Alfred Croiset, ouvrage cité, p
4. Sur le musée des roisde Pergame, voir Conze, Sit-ungsberichte der berliner Akad. der W issenschaften ,
1 8q3, p. 207. Fraenkel, Inschriften von Pergamon, VIII ', n°* 4.800; et un important article du même auteur dans le Jahrbuch des ar ch. Inst., VI, 1891, p. 49.
sées modernes, méthodiquement classés pour l’étude. Formée par des princes amis des arts, objet de luxe et d'agrément, la collection des Attalides pourrait être plutôt comparée à celles que réunissaient les papes ou les Médicis. Elle servait à l’ornement des palais royaux et de la bibliothèque, et se composait aussi bien de copies exécutées avec soin que d’œuvres originales. Grâce à des inscriptions trouvées dans les fouilles, et qui proviennent sûrement de bases de statues, nous pouvons restituer, au moins en partie, la galerie de sculpture, et en dresser une sorte de catalogue, fort incomplet, comme on le croira sans peine.
Sur une cymaise ionique, on lit la copie d'une ancienne signature d'artiste, dont l'ethnique est seul conservé; le maître était de Chios1. Il s’agit certainement de Boupalos, un sculpteur du sixième siècle; la base supportait les statues qui, au dire de Pausanias, étaient conservées dans les appartements d’Attale; c'étaient des Charités drapées, souriantes et pimpantes sous leur ajustement archaïque, comme les korai de l’Acropole d’Athènes. Attale ayant acheté l'île d’Egine, il lui avait été facile de se procurer des spécimens de la sculpture éginétique. Elle était représentée par un chef-d'œuvre d’Onatas, un Apollon colossal fondu en bronze 2. Les fouilles n'ont pas livré d'inscriptions mentionnant des maîtres attiques du cinquième siècle. Mais nous avons peine à croire que les Attalides, admirateurs passionnés de l’atticisme, eussent toléré une pareille lacune dans leur musée. Il est sûr, tout au moins, qu'ils possédaient de bonnes copies d’œuvres de cette école. Nous les connaissons déjà : ce sont les statues trouvées dans la bibliothèque, la statue féminine du type de Héra, la Parthénos, et la prétendue Lemnienne. Ces deux dernières suffiraient à témoigner du goût que professaient les Attalides pour le style de Phidias3 . La collection comprenait plusieurs originaux du quatrième siècle : d’abord le chefd’œuvre de Képhisodote fils de Praxitèle, le groupe vanté par Pline sous le nom de symplegma , et dont les connaisseurs admiraient l’exécution moelleuse et caressée4; puis une statue enlevée à Oréos, et signée de Silanion, le célèbre bronzier athénien5; enfin une statue du Béotien Théron, maître de second ordre, qui avait exécuté pour Olympie une statue d’athlète vainqueur 6. Voilà tout ce que nous apprennent les textes et les inscriptions. Mais il y avait sans doute bien d’autres copies exécutées comme on le faisait alors, c’est-à-dire librement, et sans viser à
r. Inschriften von Pergamon, VIII ', n° 46 : sip^âo[?]aTo Xîoç. Cf. Pausanias, IX, 35, 6.
2. Inschriften von Pergamon, VIII n° 48. La statue est signalée par Pausanias, VIII, 42, 7, mais je ne puis croire avec M.Thraemer ( Pergamos , p. 237-239) qu'elle se trouvât à Pergame avant les Attalides, et qu’elle ait été la statue de culte d'Apollon Kalliteknos. Il est plus naturel de croire qu’elle avait été acquise par Attale Ier.
3. Il faut peut-être joindre à ces copies d’œuvres du cycle de Phidias une tête de femme provenant de Smvrne, qui reproduit le type dit de Sappho. Furtwaengler, Meisterwerke , p. 98, note 2, 9, et Statuenkopieen, p. 542.