César, De bello civili, III. io5. Dion Cassius, XLI
4. C'est l’opinion adoptée par M. Fraenkel dans le commentaire d’un décret royal relatif à un débat entre les artistes dionysiaques et les habitants de Téos ( Inschriften von Pergamon, VIH', n° 1 63). Il y est dit, (D. col. m) que le décret sera placé dans le femple de Dionysos (foe? xpîvw, ovoypa^vai ei; tô tepbv -cov AiovÛuoù), et M. Fraenkel conclut qu’il s’agit d’un temple plus grand que celui de l'agora, édifié hors de la ville. M. Conze
L'AGORA
soudre la question. Remarquons seulement que l'exiguïté du temple ne saurait être mise en cause au sujet du prodige, et que l’existence d’un second temple, analogue au Niképhorion, est une hypothèse qu'il est impossible de vérifier.
Dionysos n’était pas la seule divinité qui fût l'objet d’un culte sur l’agora. La dédicace à Zeus Tropaios des portes du Nomophylakion permet de croire que ce dieu avait près de là son autel. Une inscription de l’époque romaine 1 mentionne l’autel de Zeus Soter sur la place du marché, et l’on se rappelle que Zeus était honoré sous le même nom à l’agora d'Athènes. Pour la place de ce monument, on devra peut-être songer à 1 une des grandes bases qui s élèvent en face du temple de Dionysos, dans la partie occidentale de l’agora. Aux autels, aux monuments votifs, il faut ajouter les nombreuses statues qui s'alignaient le long des portiques de vente. et bordaient la route de l’Acropole. Statues d’Hermès, dédiées par des agoranomes au dieu protecteur du marché, statues de prytanes, de prêtres de Dionysos, quelquefois consacrées par le roi1; statues de fonctionnaires ou de magistrats, combien d’effigies de bronze ou de marbre arrêtaient les regards des promeneurs, et amusaient leur curiosité!
Si 1 on veut achever de rendre à la place du marché sa physionomie vivante, on évoquera le souvenir du va et vient qui remplit un bazar oriental; on se 1 eprésentei a, sous les colonnades, la foule affairée des acheteurs; on imaginera, dans le demi-jour des portiques, les étalages où s'accumulaient les riches étoffes, les tapis phrygiens, les vases à parfums, les sachets à aromates, les objets de cuir multicolores, harnachements, chaussures passementées, dont la fabrication est restée, comme par une singulière survivance, une des industries les plus prospères de Bergama. Et faut-il encore faire revivre les types populaires que coudoyaient les flâneurs? Les terres cuites d’Asie Mineure, en particulier celles de Myrina, nous les présentent, poussés à la charge par la verve comique des artistes Voici le marchand forain, maigre, efflanqué, tenant la corbeille où s’étalent de belles figues de Ly’die, et criant sa marchandise à pleins poumons; le bateleur débitant son boniment aux curieux attroupés; le paysan apportant ses paniers remplis de raisins; le petit bourgeois revenant de faire son marché, et
combat ces conclusions. Il pense que le temple visé par l’inscription est à Téos, et non à Pergame [Sit^ungsherichte der preux. Akaiemie, i8g5, XLVII, p. io59j. Il n’exclut d’ailleurs pas, comme on le verra plus loin, l’hypothèse suivant laquelle Dionysos aurait eu un second temple sur la terrasse du théâtre. Ce serait le temple ionique dégagé par les fouilles, dont il sera question au chapitre IX.
1. Inschriften von Pergamon, VIII1, n° 25 t. I. 3o. Iv ^ àyopai 1*1 ™ Atàç c^poc ™ BtojxG.. Que cet autel son distinct du grand autel de la terrasse supérieure, c’est ce que M. Fraenkel a démontré. Ibid., n° 69, p. 55.