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Les journaux ont publié Les noms des transfuges. Aucun d’eux n’a réclamé. Dans plusieurs diocèses, on nous cite le fait de prêtres apostats, passés au protestantisme et qui ne rougissentpas de revenir comme pasteurs s’établir dans Les localités dont ils avaient été curés. (1)
(1) Voici en quels termes un de ces malheureux prêtres exposait récemment, devant un public protestant, la façon dont il comptait procéder dans son ancienne paroisse :
« I y a donc là, mes Frères, une œuvre à faire. Je connais toute ma misère et toute mon insuffisance, mais puisque le terrain est préparé là pour moi comme il ne le serait pour personne, c’est pour moi un signe non équivoque de la volonté de Dieu. Je serai là dans la situation d’un pasteur protestant qui aurait ses entrées libres et ses plus aimables relations dans les meilleures familles catho-* liques, et qui en profiterait pour mêler le parfum évangélique au parfum qui vient de Rome. Je ne dirai pas à mes amis : « N’allez plus à la messe, brouillez-vous avec M. le Curé, ne l’appelez plus pour vos malades, ne vous servez
plus de son ministère pour les baptêmes et les enterre- -:
ments. Nou, je les inviterai simplement à venir m'écouter dans ma petite chapelle; nous chanterons ensemble des cantiques, je leur expliquerai la Sainte Ecriture, nous prierons ensemble, je leur prêcherai l'Evangile; je m'effor-. cerai de faire naître en eux la foi personnelle et la piété personnelle; et quand les âmes seront entre les mains de : Dieu, Dieu fera le reste.
» Lorsqu'ils seront convertis à l'Evangile, comme je lai été moi-même, ils se détacheront tout naturellement du catholicisme, et alors c'est à eux qu'il appartiendra de décider, dans la plénitude de leur liberté, s'ils veulent se faire protestants ou se constituer en Eglise libre. Je ne
me crois pas le droit de trancher pour eux et d’avarce cette question. »
quence de ces malheureuses défaillances des ; l’homme, qui de tout temps ont existé et ne peu-
un grave symptôme, at s’ils sont le résultat = d' une campagne et si leurs auteurs n'ont plus la | pur de se cacher et de se taire. à - Tandis que nous achevons ce livre, un fait nouveau vient donner une actualité poignante à TER constalation. Le Jeudi Saint, jour de l'ins- titution de la Sainte Eucharistie et du Sacerdoce par Notre-Seigneur Jésus-Christ, à la veille de sa Passion, un prêtre, du haut de la chaire de son R- | église, a fait acte d'apostasie.
g ét Eclair, qui fut jadis la tribune toujours ou- verte au promoteur du Congrès des Religions et qui continue de publier les articles de M. Victor -__ Charbonnel; l’Eclair, journal d'un trop grand à nombre de eo du clergé, publiait la lettre suivante adressée à l’évêque de Beauvais :
ne.
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« Marolles, 7 avril 1898.
Z » Monseigneur,
« Une vocation sincère m'avait conduit au sa- cerdoce dans la religion catholique, que je croyais être la religion du Christ. Après une longue et sérieuse Ctude des dogmes et des insti-
tutions de l'Église, j'ai dû reconnaître que je n'étais plus catholique et que je ne pouvais plus demeurer prêtre.
» C’est pour moi un devoir de loyauté de ne pas garder plus longtemps la direction de la paroisse que vous m'avez confiée. Je remets aujourd’hui entre vos mains ma démission.
» Devant Dieu, je puis me rendre ce témoignage que toute ma vie sacerdotale fut généreusement employée à répandre et à développer le sentiment chrétien dans les âmes. Et c’est pour continuer la même œuvre que je me sépare de votre Église catholique, mais non chrétienne.
» Que le Fils de Dieu, qui s’est révélé à mon cœur, avide de vérité et de vie, daigne consoler ceux que je quitte. Plus tard, ils comprendront à quelles graves convictions j'ai obéi. Ils se rendront compte, comme moi, que le principe même de l’organisation sociale cathelique n’est qu’une reprise du judaïsme et de l'esprit romain de domination, sur le principe chrétien de la piété filiale et de la liberté des enfants de Dieu, et ils ne me condamneront pas si j'ai voulu délivrer: ma foi et affirmer, contre une Église aveuglément autoritaire el oppressive, ma libre conscience religieuse.
» Que le Fils de Dieu me console moi-même et me soit en aide. La séparation que j'accomplis ne va pas sans brisements, sans douloureux sa- .
crifices. Mais Le devoir est à l'homme, et l’avenir est à Dieu.
» Puisque j’aurai fait loyalement, simplement mon devoir, j’aurai confiance en Dieu, maître de l'avenir.
» Je vous prie bien, Monseigneur, de me pardonner la peine que je risque de vous faire, et d’agréer l'expression de mes sentiments très respectueux.
» E. BourDery. »
En publiant le fait, l’Eclar le commente sur le ton d’une certaine allégresse. Il écrit :
« L’évasion continue
» Décidément la chose est grave et doit préoccuper les chefs de l'Église. Il ne se passe pas de mois, ou même de semaine, sans que quelque prêtre, avec plus ou moins d'éclat, sorte du clergé. Depuis le jour où nous avons publié la lettre de démission que M. Victor Charbonnel avait adressée à l'archevêque de Paris, voici bien vingt ou vingtcinq prêtres qui suivent son exemple.
» C’est un mouvement d'ensemble, et tel qu'il ne s en produisit jamais, croyons nous, de semblable et si régulièrement continu.
» L’un de ces prêtres Cvadés, M. A. Bourrier, a fondé à Sèvres, villa Brancas, une maison hospitalière pour recevoir provisoirement ses col-
lègues. Il a créé un bulletin périodique, le Chrétien Français, pour répandre dans le clergé les idées qui le déterminèrent. Le succès a été extraordinaire. Cette petite feuille tire aujour-. d'hui — après quatre mois d'existence — à 6,000 exemplaires. »
En même temps, nous revient d'Amérique le douloureux écho de cet assaut livré à l’Église catholique, en France et à Rome même.
Nous lisons dans le Literary Digest de New- York (26 mars 1898) :
Mouvement évangélique dans la France catholique.
« Nous avons fait mention dans nos colonnes (25 décembre, 1897) d'un commencement d'agitation évangélique en France, parmi certains groupes de prêtres catholiques. Le mouvement paraît s’accroître au delà des frontières de ce pays. À Rome même, un nouveau journal vient de paraître : La Nuova Roma, qui est devenu l'or-. gance des griefs du clergé contre la hiérarchie. Une tribune spéciale a été ouverte dans ce jour- : nal, sousle titre : «Délivrons-nous dela Papauté. »
Dans chaque numéro, des lettres d'adhésion sont
publiées que l'on dit émanées de membres du clergé et de laïcs d'Italie.
» Le centre du mouvement est la France. Là, l'organe de l'agitation est Le Chrétien français,
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is kde bis Los à Fi "x d'atibaé à “ L - Éd
avec le sous-titre de : Bulletin mensuel de la.
réforme évangélique dans le Cathohcisme. Rédigé par un groupe de prêtres et d'anciens prêtres,
ce journal est édité par l'ex-abbé Bourrier, an-
ciennement prêtre catholique, mais ordonné récemment ministre de l'Église réformée à Paris. Ce journal fait la réclame suivante :
« Nous avons des adhérents dans presque tous
les diocèses de France, parmi le clergé de tous
rangs, dans plusieurs cloîlres et communautés.
Nous avons reçu même des témoignages de sympathie d’un membre élevé dans la hiérarchie. Plus de vingl moines et prêtres ont rompu les liens qui les enchaînaient à l’Église de Rome, afin de pouvoir prèêcher l'Évangile dans toute sa
pureté. D'autres et en grand nombre croient
qu'ils peuvent continuer à demeurer dans le sein de
l'Eglise ET QU'UNE RÉFORME PEUT ÊTRE EFFECTUÉE AU