‹ Pergame; restauration et description des monuments de l'acropole;Chapitre 118 sur 140 · LE MUSÉE ROYAL · texte numérisé non relu

LE MUSÉE ROYAL

l’exactitude que recherchaient, par la mise au point, les praticiens de l’époque romaine'. Les visiteurs de la collection royale trouvaient donc comme des échantillons choisis des différents styles de l’art grec \

Les Attalides ne recherchaient pas avec moins de zèle les œuvres des peintres célèbres. Ils avaient leurs courtiers, en quête de bonnes occasions, et ils leur ouvraient de larges crédits. C’est ainsi qu'Attale II offrit ioo talents (près de 600.000 francs) du Dionysos signé d’Aristeidès qui faisait partie du butin de Corinthe; l'énormité de la somme offerte fit seule comprendre à Mummius la valeur du tableau; il le garda pour le consacrer à Rome dans le temple de Cérès1 2 3. A défaut du chef-d’œuvre de l’artiste thébain, Pergame n’en possédait pas moins de précieuses peintures. Dans le Pythion, on voyait les Charités peintes par un vieux maître archaïque, Pythagoras de Paros4. Peut-être est-ce dans un temple que l'on conservait deux tableaux remarquables de l’Athénien Apollodoros, le prêtre en prière, et VAjax foudroyé 5. Pour compléter leur galerie, les rois de Pergame se procuraient des copies d’œuvres célèbres. Une inscription de Delphes fait mention de peintres pergaméniens envoyés par Attale II pour copier les peintures de Polygnote qui décoraient la Lesché6. Toutes ces richesses d'art faisaient l'orgueil de la ville, et, même après la chute de la dynastie, les Pergaméniens se montrèrent jaloux de les conserver. On le vit bien, lorsque sous le règne de Néron, un affranchi de 1 empereur, Acratus, voulut les emporter à Rome; les habitants de Pergame s’y opposèrent de toutes leurs forces7.

Tandis que la bibliothèque enrichie par Eumène mettait aux mains des philologues de précieux instruments de travail, la collection royale était bien faite pour provoquer les recherches desérudits. A l’exemple d’Antigonos de Karystos, des savants entreprirent de réunir les notions éparses qui constituaient l'histoire des maîtres grecs; ils firent un examen critique de leurs œuvres; ils dressèrent une liste de noms choisis pour représenter les principales périodes de l’art hellénique; ce fut le canon de l'école de Pergame, qui fit autorité à Rome et dicta souvent aux amateurs romains leurs jugements artistiques 8. Cicéron et Quintilien s’en inspirèrent égale-

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