‹ pere hecker: est-il saint?Chapitre 52 sur 58 · UN AVEU DE BROWNSON · texte numérisé non relu

UN AVEU DE BROWNSON

«Nous ferons voir par les propres paroles du D' Brownson quelle était sa compétence pour parler du Libéralisme et démasquer ses tendan- ces. La puissance de séduction de cetrès dange-reux ennemidelareligionest telle que, c’estun fait ne bienconnu, ilcaptivale grand espritdeBrownson . et cela même après qu’il avait écrit ses profondes réflexions sur les relations de l’Église et du siècle.

» C'est de cette courte captivité et de son heureuse échappée des miasmes du camp libéral, qu'il parle dansle passage suivant que nous avons extrait de son article sur les Ordres religieux,

dans l’Ave Maria de 1871. Le 2 » C'est un aveu qui vaut des volumes pour pein- > dre la véritable humilité et Ja réelle grandeur de 3 ce prince des Américains convertis et ce devrait Se . être un avertissement pour ceux qui ont éprouvé J . la fatale séduction du Libéralisme.

É .» Voici les paroles du D' Brownson : $

» Je dois moi-même confesser à ma honte et à mon grand chagrin que, pendant quatre ou cinq ans, jusqu’en 1864, j'ai écouté avec trop de res- pect ces Catholiques libéraux et libéralisants,

pad die ia à

LA

LU

| hs da 5 Î

Le # \

soit ici, soit à l'étranger, et j'ai essayé d’'encourager leur tendance aussi loin que je le pouvais faire, sans me départir absolument de la foi et de : la morale catholiques (quoique j’eusse précédem ment écrit contre eux).

» J'avais été mieux instruit, en sorle que mon meilleur jugement et mes instincts catholiques ne s’accordèrent jamais avec eux; mais j'étais engagé à penser que je pourrais trouver dans les tendances les plus chères à mes concitoyens noncatholiques un « point d'appui » pour mes arguments en faveur de l’enseignement de l'Église et. ainsi faciliter grandement leur conversion en faisant aussi courte que possible la distance entre eux et nous. Ma foi était ferme et ma confiance dans l'Église inébranlable ; mais je cédais à ce

qui me semblait être, pour le moment, une poli=: tique sage et désirable.

» Tout ce que je gagnai fut la défiance d'une grande partie du public catholique et un soupçon parmi les non-catholiques, leur faisant croire que j'étais en train de perdre confiance dans le ca-. tholicisme, pour retourner vers quelque forme de protestantisme ou d'infidélité. Mais je ne fus pas longtemps, par la grâce de Dieu, à découvrir que la tendance que j'encourageais, si elle était suivie jusqu'au bout, me conduirait hors de l'Eglise, et aussitôt que cela devint clair pour moi, je n’hésitai pas à l’abandonner et à supporter de mon.

mieux l'humiliation d'avoir cédé à une influence dangereuse et anti-catholique. »

Il n'y a pas d'humiliation à reconnaître son erreur et à rentrer ouvertement dans le droit chemin, aussi cet aveu loyal fait-il grand honneur au caractère, autant qu'à la bonne foi du philosophe américain. |

Il est vrai, et l’on ne saurait assez le redire, que cette tendance à faire aussi courte que possible ta distance entre les protestants et nous, si elle était suivie jusqu'au bout, conduirait les catholiques hors de l'Eglise. 11 est bon de l'entendre dire par un Américain de la valeur de Brownson.

D'autant plus que, grâce à une propagande chaque jour plus active, le protestantisme s’efforce de gagner à ses erreurs, non-seulement les catholiques faibles et oublieux de leur religion, mais aussi les prêtres, languissants dans la foi et amateurs de nouveautés.

Ce danger a été signalé, il y a quelques mois, par M. Arthur Loth, dans le journal la Vérité. Peu d’autres feuilles catholiques en ont parlé ; plusieurs ont contesté les faits. Ils sont malheureusement trop bien établis, et la réalité est encore plus triste que la peinture qu’en a faite l’'éminent écrivain.

Un certain nombre de prêtres sont entrés au séminaire protestant de Paris et suivent les cours de la Faculté de théologie protestante, à la Sorbonne.

Page 1