‹ Pergame; restauration et description des monuments de l'acropole;Chapitre 39 sur 140 · Ibid., VIII1, n° 23j · texte numérisé non relu

Ibid., VIII1, n° 23j

L'AGORA

physionomie particulière, et tranchent sur l’uniformité des portiques affectés au commerce.

Voici d’abord, au nord-est, une aile formant retour d’angle avec le portique oriental. Elle comprend deux salles, dont la plus longue, celle de l’est, a trois

portes ouvrant sur une simple colonnade; du côté extérieur, elle prend jour par trois fenêtres dont on trouve 1 indication dans notre plan restauré (pl. XI). Nous y reconnaîtrions volontiers le Nomophylakion. On a en effet trouvé, dans le mur byzantin voisin de l’agora, deux dédicaces gravées sur des linteaux de porte qu’on restitue sans peine à cet édifice. Les inscriptions rappellent que trois nomophylaques, et un de leurs assesseurs, un paraphylax , ont consacré à Zeus

Tropaios et au peuple la grande porte (to ôiiplojjwt), les jambages (tzç 7tapacTa5aç) et les portes latérales (t«; mcpaOépaç) Les trois portes que ces magistrats ont décorées à leurs frais ne sont-elles pas celles dont nous parlions tout à l'heure? Et n'est-ce pas dans l'édifice en question que se trouvait le dépôt des lois dont ils avaient la garde? Nous ne voyons pas, pour cette salle, d'identification plus plausible. Il est plus difficile de proposer un nom pour l’édifice voisin, une salle plus étroite et plus profonde, ornée d'une façade à antes ouvrant directement sur l'agora; un banc régnait le long de la paroi du fond, et en avant se dressait une base qui supportait une statue de bronze. Les dimensions de la salle, l'absence de gradins, ne permet tent guère de penser au Bouleutérion. Peut-être faut-il replacer là le prytanée; mais nous n'insisterons pas sur une hypothèse que nous ne saurions justifier.

De l'autre côté de la route de l'Acropole, s’allongeait un portique adossé au massif de terrain qui supporte la terrasse du grand autel2. Il n’a ni sous-sol ni double colonnade, et paraît être un promenoir, analogue à celui du « portique sacré » de Priène3. A son extrémité ouest, il est en communication avec un édicule rectangulaire, construit en bel appareil, et mesurant environ io mètres carrés de superficie. Cette pièce avait deux entrées, l'une sur le portique, l'autre sur la place, toutes deux ornées de colonnes ioniques. Non loin de là, les fouilles ont mis à découvert une base de marbre sombre, décorée de guirlandes, et portant une inscription métrique de l'époque royale, dont les derniers vers, seuls intelligibles, nous apprennent que c’était la base d’une statue d'Hermès, consacrée aux Nymphes par l'agoranome Apellès4. L'agora d’Athènes avait, elle aussi, son Hermès agoraios , dont la statue de bronze s’offrait aux visiteurs qui se dirigeaient vers le Poecile5; mais combien plus curieuse devait être celle de Pergame! « Apellès, dit l'inscription, m'a consacré aux Nymphes, moi, Hermès le messager, le gardien éternel qui veille à l’observation des lois. C’est pour cela que, de ma corne d'abondance, coule un jet d'eau qui indiquera aux gens de l’agora les limites du temps fixé. » La statue dédiée par Apellès était donc une véritable horloge hydraulique. A certains intervalles, un ingénieux mécanisme faisait jaillir l’eau de la pointe de la corne, à la grande joie des badauds, et le jet liquide indiquait soit les moments prescrits pour l’observation de certains règlements de police, soit tout simplement les heures. Mettre cette statue-clepsydre en relation avec

1. Inschriften von Pergamon, VIII *, n° li-j. Dédicace des nomophylaques Apollodore, Dionysios, Aristoboulos. N° 23g, dédicace du paraphylax Asclépiodoros. M. Fraenkel pense que ces deux inscriptions se rapportent au même monument.

2. M. Bohn fait remarquer que le mur de fond actuel est d’une époque postérieure, Jahrbuch der preuss. Kunstsammlungen , 1 888, p. 71.

3. Peut-être est-ce là ■< la promenade de l’agora », l’àyopavôpuoç TCEpûraTOç, qui fut restaurée à l’époque romaine. Inschriften von Pergamon, VIII \ 333 A, 6.

4. Inschriften von Pergamon , VIII, n° i83. Cl. Conze, Zur Topographie von Pergamon, dans les Sitçungsber. der berl. Akad., 1884, p. 10-11.

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