XII PRÉFACE
bien ne savons-nous plus ce que nous sommes,nous- . mêmes, pour mettre à ce point au rabais de l’opinion . un titre que l'Église tient à si haut prix et qui suppose, non seulement des vertus, mais l’héroïcité des vertus chrétiennes ? ë On peut être un homme accompli, un chrétien.
fervent, un prêtre zélé, pieux, exemplaire, et ne pas . être un SainT. On peut s'élever très haut au-dessus ” de l'honnêteté et de la vertu communes, et l’on est encore bien au-dessous de ces sommets où règnent | à ceux que, de toute éternité, Dieu a discernés pour en. 2 faire les princes de son peuple, en la céleste patrie. à Ce qui n’est pas permis c’est de dire, avant le jugement de l’Église, qu’un homme est un SaiNT, un … DocTEur, un PÈRE DE L'ÉGLISE. = Les trop enthousiastes admirateurs du P. Hecker à avaient fait, et c’est afin de rétablir la juste appréciation des termes, que nous posons, en vedette, au frontispice de ces pages, la question, à laquelle l'Église seule se réserve de répondre, quand ily a lieu, par l’affirmative: LE PÈRE HECKER EST-IL UN. SAINT ? Quant à répondre négativement, tout chrétien. en a le droit, et nous dirions presque le devoir, jusqu’à preuve certaine du contraire. | Cette preuve, nous l’avons cherchée dans la Vie du P,. Hecker et nous ne l'avons pas trouvée. | Nous avons appris à connaître un homme de bonne volonté, très original, sympathique même, à plus i d’un titre, mais illusionné, mal instruit de sa reli-
gion et de ses devoirs. Il méritait l’estime et l’affecle es se : :
tion de ses amis, qui eussent agi sagement en con-
Dèslors que l’on voulait le faire sortir de l’ombre
… et le poser sur le chandelier pour darder à travers le - monde les rayons d’une gloire usurpée, c'était - l’exposer à toutes les critiques et risquer de
voir s’éteindre l’éclat modeste de ses qualités réelles.
- La fauten’en est point à nous. Nous sommes restés à sur la défensive, en vengeant le bon sens offusqué et la vérité compromise par des éloges vraiment inouiïs, - si l’on en pèse les termes et si l’on met en balance, avec les idées qu'ils expriment, la valeur du héros et - le mérite de ses services et de ses œuvres. . Ce que nous disons, ici, du P. Hecker, on peut le dire également des Paulistes qu’il a fondés.
- Que des prêtres américains se réunissent, aux Etats- ; Unis, pour vivre en commun suivant leurs attraits, et * exercer le ministère qui leur convient, cela intéresse les évêques dont ils dépendent et ne nous . regarde en rien. Mais, si l'on prétend nous donner - cette société pour modèle, et la présenter comme le type des religieux de l'avenir, nous avons le droit et le devoir de connaître et de discuter leur conduite et leur méthode. :
Venons maintenant à la troisième partie de cette étude : celle qui concerne, non plus seulement le