Pl. VIII
PI. VII bis.
Nymphes. Hermès.
Brontéas
Argos (?).
Satyres. Dionysos.
Eôs. Héméra. Æthcr.
Ouranos. Thémis.
Phœbé. Astéria.
Les Gorgones.
Polybotès.
Poséidon.
jANTOMACHIE {État actuel et mise en place des fragments).
LE GRAND AUTEL
dionale à la face orientale. Sur cette dernière, le sculpteur a groupé les grands
dieux qui n'ont pas encore trouvé place dans la frise; c’est comme la face d’honneur, celle qui est consacrée à la glorification des titulaires de l’autel. Entre les
groupes précédents et ceux de Zeus et d'Athéna, la transition était habilement ménagée; les divinités delphiques et Hécate formaient comme le lien naturel entre les divinités de la lumière et le maître de l'Olympe. C'est Hécate qui apparaît la première sur la face méridionale, luttant avec le géant Klytios. Traduire la triple nature d'Hécate sans altérer la beauté de la forme, sans opposer aux Géants monstrueux une divinité aussi monstrueuse qu'eux-mêmes, c’était là un problème assez difficile. Le sculpteur l'a heureusement résolu, ou, pour mieux dire, il l'a adroitement esquivé. Les trois corps d'Hécate sont comme superposés, si habilement qu’il faut un effort d'attention pour les distinguer. On aperçoit tout d'abord une divinité vue de dos, armée d'un bouclier, et brandissant une torche; au second plan, une autre armée d’une lance; au troisième, une tête casquée, et un bras tenant une épée. Cette triple file de déesses combattant représente la triple Hécate, et ainsi l'exactitude mythologique est respectée sans que le goût soit choqué, car une élégante figure aux draperies mouvementées s'impose seule au regard. Dans le groupe qui suit, le sculpteur s’est inspiré de la légende rapportée par Apollodore, et suivant laquelle un des Aloïdes, le géant Otos, aurait conçu de l'amour pour Artémis Avec une recherche évidente du contraste romanesque, il a fait d’Otos l'adversaire de la chasseresse divine. Le Géant, un bel éphèbe casqué, armé de la lance et du bouclier, est comme saisi de surprise à la vue de la déesse; mais celle-ci, impitoyable, lui décoche une flèche meurtrière, tandis qu'un des chiens de sa meute plante ses crocs dans la nuque du Géant Aigaion, déjà terrassé. Plus loin, Latone darde la flamme de sa torche au visage de Tityos, et Apollon, avec un geste d’une belle ampleur qui fait valoir l'admirable modelé du torse, tient l’arc encore vibrant dont la flèche vient de frapper le Géant Ephialtès. Ici, la frise présente une lacune où l'on restitue volontiers les figures de Déméter, des Moires, d'Héphaistos, celle de Héra dont il reste un fragment, et enfin celle d'Hébé. Plus loin, voici un morceau annonçant la présence prochaine de Zeus; c’est un attelage de quatre chevaux ailés, lancés au galop et foulant aux pieds le corps d'un Géant ailé. Il paraît bien légitime de reconnaître ici les Vents, Euros, Borée, Zéphyre et Notos, qui, dans une légende suivie par Nonnos1 2, amènent le char de Zeus prêt à combattre contre Typhon. Qu'un artiste érudit ait transporté dans la Gigantomachie un épisode emprunté à une autre légende, faut-il s’en étonner? Nous ne sommes pas au bout de la frise et l'on voit déjà quel effort d’invention a dû faire, pour la remplir, celui à qui était échue la lourde tâche d'en composer la maquette.
Le groupe de Zeus est le morceau de maîtrise de la grande frise3, et les