‹ Pergame; restauration et description des monuments de l'acropole;Chapitre 22 sur 140 · Polybe, XVIII · texte numérisé non relu

Polybe, XVIII

2. Les seules sources littéraires sont quelques lignes d’une sèche chronique Eusèbe, Armen., I, p. 253, éd. Schœne), et quelques phrases absurdes de Justin (XXVII, 3, 1-12).

3. Voici la liste des victoires remportées par Attale, dans la guerre contre Antiochos Hiérax, d’après les inscriptions réunies dans les Inschriften von Pergamon , VIII1, n05 21-22.

N" 21. Dédicace du grand monument triomphal (t<7>v xarà irôXsuov ifiôvtov).

N" 22. Victoire sur Antiochos Hiérax dans la Phrygie de l’Hellespont.

N° 23. Victoire sur les Galates Tolistoages et Tectosages et sur Antiochos près de l’Aphrodision.

N" 24. Victoire sur les Galates Tolistoages près des sources du Caïque.

N° 25. Victoire sur les Pisidiensde Selgé et sur Antiochos.

N° 2(5. Victoire sur Lysias et les autres généraux d’Antiochos.

N° 27. Victoire sur Antiochos au lac Coloé.

N° 28. Victoire sur Antiochos en Carie.

Le détail des événements a été très discuté.

appartiennent, croyons-nous, aux premières années de la guerre. Dans les dernières années, il semble que la lutte se poursuive surtout en Lydie, en Carie, et dans les régions voisines. Les montagnards pisidiens de Selgé avaient fait cause commune avec Hiérax. Attale les bat avec leur allié, et inflige coup sur coup deux défaites à Antiochos, l'une au lac Coloé, près de Sardes, l'autre en Carie. Cette dernière était décisive et l’Épervier s’avouait vaincu. Il s'enfuit en Thrace, et mourut peu de temps après, assassiné par des brigands galates. Cette longue et rude campagne, si glorieuse pour Attale, lui livrait toute la partie occidentale de l'Asie Mineure (228). Il lui fallait cependant faire encore un effort. Inquiet des succès du roi de Pergame, Séleucos Callinicos franchit le Taurus avec une armée (226). On en vient aux mains; mais le roi de Syrie meurt d’une chute de cheval pendant le combat, avant d'avoir vu la défaite des Syriens '. Cette fois la conquête de l'Asie Mineure paraissait assurée. Attale avait étendu jusqu'au Taurus les limites de son royaume, et il pouvait régler avec les villes grecques de l’Ionie les conditions de son protectorat *.

Une nouvelle guerre remet tout en question. Le nouveau roi de Syrie, Séleucos III Kéraunos, reprend l’offensive, et quand il est assassiné en Phrygie, son général, Achaeos, poursuit la guerre au nom d'Antiochos III, successeur de Séleucos. Attale est refoulé dans ses anciens Etats, et assiégé dans Pergame. Mais il se dégage par une vigoureuse campagne, et en 218 il a regagné une partie du territoire perdu. A ce moment, l'Etat de Pergame a ses limites qui resteront définitives jusqu'en 189; elles sont formées par une ligne qui, partant de Colophon, s’infléchirait vers la haute vallée du Sangarios, et suivrait les frontières de la Bithynie. Le royaume d'Attale comprend d’abord un domaine dynastique, dont les limites méridionales nous sont connues par une inscription gravée sur un rocher à Ketschi-Agyl, au sud du cap Hydra ("Opoi üepyap.v w]v) 3 : il comprend, en outre, des pays de protectorat, comme la fédération des villes iliennes, et enfin des villes grecques autonomes, mais payant tribut, comme Cymé, Smyrne, Phocée, Téos, Colophon, avec lesquelles Attale a renouvelé les conventions de 226. La royauté de Pergame est établie, et le roi entend qu'on la respecte. Un poète grammairien, Daphitas de Telmessos, avait décoché aux successeurs de Philétairos une épigramme injurieuse : « Pourprés des meurtrissures du fouet, limaille du trésor de Lysimaque, vous commandez à la Lydie et à la Phrygie. » Attale le fit saisir, et mettre en croix sur le mont Thorax4.

Nous avons dû rappeler les faits qui expliquent le développement de la puissance pergaménienne, et dont le souvenir est nécessaire pour l'étude des monu-

(1) A cette guerre se rapportent de nouvelles dédicaces d’ex-voto faites par Attale ( Inschriften von Pergamon, nos 33-37).

(2) Polybe, IV, 48, 7.

(3) Bulletin de correspondance hellénique, V, 1881, p. 283.

(4) Strabon, XIV, t, 39. Valère Maxime, 1, 8.

LA DYNASTIE DE PERGAME

ments; nous passerons plus vite sur la fin du règne. Aussi bien, les guerres de conquête sont terminées, et Attale peut inaugurer la politique à laquelle ses successeurs resteront étroitement attachés, celle de l'alliance romaine. Maître de l’île d’Egine, qu'il avait achetée aux Romains en 210, pour la somme de 3o talents, il était déjà en contact avec la Grèce. La première guerre de Macédoine lui fournit l'occasion d'intervenir directement dans les affaires grecques, et de gagner l'amitié des Romains. Le danger, pour Pergame, ne pouvait guère venir que de Philippe V, roi de Macédoine, et de son allié Prusias de Bithynie. Aussi quand Rome envoie à Attale l’ambassade chargée de lui faire des ouvertures, il n'hésite pas à se tourner vers ceux qui allaient devenir en Orient les arbitres tout-puissants. Il accueille avec honneur les envoyés romains, leur remet le bétyle sacré de Pessinonte qu'ils sont venus chercher sur la foi d’un oracle, et cet acte religieux scelle l’alliance1. A la paix de 2o5, qui termine la première guerre macédonienne, les vaisseaux de Pergame ont déjà combattu à Oréos à côté des galères romaines.

La seconde guerre de Macédoine faillit coûter cher à Attale. En 201, Philippe envahit ses Etats, parut sous les murs de Pergame, et, ne pouvant venir à bout des solides défenses de l'Acropole, ravagea le bois sacré du Niképhorion, détruisit les temples situés hors de la ville, et se retira vers Thyatire, ne laissant que des ruines au pied de la citadelle. Un peu plus tard, dans la sanglante bataille navale de Chios, Attale manqua d'être pris, et le vaincu royal laissa aux mains des Macédoniens tout le riche matériel qu'en vrai souverain d'Orient le roi de Pergame emportait avec lui en campagne. En 199, une invasion d'Antiochos III, allié de Philippe, met encore Pergame en danger. Attale n'en reste pas moins le fidèle allié de Rome. Pendant l’hiver de 198/7, on le voit assister, aux côtés de Flamininus, à la conférence tenue avec Philippe au golfe Maliaque; la même année, il se rend à Thèbes, avec le Romain, pour décider les Béotiens à prendre parti contre la Macédoine. S’il faut en croire Suidas, il les harangua avec une telle chaleur qu'il en tomba malade. On le ramena mourant à Pergame, et il ne put ni voir le triomphe de Kynoscéphales, ni entendre Flamininus proclamer la liberté de la Grèce.

Attale laissait un Etat prospère, riche, assuré de l’alliance romaine. Mais il avait su aussi se faire accepter des Grecs comme un protecteur, comme un souverain philhellène. On le vit bien à l’accueil que lui fit Athènes en 201, lorsqu'il vint en Attique pour s’entendre avec les ambassadeurs romains. Les Athéniens le reçurent avec enthousiasme. Au Dipylon, il trouva rangés sur son passage les prêtres et les prêtresses; on lui ouvrit tous les temples, et on le pria d’immoler de sa main les victimes2; une des tribus attiques reçut le nom d'Attalide. Le roi remercia la ville en consacrant sur l’Acropole d’Athènes un bel ex-voto. A Sicyone,

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