‹ Pergame; restauration et description des monuments de l'acropole;Chapitre 65 sur 140 · as. (Etat actuel · texte numérisé non relu

as. (Etat actuel

Abstraction faite de l'absence de cannelures aux colonnes, le temple d Athéna Polias ne diffère ni par son plan, ni par ses caractères architectoniques, des temples doriques élevés en Grèce aux cinquième et quatrième siècles. Qu’il soit antérieur à l’époque royale, on n’en saurait douter. L'emploi du trachyte au lieu du marbre, le mode d’assemblage des matériaux, qui comporte des tenons de bois au lieu de goujons métalliques, la simplicité de la décoration, tout cela Tl

nous reporte à une date où Pergame n était encore qu une ville fort modeste. Le style et la technique architecturale suffiraient à faire croire que le temple a été bâti au quatrième siècle. Mais nous possédons un témoignage plus décisif. Sur deux tambours provenant des colonnes du pronaos, on a déchiffré des dédicaces à Athéna. L’une d'elles mentionne un certain Partaras, un homme d origine barbare, à en juger par la physionomie

ATHENA POLIAS.

(État actuel.)

io6

de son nom; l'autre, qui est une inscription métrique, a été gravée par les soins

d'un personnage inconnu, fils d’Artémon'. Sans doute ces deux dévots d'Athéna

i. Hapripaç ’A0r,vaiV,t. Inschriften von Pergamon, VIII', n" i. Voici l’autre dédicace : . ..o; [t]ôvSs àvé[8r)wv] | ApTsutovoc; -7ratç coî, TpitoyevEta 0ei. Ibid., n° 2.

LE SANCTUAIRE D’ATHENA POLIAS NIKÉPHOROS

avaient offert chacun à la déesse une des colonnes du pronaos, comme Crésus avait jadis fait les frais de plusieurs colonnes, pour le vieil Artémision d'Éphèse. Ce qui paraît certain, c’est que ces inscriptions datent du quatrième siècle, et comme elles sont contemporaines de la construction du temple, elles confirment la date que permet de proposer le style de l'édifice.

Le temple d'Athéna Polias appartient donc à l’époque où Pergame n’était encore qu’une simple place forte, sans passé glorieux, presque sans histoire. Faut-il s’étonner que les Attalides l’aient laissé subsister tel quel, dans le somptueux décor de son péribole? Nous imaginons qu’ils durent mettre une certaine coquetterie à n’y pas toucher. Ce temple de trachyte, d’apparence modeste, dépourvu de sculptures, c’était la demeure consacrée de la déesse sous la protection de laquelle l’Etat de Pergame avait grandi; c’était le témoin d’une histoire dont la famille royale pouvait être fière ; c’était enfin, pour la ville, un titre de noblesse, car il attestait l'ancienneté du culte d'Athéna. La déesse n’y avait rien perdu. Le péribole du temple rachetait, par son luxe, la pauvreté relative de l’édifice, et Athéna possédait, hors de la ville, un autre sanctuaire plus riche et plus vaste, le Niképhorion. Il semble même qu’à l’époque romaine, ce dernier ait été plus fréquenté que le temple de l’ancienne ville. On y célébrait la plupart des sacrifices à Athéna, et ceux qu’on offrait sur l'Acropole étaient l'objet d’une mention spéciale; on disait « tz sv t?,i axpai Ovoasvz » ’ .

Les portiques du péribole. — - Voici la partie du sanctuaire qui est proprement hellénistique, et constitue le décor crép par Eumène II pour donner à la terrasse d'Athéna Polias un bel aspect monumental, suivant l’ordonnance régulière qui est bien dans le goût du temps. Nous avons déjà indiqué la place des deux portiques qui fermaient le sanctuaire à l’est et au nord. Ils ont été soigneusement déblayés, et, sur le champ de fouilles, on en lit le plan avec une netteté parfaite.

Les deux portiques se raccordent en équerre, à l’angle nord-est de la terrasse. Pour les mettre au niveau du dallage de la place, il avait fallu creuser le sol, qui, surtout du côté de l’angle, se relève sensiblement; chacun d'eux s'appuyait donc à une véritable tranchée pratiquée dans un terrain rocheux, et revêtue d'un mur de soutènement assez sommairement appareillé. Les portiques sont à deux étages. Celui de l'est mesure 7m,iq de profondeur, sur une longueur de 42m,9i. Plus large et plus long, celui du nord a i2m,84 de profondeur, avec une façade de 72m,g6. Ces dimensions avaient obligé l’architecte à introduire au rez-de-chaussée du

Page 1