‹ Pergame; restauration et description des monuments de l'acropole;Chapitre 1 sur 140 · ET II, RUE SAINT-BENOIT · texte numérisé non relu

ET II, RUE SAINT-BENOIT

PRÉFACE

IL n’est pas besoin d’une longue préface pour définir la nature de cet ouvrage. Ce n’est pas la première fois qu'un architecte , ancien pensionnaire de l’Académie de France à Rome, et un archéologue , ancien membre de l'Ecole française d’Athènes, s’associent pour publier une de ces restaurations de monuments antiques, qui constituent, pour les architectes de la Villa Médicis, l’envoi de Rome de quatrième année. La Restauration d'Olympie, due à la collaboration de MM. Laloux et Monceaux, celle d’Épidaure, œuvre de MM. Defrasse et Léchât, ont donné d’excellents spécimens d’un genre de publication qui s'adresse moins aux savants de profession qu’aux lecteurs curieux des choses de l’antiquité, et où les auteurs visent moins à tout dire, avec une érudition minutieuse, qu'à donner un commentaire clair et précis des monuments restitués, en faisant revivre les formes de la vie antique dans le cadre où elles se sont développées. En publiant à notre tour un ouvrage analogue, nous avons tenu à le faire paraître dans les mêmes conditions, à continuer une série heureusement commencée, avec l’espoir quelle ne sera pas close de sitôt.

Peut-être ce nouveau volume montrera-t-il quelle variété cette série peut comporter. Après la restauration de deux sanctuaires grecs, voici celle d’une ville qui fut la capitale d’un royaume hellénistique. Si Olympie et Epidaure ont mis sous les yeux du lecteur des édifices et des œuvres d’art où l’esprit de la Grèce classique a laissé sa marque, Pergame donne la vision d’un art imprévu et brillant, dernière et vigoureuse floraison de l'hellénisme, avant le moment décisif où Rome est devenue l'héritière de la Grèce. Nulle part, on ne voit se manifester plus nettement qu’à Pergame l’effort du génie grec pour modifier les anciennes formules d’art, pour innover après des siècles de production. Ces préoccupations, notre art contemporain les connaît également ; il est tourmenté du même besoin de renouvellement. Nous sommes bien placés pour apprécier avec sympathie une période de l’art grec où nous retrouvons quelques-unes des aspirations de l’esprit moderne.

PRÉFACE

II est presque superflu de dire que ce travail est le résultat de recherches poursuivies sur le champ de fouilles. Abordant l’élude de monuments qui font l’objet d’une grande publication allemande déjà parue en partie , nous proposant d’autre part de soumettre au lecteur non point des matériaux purement scientifiques, mais l’ensemble des résultats acquis, nous étions tenus de nous mettre en mesure de conserver l'indépendance qu’autorise une enquête conduite sur place. Si nous sommes heureux de reconnaître tout le profit que nous avons tiré des travaux étrangers, il nous sera permis d’ajouter que notre restauration est fondée sur une interprétation personnelle et immédiate des documents. L’auteur des relevés et des restaurations s’était préparé à sa tâche en étudiant à Berlin, aux mois de juillet et août 1 8g 4, les fragments d’architecture retrouvés dans les fouilles. Du mois de septembre 1894 au mois de février i8g5, il a séjourné à Ber gaina, pour y relever les monuments mis au jour par MM. Humann et Con\e. L’auteur du texte ne se serait pas cru autorisé à prendre la plume, s'il n’avait à son tour visité l’Acropole de Per game, pour y prendre cette impression directe de la réalité à laquelle rien ne supplée. Il l’a fait au mois d’avril i8g8, grâce à une mission qui lui a été confiée par M. le Ministre de l’Instruction publique.

Il nous reste à dire quel précieux concours de bonnes volontés nous a permis d’entreprendre la publication de cet ouvrage. L’auteur de la restauration a trouvé le plus bienveillant appui auprès de M. Billot, ambassadeur de France à Rome, et de M. Herbetle, ambassadeur de France à Berlin, pour obtenir de la direction des Musées royaux de Berlin l’accès des salles réservées où sont déposés provisoirement plusieurs des monuments de Pergame. De nombreux documents inédits ont été mis libéralement à sa disposition. Il n’a pas trouvé moins bon accueil auprès de M. Humann, qui, avec une parfaite courtoisie, l'a en quelque sorte accrédité à Bergama, et lui a ouvert sa propre maison. Lorsque cette publication a été décidée, et que le concours de M. Roujon, directeur des Beaux-Arts, et de M. Liard, directeur de l’Enseignement supérieur, nous a valu une généreuse souscription du Ministère de l’Instruction publique, nous avons rencontré, aux Musées royaux de Berlin, une complaisance qui ne s’est point démentie. Nous remercions M . Schoene, directeur des Musées royaux , MM. Kekulé et Winter, dont l’obligeance nous a permis d’obtenir d’excellentes reproductions des monuments de sculpture, et nous exprimons tout particulièrement notre gratitude au savant qui a contribué de tout son ^ èle et de toute son activité au succès des fouilles de Pergame, à M. Con~e, dont la haute autorité scientifique est souvent intervenue au cours de ces négociations.

PRÉFACE

Pour l'exécution du volume , nous devons nos remerciements à MM. Lemercier et Dujardin, auteurs des planches en héliogravure, à MM. Cueille et Despréaux qui ont fidèlement traduit, par ta similigravure, les documents que nous leur avions confiés.

En terminant cette courte préface, il sera permis à l'auteur du texte d’acquitter une dette de reconnaissance personnelle, et de rappeler ici le nom de M. Paul Gaudin, directeur des chemins de fer français de Smyrne à Cassaba. Il ne saurait oublier que son voyage, auquel restent attachés pour lui de très chers souvenirs, lui a été singulièrement facilité par l’obligeance de M. Gaudin, et qu'il lui doit d’avoir trouvé à Bergama la plus attentive hospitalité.

Orsay, i" aôut 1900.

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