Defrasse et Léchât, Epidaure, p. 80 et suivantes
ASCLÉPIOS. MON- NAIE DE PERGA- ME. (Cabinet des médailles.)
ment il y vint plusieurs fois demander la guérison de son asthme et de ses tumeurs. Le dieu renouvelait à Pergame les fameux miracles d'Epidaure, et il dictait aux dévots pèlerins les mêmes ordonnances saugrenues. On vit un jour Aristide faire en courant le tour des nombreuses chapelles qui peuplaient le téménos : c'était l'ordre d'Asclépios1.
Nous connaissons maintenant les limites de la ville d'Eumène. Moins étendue que la Pergame romaine, elle couvrait seulement les pentes de la colline. Mais pour le visiteur curieux de connaître la capitale royale, tout annonçait dès l'abord une cité orgueilleuse de sa richesse. Qu’il arrivât par la route d'Elaea, ou par la haute vallée du Caïque, il traversait un faubourg peuplé de temples et de chapelles; il longeait des sanctuaires où, dans l'opulente et vigoureuse frondaison des bois sacrés, brillaient des statues de marbre ou de bronze, décor pittoresque et riant, que remplacent à présent des cimetières turcs, alignant leurs pauvres stèles blanches sous l'ombre épaisse des cyprès. Il apercevait, sur les pentes aujourd'hui dénudées de l'Acropole, le lacis des rues, les maisons claires de la ville neuve, le haut quartier, plus sombre, plus sévère, retranché derrière les vieilles murailles d'Attale Ier. Par les rues montantes, parfois aussi escarpées que les ruelles du moderne quartier grec, il accédait au pied des terrasses, dont il avait vu de loin se dessiner la fière silhouette. De hautes constructions lui annonçaient le voisinage de l'agora; il entrait dans la partie de l’Acropole où les Attalides avaient concentré les monuments les plus riches, les souvenirs les plus glorieux de leurs victoires.
i. Aristide, éd. Dindorf, p. 485. On trouvera d’intéressants rapprochements entre les cures faites par le dieu à Épidaure, et celles qu'il accomplit à Pergamé, dans le récent ouvrage de M. Cavvadias, To Upôv -roû ’AoxXïjmoü èv ’E-ioaüpw, Athènes, 1900, p. 277-28?.