LE SANCTUAIRE D'ATHÉNA POLI AS NI KÉPHOROS
et d'arrière d'un vaisseau. Voici d'abord une pièce de bois recourbée, sans aucun décor; c'est l'ornement de la proue, l'acrostole («/.posToXiov)1 2. Elle se croise avec l'ornement de la poupe, Yaphlaste, consistant, suivant M. Cartault, « en un certain nombre de planches recourbées les unes au-dessus des autres, et assez distantes à leurs extrémités. » Ici, elles sont réunies non par une simple traverse, comme on le voit quelquefois, mais par un disque en forme de bouclier. La partie supérieure s’épanouit en un bouquet de volutes disposées comme une queue d'oiseau. Sous Yaphlaste pointe l'éperon d'un navire de guerre, décoré d’un trident. Derrière cet éperon apparaissent la poignée d'une épée et un objet dont
l'identification reste matière à conjectures. Il se compose d une hampe autour de laquelle se noue une sorte de chapelet à gros grains, et que termine une base flanquée de palmettes; cette base est en réalité le support d'une traverse surmontée de rinceaux, et terminée à chaque extrémité par une petite figure de Victoire; du milieu des rinceaux, sort une tige qui continue la hampe, et que couronne une pomme de pin. Comme l'a reconnu M. Drovsen, il s'agit ici d'un ornement de navire. Le même savant propose d’y voir un insigne de commandement. Ce serait en quelque sorte le pavillon du vaisseau royal ou amiral, le G7i[uïov tt,; GTpaT7]y$oç % qui remplacerait, à l’arrière, la simple flamme ou taenie des
1. Voir, pour les détails techniques, Cartault, La trière athénienne, p. 79 et suivantes. Nous renvoyons à cet ouvrage pour l’explication détaillée des termes que nous employons ici.