUT SPÉCIAL ET MÊME EXCLUSIF DES NON-CATHOLIQUES. — (Je supprime encore.)

» 8° La pugLicaTION (actuelle) D’UNE REVUE TRI- MESTRIELLE : The Missionary, ET LA FORMATION DE LA Catholic missionary union. — Union pour laquelle les Paulistes font appel au clergé séculier, aux laïques, surtout « aux catholiques parents, voisins, amis des protestants ». Quant aux autres revues publiées par les Paulistes, celle du Catholic World n’a pas cessé de paraître depuis le P. Hecker, et de faire connaître aux Américains les grands travaux catholiques de l’Europe.

Il serait puéril et méséant de chercher à discuter en détail les faits et les chiffres relatés dans celte statistique; qu’il nous suffise d'observer,

outre ce que nous avons dit précédemment, que ces résultats se doivent répartir entre quarante années d’apostolat et que les Paulistes donnent souvent le nom de mussion à toute conférence faite dans une ville par l’un d’entre eux. À ce compte, tel de nos conférenciers populaires, qui n’est pourtant pas des moins discutés, aurait fait, à lui seul, plus de besogne, en dix ans, que tous les paulistes depuis 1858.

En regard de ce tableau, plaçons maintenant celui d’un ancien ordre religieux : voyons quels ont été, en Amérique, les développements de la congrégation de saint Alphonse, que Hecker et ses compagnons jugeaient « impropre à l’œuvre » qu'ils avaient entrevue.

À l’époque où la scission fut opérée entre les Pères Américains et l’ordre du Très saint Rédempteur, il y avait huit maisons aux États- Unis.

En 1897, il en existait trente-trois, dont quatorze de langue anglaise. Ces trente-trois maisons, réparties entre deux provinces, comptent deux cent cinquante-quatre prêtres, soixantesix étudiants, onze novices, et cent soixante et onze juvénistes, soit, un total de cinq cent deux personnes.

Nous trouvons à ce parallèle une singulière éloquence. Tandis que l'on mène grand bruit autour d’une petite société de trente prètres, qui

en est encore, après quarante ans; à /are ses preuves, l'ordre du Très Saint Rédempteur poursuit dans le silence sa magnifique expansion.

Il est donc vrai, n'en déplaise aux novateurs, que s’il y a tou ours place, dans l’Église, pour de nouvelles milices, les religieux du passé et ceux qui leur ressemblent sont encore et resteront les religieux de l'avenir.

Page 1