Lésions macroscopiques
A. — Lésions de l'œsophage.
a) CAS DE LA RUPTURE.
La solution de continuité de l'organe se fait au niveau de sa portion rétro-péricardique, le plus souvent au voisinage du cardia, et toujours au-dessous de la fourche trachéale. Elle est de forme linéaire, De direction longitudinale, elle mesure de 1 à 8 centimètres.
Nous la trouvons, 43 fois sur 52 cas, située sur le bord laté-
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ral gauche de l’organe, ce qui s'explique fort bien, comme l’ont montré Bleicher et Girard. Pour le comprendre, il suffit de se reporter à l’anatomie topographique du médiastin. L'œsophage, par sa droite, est appuyé sur le tissu résistant doublant la plèvre médiastinale et tendu entre la veine cave et l’azygos; à gauche, il est libre de se dilater et de se rompre, car moins en contact avec les tissus voisins.
Dans 47 cas sur 52, la déchirure communiquait avec la cavité pleurale, en particulier avec la gauche; dans 3 cas seulement, elle s’ouvrait directement dans le médiastin, jamais dans la trachée.
b) CAS DE LA PERFORATION.
La perte de substance est ici moindre que dans la rupture. Sa forme est arrondie ou ovalaire, ses dimensions vont de celles d'un grain de blé à celles d’une pièce de 5 francs.
Elle siège avec une égale fréquence dans la portion rétrotrachéale et dans la portion rétro-péricardique de l’œsophage, surtout si dans l’étiologie nous retrouvons des manifestations locales syphilitiques ou bacillaires. Dans ces conditions, elle communique aussi souvent avec la trachée qu'avec la cavité pleurale.
B. — Lésions des organes voisins.
La cavité pleurale (généralement la gauche) contient le plus souvent un liquide brunâtre couleur « marc de café », composé d’exsudat fibrino-purulent, de sang provenant d’hémorragies de la paroi œsophagienne s’il s’agit d’une rupture. Gott a montré que ce liquide avait toutes les réactions et même parfois l'aspect du liquide gastrique. Il est probable qu'il s’agit là du reflux partiel du contenu gastrique dans la cavité pleurale au cours de vomissements. L'on y retrouve d'ailleurs des débris alimentaires qui peuvent être volumineux, comme dans l'observation n° IV de Girard et Kissel, qui mentionnent la présence de moules, olives et épices dans la cavité pleurale.
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Les feuillets pleuraux sont généralement épaissis et des adhérences unissent la plèvre médiastinale à l’œsophage, au niveau de la déchirure ou perforation. Toutes ces lésions, si elles intéressent surtout la plèvre gauche, ont cependant été trouvées bilatérales dans 8 cas sur 52 (Walker).
Les poumons présentent un certain degré de congestion et,
par places, de petits abcès,
Les autres organes du médiastin sont emphysémateux et infiltrés de liquide analogue à celui de la cavité pleurale. La trachée, dans les trois observations de fistule œsophagotrachéale que nous rapportons, ne présente pas de lésions macroscopiques spéciales en dehors de l’orifice de communication avec l’œsophage.
Il faut signaler que Gott, dans son observation n° XII, constate la présence d’un ulcère calleux pylorique, et dans son observation n° XVII, celle d’un ulcère duodénal coexistant avec les lésions œsophagiennes.