Pausanias, VI
3. Fougères, Mantinée et l'Arcadie orientale, p. 164 et suivantes.
4. Voir le rapport sommaire de Schrader, Wochenschrift für klassische Philologie , 1898, p. 272 et 3o3.
5. Cette terrasse semble bien appartenir à l’époque d’ Eumène II. Le mur de soutènement, avec le redan qu’occupe une dépendance du portique sud. double en effet l’ancien mur d’Attale Ier, dont nous avons parlé dans un chapitre précédent. Il y a là deux murs d’époques différentes qui sont juxtaposés; le système paraît fort compliqué quand on l'étudie sur place.
L’AGORA
la déclivité du sol, cette rampe devait être assez raide; mais des traces de dallage encore apparentes ne permettent pas de restituer là un escalier. Ce passage franchi, on se trouvait sur la place du marché, pavée de larges dalles de trachyte.
La disposition particulière des deux portiques sud et du portique oriental ne laisse pas de doutes sur leur destination; ils appartenaient à la partie de l'agora destinée au commerce. Profonds de i3 mètres, ils étaient divisés en deux parties par une colonnade intérieure; fermés par un mur plein du côté extérieur, ils tournaient vers la place leur façade et l’alignement de leurs colonnes. On avait utilisé,
pour cette construction, le trachyte que fournit la colline; cette pierre, d'un emploi courant à Pergame, avait paru suffisante pour l'architecture très simple des portiques. La façade est d'ordre dorique, avec un entablement où règne la frise de triglyphes qui est de règle. Mais la cymaise habituelle est remplacée par une platebande qui couronne le larmier. Le chapiteau offre un abaque très aplati, avec un gorgerin formé de trois listels en saillie. Quant aux colonnes, hautes de 3m,83, elles ne sont cannelées qu à partir du tiers de leur hauteur. Dans la partie inférieure, elles présentent, au lieu de cannelures, des plans régulièrement taillés, se coupant à arêtes vives, et donnant au fût une forme polygonale.
Si l'on n'a pas de peine à reconnaître dans ces portiques les halles où s’assemblait, aux jours de marché, la foule des vendeurs et des acheteurs, l’agora de Pergame avait aussi ses docks, ses dépôts de marchandises. Par une disposition curieuse, dont l'agora de Priène et celle d’Ægae, en Éolie ', offrent d'autres exemples, sous les portiques régnait un étage inférieur; et en raison de la déclivité du terrain, cet étage se trouvait être un sous-sol du côté de 1 agora, un rez-de-chaussée du côté extérieur. Sous le portique sud-ouest, il est divisé en une double rangée de chambres qui communiquent entre elles; sous les autres, il y a une rangée simple ou une rangée double, suivant que le terrain s y prête. On n observe aucune trace de communication directe entre ces chambres et les portiques supérieurs; il fallait y accéder du dehors, par des portes ménagées dans le mur extérieur, et qui donnaient du jour au sous-sol. C'étaient donc là de véritables magasins; c'est là que s'entassaient les ballots de marchandises, les céréales, les produits de la riche vallée du Caïque, dont les cours se débattaient sous les colonnades de la place du marché.
Les fouilles de Priène nous ont appris que l'agora de cette ville était divisée en deux parties : l’agora marchande, et l’agora officielle, réservée aux magistrats qui y exerçaient leurs fonctions, et y donnaient leurs audiences. A Priène le grand portique nord, voisin du Bouleutérion et du Prytanée, s appelait « le portique sacré » (upà cto a) et ce nom paraît être l’équivalent de celui d « agora sacrée » (Up-À àyopvi) employé à Halicarnasse 2 3. Il est très vraisemblable qu à Pergame on avait établi la même distinction. Le Prytanée ', le dépôt des lois et des archives (vo^oipo- 7>ax.iov) 4, le local affecté aux agoranomes, chargés de la police du marché, avaient certainement leur place sur lagora, et ces édifices devaient constituer 1 agora officielle. Nous la chercherons dans la partie nord, où les constructions ont une
1 . Pour l’agora de Priène, nous avons pu constater nous-même cette disposition. Pour l’agora d’Ægae, voir Bohn et Schuchhardt, Altertümer von Ægae, Berlin, 1889, p. 21 et suivantes, avec une planche donnant une coupe sur le portique, fig. 24. Il faut noter qu’à Ægae, M. Bohn restitue deux étages inférieurs.
2. Schrader, Wochenschr. für klass. Philologie , 1898, p. 304.