‹ Pergame; restauration et description des monuments de l'acropole;Chapitre 28 sur 140 · Justin, XXXVI · texte numérisé non relu

Justin, XXXVI

LA DYNASTIE DE PERGAME

tique, il vit retiré dans son palais, et s'occupe à composer des traités d'agriculture, à faire de la ciselure sur bronze, à étudier les poisons, et à les essayer autour de lui. Montre-t-il au moins les qualités militaires de sa race? Des inscriptions font allusion à des accroissements de territoire survenus sous son règne 1 ; mais les textes n'en parlent pas, et il s'agit sans doute d'une rectification de frontières sans grande importance. En 1 33 , Attale meurt de maladie, laissant par testament son royaume au peuple romain. Il y eut certainement à Rome des sceptiques, qui crurent à un faux testament, fabriqué par le Sénat pour expliquer la prise de possession du royaume par la République romaine. Horace parle ironiquement de ce roi qui choisit un héritier aussi éloigné 2. Mais le testament d'Attale était fort authentique; une inscription de Pergame en fait foi3. Nous possédons aujourd'hui deux décrets rendus par les Pergaméniens, après que le roi « a quitté les hommes et laissé la patrie libre ». La ville s'organise comme une cité délivrée de la royauté, et se prépare à vivre sous la tutelle romaine : on règle la condition de certaines classes d’habitants; on accorde le droit de cité aux soldats macédoniens et mysiens, et le droit de paroikia aux affranchis, aux esclaves royaux et publics. C'est en vain qu'Aristonicos, le fils naturel d'Eumène II, essaie de restaurer la monarchie et de tenir tête aux Romains; il est pris en 129 par Perperna. Le royaume de Pergame devient la province d'Asie.

Nous n’avons pas à raconter l’histoire de Pergame sous la domination romaine; elle reste en dehors du plan que nous nous sommes tracé. C’est l'histoire d'une grande ville prospère et opulente, une des plus riches de la province d’Asie. La première, elle eut la gloire d’élever à Rome et à Auguste, après Actium, un temple qui devint le centre du culte impérial de la province; les Pergaméniens purent s'appeler « les premiers néocores » de l’empereur. Pergame eut ses grands prêtres d’Asie, et célébra des jeux solennels. Elle eut une école de médecine renommée, dont Galien et Pélops furent les gloires. Elle s'enorgueillit de compter des enfants illustres, comme un certain Julius Quadratus, qui fut proconsul d'Asie et consul. Elle éleva beaucoup de statues. Elle applaudit aux fastidieuses harangues du rhéteur Æliu§v Aristide, et admira ses pastiches prétentieux d'Isocrate et de Démosthène. Elle se passionna pour les tournois oratoires où ses champions disputaient à Smyrne et à Éphèse le titre de « première cité de l'Asie », tandis que les proconsuls romains souriaient de cette vaine gloriole. Quand Constantin répartit la province d'Asie, en diocèses, elle dut cependant se résigner à voir

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