Altertiimer von Pergamon, IV, p. i
2. Inschriften von Pergamon , VIII n° 236, avec un croquis du linteau, conservé au musée de Constantinople.
TaajMt) 1 qui s’y attache, à Dionysos Kathégémon et au peuple ». A la même porte appartient encore une corniche ornée sur les deux faces de denticules et de têtes de lion 2. Comme l'architrave est travaillée sur les faces latérales, la porte était dégagée à une certaine hauteur. Elle n’avait qu'une seule ouverture, au lieu d'être, comme à Epidaure, divisée en deux parties par un pilastre.
L'auteur de la dédicace, Apollodoros, nous est déjà connu. C'est le généreux personnage qui, en qualité de nomophylaque, avait dédié avec ses collègues, à Zeus Tropaios et au peuple, les portes du Nomophylakion de l’agora. Malheureusement nous ne savons pas à quelle époque il vivait, et il faut le regretter, car la date des remaniements du théâtre se trouverait ainsi fixée. La dédicace étant faite au peuple, M. Fraenkel en a conclu qu'elle se place vers la fin de la royauté, et peut-être même après la fin du régime3 4; mais on trouve dans d'autres dédicaces la mention du peuple ', et l’argument ne semble pas décisif. D'autre part, l’exécution de la frise est assez élégante et assez soignée pour être attribuée à l’époque royale. Nous inclinons à croire que le remaniement de la skéné , et la construction des portes de marbre qui en est la conséquence, purent encore avoir lieu sous les derniers Attalides.
L'inscription d'Apollodoros offre de l'intérêt à un autre point de vue. Elle nous apprend que le théâtre était placé sous le patronage de Dionysos Kathégémon. Or, ce dieu est celui des artistes dionysiaques de Téos, qui ont le privilège de donner à Pergame des représentations scéniques. On sait comment s’étaient constituées, sous le règne d'Alexandre, ces compagnies d’artistes dionysiaques, qui comprenaient tout le personnel nécessaire pour la célébration des jeux musicaux : poètes épiques, tragiques, comiques et autres, acteurs, choreutes, musiciens, jusqu’à des costumiers et des décorateurs 5. La ville de Téos, comprise dans le royaume de Pergame, était le siège principal de la corporation qui s’intitulait « la compagnie d'Ionie et de l'Hellespont ». Ayant à cœur de conquérir les bonnes grâces des rois de Pergame, les artistes de Téos ne leur ménageaient pas les marques de flatterie et les preuves de servilité. Leur agonothète était en même temps le prêtre d'Eumène; la compagnie fêtait solennellement le jour de naissance du roi, et célé-
1. On sait que des tentures servaient souvent à la décoration du proskénion. Il est fait mention, dans les lexicographes, des Trapa-ETxouata qui ornaient la skéné. Voir, sur cette question, Doerpfeld et Reisch, Bas griechische Theater, p. 294.
2. Altertiimer von Pergamon, IV. pl. XXIV. Comparez le profil de la corniche dans la porte du théâtre d’Épidaure. Defrasse et Léchât, Êpidaure, p. 210.
3. Inschriften von Pergamon, VIII ', p. i36,et VIII’, p. 5oq.