Ibid., nu
3. Plutarque, De f rat. amore, 18. Cette hypothèse a été soutenue par Koepp ( Rhein . Muséum, XLVIII, p. 154, cf. Paulv- Wïssowa, Real-Encyclopaedie , p. 2169) et par Pedroli, Ilregno di Pergamo, p. 5g.
4. Inschriften von Pergamon, 1. 32 et 39. Lettre d’Attale III au Sénat et au peuple de Cyzique.
5. Strabon, XIII, 4, 2. Il est vrai qu’un peu plus loin Strabon parle en propres termes de la royauté d’Attale (paffiXsûuaçj.
son dévouement, le surnom de Philadelphe qui lui fut attribué. C'était un vaillant homme de guerre. Il avait, en 190, énergiquement défendu la capitale du royaume, assiégée par Séleucos de Syrie, conduit une charge brillante dans la grande bataille de Magnésie du Sipyle, secondé le consul Cn. Manlius dans une campagne heureuse contre les Galates, pris part à la guerre contre Prusias de Bithynie, et combattu à Pydna à côté de Paul-Émile. C’était aussi un habile diplomate. A plusieurs reprises Eumène l'envoya en ambassade à Rome, et il conquit si bien la faveur du Sénat, qu'il en reçut l'offre d'une royauté indépendante. Après quelques hésitations, et sur les instances du médecin Stratios, envoyé par Eumène, sa fidélité à son frère fut la plus forte, et il repoussa les avances du Sénat. Son frère ne lui tint pas rigueur, et, en 1 63, il lui confia une nouvelle ambassade à Rome, pour y répondre aux griefs que Prusias venait exposer devant le Sénat.
Dès son avènement, sa principale préoccupafion est de dissiper tous les malentendus entre Rome et Pergame, et de se plier docilement à toutes les exigences du protectorat romain. Il s'emploie de son mieux à rétablir sur le trône de Cappadoce Ariarathe V, le protégé de Rome, expulsé par Orophernès. Il appelle Rome à son aide, dans une guerre contre Prusias II, qui l’assiège dans sa capitale, et ce sont des légats sénatoriaux qui règlent les conditions de la paix. Quand Prusias a essayé d'éluder ces conditions, et qu’il est tué dans Nicomédie, Attale consacre un monument commémoratif dont la dédicace accuse l'état de servilité où est tombée Pergame. Le roi rappelle qu'il a puni Prusias pour avoir « transgressé les conventions imposées par les Romains1. » C’est le bon plaisir du Sénat qui fait la loi aux rives du Caïque; c'est pour recommander à la bienveillance des sénateurs son futur successeur, qu’Attale envoie à Rome son neveu encore enfant et le Sénat le reçoit avec des honneurs proportionnés à son âge. Attale II a encore l'occasion de témoigner sa fidélité aux Romains, dans leur guerre contre Andriscos et les Achéens; il reçoit sa part du butin de Corinthe; puis arrivé à un âge avancé, il meurt en 1 38, après un règne de vingt et un ans.
Attale III Philométor (1 38-i 33). — Avec le jeune prince de 33 ans qui succédait à son oncle, devait s’éteindre la famille des Attalides, et finir la royauté. Si les récits des historiens anciens sont exacts, la dynastie de Pergame sombre dans une démence sanguinaire. Justin fait d'Attale III un fou inquiet et soupçonneux2. La mort de sa mère, la vieille reine Stratonice, qu'il aimait tendrement, puis celle de sa femme Bérénice lui avaient causé une telle douleur qu'il en eut l’esprit troublé. Il commence par faire mettre à mort ses parents et ses amis, qu'il accuse d’avoir, par leurs maléfices, amené la mort des deux reines. Dès lors il se condamne à une existence solitaire. Débarrassé par la protection de Rome de tout souci poli-