‹ pere hecker: est-il saint?Chapitre 45 sur 58 · LETTRE APOSTOLIQUE AU SUJET DES CONGRÈS VULGAIRE · texte numérisé non relu

LETTRE APOSTOLIQUE AU SUJET DES CONGRÈS VULGAIRE

» En même temps, vénérable frère, que Nous avons voulu remplir un devoir de notre charge apostolique en vous faisant cette communication, il Nous a plu de vous recommander la pratique suivie par les prêtres Paulistes. Ceux-ci ont pour sage méthode de faire des conférences publiques pour nos frères dissidents, et d'expliquer ainsi les dogmes catholiques ou de réfuter les objections qu’on oppose à ces dogmes. Si chaque évêque dans son diocèse encourageait la pratique et la fréquentation de ces conférences, Nous verrions avec joie cela s'accomplir; car Nous sommes assuré qu'il en résulterait de grands avantages spirituels pour les âmes. Nous vous souhaitons, etc. »

On remarquera la mention, contenue dans cette lettre, de la méthode des paulistes. Certains y voudraient voir une approbation de l'esprit qui les anime et des théories du P. Hecker sur la vie religieuse. Ce serait donner une extension abusive à un texte fort clair. La paternelle bonté du Saint-Père voulant adoucir le coup qu'elle portait aux idées d’une partie du clergé américain. pensait atténuer, par cet éloge d’une méthode, le blâme infligé à tout un parti. Nous savons d’ailleurs de la façon la plus certaine, et nous ne crai- : gnons pas d'être démenti, que si la Vie du P. Hecker eût fait connaître alors, comme elle l’a montré depuis, quelles sont les théories paulistes …

sur la vie religieuse, les disciples d’'Hecker n'eussent pas eu les honneurs d’une pareille mention. C'est ce qui prouve, nous aurons occasion de le redire, que la publication de ce livre est une faute stratégique que l'on regrettera.

Quoi qu'il en soit, le coup fut décisif pour l'idée et pour le congrès des religions. Tout le monde « làcha » l’abbé Charbonnel. Celui-ci, malheureusement engagé au point de n'avoir plus le courage de revenir en arrière, exaspéré par l'abandon et le désaveu de ceux qui l’avaient encouragé et soutenu, écrivit une lettre audacieuse à l'archevêque de Paris, auquel il attribuait une influence décisive dans la ruine de ses espérances. Dédaigneux de cette « prudence qui porte à ne point formuler de maximes générales », M. Charbonnel écrivait :

« Eh bien! Éminence, il faut enfin qu'un de nous ose le dire, un de ceux qui ne se résignent pas à laisser prévaloir un autoritarisme dogmatique sans légitimité philosophique et sans humanité ; non, toutes les religions ne sont pas bonnes; mais oui, en toutes, il y a /a religion qui est bonne, et oui, toutes les consciences sincèrement religieuses, en qui vit l’esprit religieux, sont bonnes par la valeur morale'de cet esprit et de cette sincérité; non, les religions ne se valent pas toutes; mais oui, toutes les droites con-

sciences se valent et ont un droit éqal à exiger le respect de leurs libres convictions.

» Si la foi est le plus grand don de Dieu, la « bonne foi » est le plus grand mérite de l’homme, son droit le plus sacré et le plus à défendre. Les religions valent surtout par l'appropriation que s'en font les âmes et par le soutien moral que les âmes y trouvent. Qu'importe la plus belle et la plus haute des religions si elle n’est pas au fond des cœurs ?.….,

» Nous ne cesserons pas de le dire et de le redire, c’est plus du côté de l’homme que les religions doivent être considérées. 1/ ne s’agit point tant de religions que d'hommes religieux, et point tant de credo et de vérité que d’âmes croyantes et de sincérité. Et ainsi, par delà les sectes et les chapelles, dans une communion supérieure d’aspirations, de sentiments et de prières, se forme la noble élite des âmes religieuses, — l’ « ÉGuse », VRAIMENT, de tant d'élus qui, par l’élevante paix des croyances, ou par des regrets et des désirs de foi, ou par les tourments d’une pensée inquiète, ou par les appels de leur souffrance, le regard vers la lumière, cHercaenT Dieu! »

On sait le reste.

Il y eut désormais, au compte de l’américanisme, le cadavre moral d’un prêtre renégat.

Puisse-t-il revivre un jour! Mais s’il doit demeurer éternellement couché dans cette tombe où la mort est sans espérance, qu’il y reste seul à jamais!

Le

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3 IV TROISIÈME CAMPAGNE : AUTOUR D'UN LIVRE SOMMAIRE. — L'américanisme avait besoin d’un SAINT. — /n-

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