‹ Pergame; restauration et description des monuments de l'acropole;Chapitre 53 sur 140 · Voir notre planche IX · texte numérisé non relu

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critiques les plus sévères conviennent que nulle part la composition n'est mieux équilibrée, le style plus large, l'exécution plus robuste1. Prenant vivement du recul pour frapper, le dieu brandit le foudre de la main droite, et d’un geste victorieux il étend le bras gauche armé de l'égide; son manteau flottant, creusé de plis profonds, laisse à nu une poitrine puissante. Déjà deux Géants ont été foudroyés par l'arme divine; l'un d'eux s'est affaissé, la cuisse traversée par un foudre; l'autre est tombé sur les genoux, tout défaillant, et porte la main à son épaule blessée. Seul le Géant Porphyrion résiste encore. Arc-bouté sur ses anneaux de serpent, il menace fièrement le dieu de son bras enveloppé d'une peau de bête. Mais le geste de Zeus dit clairement que l'issue du combat n'est pas douteuse, et qu'un nouvel éclat de la foudre va terrasser son adversaire. Dans cette composition simple de lignes, bien remplie, sans surcharge ni confusion, le style est à la hauteur de la conception; la draperie est traitée avec un art consommé, et quel sentiment de la vie éclate dans les nus, dans le torse de Zeus, dans celui du vieux Géant, dont le dos musculeux est d'un modelé si large et si ferme !

Athéna partage avec Zeus la place d’honneur et sa victoire est mise en scène avec la même ampleur2. Revêtue de ses armes, le bouclier au bras gauche, la déesse vient de terrasser Alkyoneus, un jeune Géant ailé, qu’elle a saisi par sa chevelure. Celui-ci, mordu au sein par le serpent familier d'Athéna, lève vers le ciel un visage plein d’angoisse, et d'un geste instinctif étreint le bras de la déesse. Devant lui un buste de femme échevelée émerge du sol : c’est Gaea, sa mère, qui demande pitié; mais en vain, car une Victoire, volant dans le champ, consacre le triomphe d'Athéna en posant une couronne sur son casque. Avec le groupe de Zeus, celui d'Athéna formait le centre de la frise, sinon dans l'ordre matériel, au moins dans l'esprit de la composition. Les figures principales ont une direction inverse et symétrique, comme si elles étaient placées dans les ailes d’un fronton. Pourtant si le groupe d'Athéna contient des morceaux d'une réelle beauté , témoin le torse du Géant, il offre une composition moins heureuse que le précédent. Les lignes y sont moins simples, plus enchevêtrées; le sentiment dramatique y est traduit par des moyens plus artificiels, par une conception plus théâtrale.

A l'extrémité orientale, le côté est de la frise se terminait par la figure d’Arès combattant sur son char. Il ne reste que l’attelage : des chevaux cabrés, d'une superbe allure, foulant aux pieds le corps d’un Géant tombé. Mais si mutilé que soit le morceau, il mérite attention, en nous montrant quels changements le type du cheval a subis depuis l'époque classique. Aux fins et nerveux coursiers

1. Nous renvoyons à l’étude de Rayet, Monuments de l'art antique, t. II, pi. 61 et 62.

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