Ibid., n
9. Imhoof Blumer, Die Mün^en der Dynastie von Pergamon, pl. I, 8-i3; pl. II, 14-24.
MONNAIE D’OR DE PERGAME AU TYPE du palladion. (Cabinet des médailles.)
fut rasé. La destruction dut être complète. Heureusement les fouilles ont livré assez de membres d’architecture pour qu'une restauration soit possible, et présente toutes les garanties de vraisemblance.
La place du temple est nettement marquée par le soubassement ou crépis dont les assises offrent, du côté sud-ouest, un remarquable état de conservation'. Cette crépis rectangulaire mesure à l’extérieur 22m,52 de longueur sur une largeur de i3m,021 2. Elle est construite en larges dalles de trachyte, assemblées à l'aide de tenons de bois en forme de double queue d’aronde. Il avait fallu mesurer le nombre des assises à la déclivité du sol rocheux, et il est naturellement plus élevé à l'angle sud-ouest, là où le terrain s’abaissait par une dépression très marquée. Placée un peu en retrait sur la partie inférieure du soubassement qui devait rester cachée, l'assise supérieure de la crépis formait un premier degré sur lequel posait le stylobate. La colonnade n’était donc séparée du sol que par deux degrés, alors qu’il y en a trois dans la plupart des temples du quatrième siècle, et jusqu’à six dans les temples plus anciens. Sur une partie de la face occidentale, les dalles de la crépis ont été entaillées, comme pour former un degré supplémentaire.
Le ptérôma comprenait six colonnes sur les faces nord et sud, et dix sur les longs côtés, les colonnes d’angle étant comptées deux fois. Le temple avait une cella simple3, avec un pronaos et un opisthodome, compris entre les prolongements des murs de la cella, qui se terminaient sans doute par des antes. On a retrouvé des tambours de colonnes dont les dimensions sont inférieures à celles des colonnes du ptérôma. Ils appartenaient évidemment aux colonnes qui, au nombre de deux pour chaque côté, complétaient, avec les antes, la façade intérieure du pronaos et de l’opisthodome.
L’ordre du temple était dorique. On possède assez d’éléments pour restituer à coup sùr la frise de triglyphes, haute de om,522 environ. Mais sans nous attarder à décrire un entablement dorique du type classique, nous signalerons surtout les particularités qu’offrent les colonnes. Elles ont une hauteur totale de 5m,26o, avec un diamètre de om,754 à la base, et de om,6o5 à la partie supérieure. Elles sont faites de tambours taillés dans des blocs de trachyte, et mesurant des hauteurs inégales. Toutefois, comme les mêmes dimensions variables se retrouvent dans un certain nombre de tambours, et qu’on mesure juste cinq hauteurs différentes, il faut en conclure qu’il n’y avait là ni hasard ni négligence. On avait exécuté
1. C'est sous cet aspect qu'elles sont reproduites dans la planche VII des Altertümer von Pergamon. (T. II.)
2. Voici quelques chiffres qui permettront d’apprécier ces dimensions par comparaison avec des édifices plus connus. La crépis de l’Asclépiéion d’Épidaurc a 24“, 5o sur 1 3m, 2 1 5 ; celle du soi-disant Théséion d’Athènes mesure, au degré supérieur, 3 1 “,77 sur i3m,~2.
3. On voit fort bien sur place les traces d’un dallage perpendiculaire aux murs longs de la cella. Dans notre restauration, il nous a donné la limite de la partie de la cella qui était réservée à la statue de culte.
LE SANCTUAIRE D'ATHÉNA POLIAS NIKÉPHOROS
io5
d’ensemble chaque série de tambours, et on les avait montés, chacun ayant d’avance sa place marquée dans la colonne, suivant sa hauteur. Les colonnes ne sont pas cannelées. Il y a seulement à la base du chapiteau, au-dessous du gorgerin, une partie cannelée, et celle-ci relie le fût resté lisse au chapiteau, avec lequel elle fait corps. La figure ci-jointe permet de se rendre compte de cette disposition. Pour le chapiteau et sa base cannelée, on avait mis en œuvre, non plus le trachyte commun que fournissait la montagne de l'Acropole, mais un tuf de trachyte, de couleur jaunâtre, qui se laisse plus facilement travailler. Les fouilles ne nous apprennent rien de plus. On n'a trouvé aucun fragment de sculp.
ture pouvant provenir des métopes ou des frontons, et tout permet de croire que le temple n’avait pas reçu de décoration sculpturale.